pas encore été décrit. La formation d' un kyste de
résistan ce a été observée à plusieurs reprises en
laboratoire. En revanche, personne encore n' est
parvenu à obtenir un désenkystement, ni à partir
des kystes formés en laboratoire, ni à partir de sédiment récolté dans les zones de blooms à Oinophysis spp. Des images récemment obtenues ont
révélé la présence dans une seule cellule de un à
quatre corps globu leux, eux-mêmes contenant des
petites cellules flagellées nageant dès la rupture de
la membrane de ces corps. Sur la nature et le rôle
de ces cellules, deux hypothèses s' opposent : ces
zooïdes mobiles seraient un stade de la reproduction sexuée ; ces zooïdes seraient des parasites.
Aussi bien pour des motivations de recherche fondamentale que pour les besoins de la surveillance
des risques d' intoxication DSP, l'existence réelle de
kystes permettant l' hivernage est la priorité de
recherche dans ce domaine.
Des résultats expérimentaux récents ont confirmé
le potentiel photosynthétique de Oinophysis acuminata, O. acuta et O. norvegica. Par contre, la
nature exacte et l'ori gine de leurs pigments photosynthétiques n' ont toujours pas été éclaircies.
De même, la fraction de l' énergie métabolique
fournie par l' assimilation photosynthétique reste
indéterminée. D 'autre part, bien que l'on soupçonne fortement un mode de nutrition phagotrophe chez les espèces photosynthétiques, le ou
les mécanismes d'ingestion de particules sont
encore totalement inconnus.
Des espèces, telles que O. caudata, O. tripos et
O. sacculus, bien que présentes lors des événements toxiques DSP, n'ont fait encore l'objet d'aucune expérimentation d ' écophysiologie. Des
recherches complémentaires sur le mode denutrition des différents Oinophysis sont par conséquent
indispensables ; la priorité dans ce domaine est
de déterminer dans quelles conditions les cellules
sont entièrement ou partiellement photosynthétiques, et quand elles deviennent essentiellement
ou préférentiellement hétérotrophes/phagotrophes.
La connaissance du mode de nutrition des Oinophysis spp. est capitale pour les recherches ayant
pour objectif de déterminer les conditions de
milieu qui favorisent une augmentation de leur
concentration cellulaire jusqu'à des valeurs représentant un risque certain d'intoxication DSP ; jusDinophysis spp.
qu' ici, les variables chimiques et biologiques qu' il
con vient d' inclure en priorité dans les protocoles
analytiques, car déterminantes pour le phénomène observé, sont inconnues. Les recherches effectuées dans la région de Marennes-Oléron ont
démontré que la stratification de la colonne d' eau
et une durée suffisante de stabilité constituent les
conditions nécessaires à une croissance de l' ordre
de> 103 cel lules. l-1. Inversement, un enrichissement en nutriments minéraux issus de rejets fluviaux ne semblerait pas favoriser leur croissance.
Des résultats antérieurs obtenus dans la Manche
contredisent cependant cette hypothèse.
Le problème d' une influence des rejets charriés
par les cours d'eau, qui favoriseraient directement
ou indirectement la croissance de Oinophysis
spp., reste donc entier à ce jour. Afin d'établir un
parallèle avec l'ensemble des données disponibles
sur la région de Marennes-Oléron et d' éclaircir
cette question, il serait nécessaire d' entreprendre
un autre programme analogue sur le panache de
la Seine ainsi que dans les zones affectées par les
efflorescences de Oinophysis spp. Comme beaucoup de blooms à Oinophysis spp. en diverses
régions du monde apparaissent comme une poussée soudaine, les séries temporelles devraient
constituer une priorité pour toute recherche dans
cette direction. Il est, en particulier, d'importance
critique d'obtenir des données objectives correspondant aux stades précoces de croissance des
populations, afi n d'être en mesure de mettre en
évidence les conditions de milieu générant ou
favorisant une augmentation importante de la
concentration cellulaire des espèces de Oinophysis. Sans doute faudra-t- il pour cela séparer plus
souvent l' échantillonnage de recherche de
l'échantillonnage de surveillance.
Une question fondamentale importante a été soulevée par les preuves indiquant que la concentration cellulaire de Oinophysis spp. atteint le plus
souvent un maximum dans la couche thermoclinepycnocline : de quel(s) mécanisme(s) sont issues
les populations à forte concentration ? Cette
question générale se subdivise en plusieurs autres
questions. Les cellules sont-elles concentrées par
sédimentation au niveau de la pycnocline qui
agirait comme une barrière ? Ou bien, nagentelles activement vers cette couche pour tirer profit de meilleures conditions de croissance ? Ou
bien trouvent-elles là une turbulence faible plus
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