n' est connu e (Tyler and Seliger, 1981 ; Dale,
1983 ; Yamochi and Yoh, 1986). Les kystes étant
suspectés d 'être des « populations d 'ensemencement » responsables du déclenchement de différentes efflorescences toxiques, des recherches
sont nécessaires pour appuyer cette hypothèse.
Cest ce que Sciandra (1991 a), Grzebyk (1993),
Grzebyk et Berland (1996, sous presse) ont tenté
de faire avec deux clones de provenance géographique différente.
Le long du littoral français, P. minimum a été
observé principalement en Méditerranée, à proximité du panache du Rhône et dans des éta ngs
côtiers de la région selon les rapports du réseau
de survei llance du phytoplancton REPHY (Belin et
al., 1995). Cependa nt, aucune étude systématique n'a été réalisée sur des clones méditerranéens . Cest pourquoi plusieurs études ont été
entrepri ses destinées à confirmer l' existence ou
non de clones méditerranéens toxiques, à rechercher les caractéristiques écophysiologiques en
relation avec la lumière, la sa linité et la température. Ces connaissances sont nécessaires pour
comparer les clones méditerranéens avec ceux
provenant de zones géographiques distinctes, et
évaluer les capacités compétitives de cette espèce pour tenter ensuite de prévoir les apparitions
d'eaux rouges.
Pour tenter de comprendre la distribution spatiotemporelle de ce dinoflagellé en fonction de la
qualité de l'eau, une approche par bioessais avec
des enrichissements différentiels, a été adoptée
dans le but de déterminer le ou les facteurs nutritionnels limitant la croissa nce de P. minimum
dans des eaux côtières méd iterranéennes (G rzebyk, 1993).
Résultats
Cycles biologiques
Deux souches ont été étudiées. L' une par Sciandra (1991), provient de la collection d' UTEX
(Texas, USA). Elle a été soumise à différentes
conditions de température, lumière et nutrition.
L'autre, isolée du golfe de Marseille a été soumise
à différents chocs de température (t. T - 8 ·C). Dans
le deuxième cas seulement, quelques modificaProrocentrum minimum
tions de la structure cellulaire ont été observées :
une rétraction du cytoplasme et la formation d' une
petite structure sphérique à l'intérieur de la thèque
(planche l, page 82). Ces cellules enkystées, une
fois replacées dans des conditions optimales, sont
retournées à un état mobile végétatif (Grzebyk et
Berland, sous presse). La structure du kyste (paroi
membranaire fine), les cond itions d'enkystement
(culture clona le, contrainte de température) et le
retour rapide à un état végétatif mobile sont des
caractéristiques similaires à celles des kystes temporaires que l'on rencontre chez d'autres espèces
de dinoflagellés.
De tels changements soudains de température ne
sont pas très réa 1 istes en terme de phénomènes
naturels, cependant des kystes pelliculaires semblables ont été observés dans de vieilles cultures
et lors d' une floraison en sénescence de P. minimum dans un étang méditerranéen. Moncheva
(1992) a également observé une structu re identique (des sphères brun sombre) chez P. minimum or iginaire de la mer Noire. Comme ces
formes n'ont jamais été détectées dans les sédiments, on peut penser que ces kystes ont une
durée de vie limitée, même si quelques-uns ont
pu se maintenir viables pendant au moins trois
mois à l'obscurité. Cette capacité d'enkystement
est un atout supplémentaire pour cette espèce
lorsque les conditions environnementales deviennent défavorables.
Toxicité
Dans un premier temps, la toxicité a été analysée
chez quatre souches de P. min;mum provenant de
différentes collections sur deux modèles différents,
la souris et l'oeuf d'oursin (Scia ndra, 1991 a) .
Aucun des extraits testés n'a provoqué de symptôme sur la souris; aucune inhibition de la fécondation et du développement de l'oeuf d'oursin n'a été
observée. Aussi avait-il été concl u que ces souches
ne synthétisaient pas d'endotoxines actives. Ces
clones étaient maintenus en culture depuis de
nombreuses années, Or d'après Silva et Souza
(1981 ), P. minimum, isol é en culture clonale,
maintient sa toxicité durant quelque temps à la suite de quoi le caractère toxique se perd. Cest pourquoi huit clones ont été fraîchement isolés de
milieux naturels méditerranéens et atlantiques
(G rzebyk, 1993) et analysés pour leur toxic ité.
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