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f((/orescences toxiques des eaux c6tières françaises :écologie, écophysiologie, toxicologie
quatre espèces de Oinophysis de l'ordre de 20003800 cellules.l1 ) au cours des six premiers jours,
suivie par une diminution importante (400-1 500
cellules.l - 1 ); les moules sauvages autochtones
présentaient une teneur élevée en acide okadaïque (72-135 1-'g A0.1 00 g ·
1 chair) pendant
toute la période d' observation ; par contre, la
concentration dans l'eau de mer était élevée (1 040 1-'g AO.l 00-1-1) pendant les six premiers jours,
avant de diminuer fortement à des niveaux très
faibles (0,91JgA0.100-I - 1 ).
À partir de ces données et de la vitesse expérimentale de fi ltration par les moules, les auteurs ont
calcu lé que 100 g de chair de moule (environ dix
individus) pouvait accumuler 580 1-fg d'acide okadaïque par jour, une valeur très supérieure à celle
mesurée sur les moules de bouchots. Pour expliquer cet écart, H aamer et ses collaborateurs ont
proposé l'hypothèse de l'induction par la toxine
DSP d' une réaction comportementale chez les
moules, par exemple une fermeture de la coquille
et/ou une réduction de la vitesse de filtration.
Des résu ltats similai res ont été obtenus par Marcaillou-Lebaut et al. (1993) dans la région de
Marennes-Oléron en France, où des concentrations cellulaires élevées de Oinophysis spp. se produisent pri ncipalement au large dans la couche
thermocline lorsque la colonne d' eau est stratifiée.
Deux lots de 30 kg de mou les ont été immergés
respectivement dans l'eau de subsurface et dans la
thermocline. Les moules étaient fixées sur une
drogue ancrée dynam iquement par rapport à la
masse d' eau à l'a ide d' une ancre flottante positionnée dans la thermocline ; un suivi de cet amarrage dynamique a été effectué pendant dix jours au
mois de juin. Des échantillons de moules ont été
prélevés une fois par jour autour de 7 heu res du
matin ; des prélèvements de phytoplancton ont
été réalisés deux ou trois fois par jour autour de
7 heures, 16 heu res et 18 heures, à la fois dans les
eaux de la couche thermocline et sous la surface.
Les changements de concentration cell ulaire de
Oinophysis spp. ont présen té deux p hases distinctes.
Au cours de six premiers jours, le nombre de Dinophysis spp. dans la couche de subsurface n'a pas
dépassé 100 cellules.l · 1 et la concentration taxinique des moules est restée indécelable; dans la
couche de la thermocline, la concen tration des
Dinophysis spp. était de l'ordre de 90 à 1000 cellules.l- 1 et la teneur en AO des moules atteignait
2,7 1-fg.g· 1 de glande digestive (poids sec).
Au cours des quatre jours suivants, la concentration de Dinophysis spp. a fortement augmenté à la
fois dans la thermocline et en subsurface : jusqu' à 3300 et 2960 cellules.l- 1 , respectivement ; les
teneurs en toxine ont augmenté dans toutes les
moules (6,3 IJg.g1
) . Les auteurs en concluent que
la contamination des moules est très rapide dès
que la concentration de Dinophysis spp. devient
supérieure à 1000 cellules. l- 1 et que le seuil de
toxicité peut être atteint en l'espace de deux ou
trois jours, rendant les moules impropres à la
consommation humaine.
Ni l' une ni l'autre de ces deux études n' ont cependant permis d' effectuer une numération exacte
des cellules de Oinophysis ingérées. En outre,
Oinophysis spp. ne représentait pas le seul aliment à disposition des moules. Les expériences
réalisées par Haamer et al. (1990) ont par
exemple dénombré jusqu' à 3x 1 06 cellules.l·
1 de
Gyrodinium aureolum présentes en même temps
que Oinophysis spp. dans le phytoplancton.
Par voie de conséquence, on ne sait toujours pas
combien de cellules de Oinophysis spp. sont
nécessaires au transfert d ' une unité d' AO dans
les moules. D' autre part, la question de savoir si
les mou les sont capables d'éviter ou de réduire la
filtration de cellules de Dinophysis spp. reste toujours posée, malgré les expériences de Pillet et
Houvenaghel (1995) démontrant que le taux de
filtration des mou les est sign ificativement plus
faible en présence d' une autre espèce productrice
de DSP, Prorocentrum lima (1 06 cellules.l- 1 ),
qu'en présence d' une espèce du même genre non
toxique, P. micans.
Conclusion - Perspectives
Le cycle biologique de tous les Oinophysis spp.
reste presque totalement inconnu. Seuls quelques
morphotypes ont récemment été identifiés avec
certitude comme étant des stades d' une même
espèce. L'existence d' un mode de reproduction
sexuée est possible, au vu de certaines figures montrant deux cellules accolées ; le déroulement complet du processus de conjugaison n' a cependant
f((/orescences toxiques des eaux c6tières françaises :écologie, écophysiologie, toxicologie
quatre espèces de Oinophysis de l'ordre de 20003800 cellules.l1 ) au cours des six premiers jours,
suivie par une diminution importante (400-1 500
cellules.l - 1 ); les moules sauvages autochtones
présentaient une teneur élevée en acide okadaïque (72-135 1-'g A0.1 00 g ·
1 chair) pendant
toute la période d' observation ; par contre, la
concentration dans l'eau de mer était élevée (1 040 1-'g AO.l 00-1-1) pendant les six premiers jours,
avant de diminuer fortement à des niveaux très
faibles (0,91JgA0.100-I - 1 ).
À partir de ces données et de la vitesse expérimentale de fi ltration par les moules, les auteurs ont
calcu lé que 100 g de chair de moule (environ dix
individus) pouvait accumuler 580 1-fg d'acide okadaïque par jour, une valeur très supérieure à celle
mesurée sur les moules de bouchots. Pour expliquer cet écart, H aamer et ses collaborateurs ont
proposé l'hypothèse de l'induction par la toxine
DSP d' une réaction comportementale chez les
moules, par exemple une fermeture de la coquille
et/ou une réduction de la vitesse de filtration.
Des résu ltats similai res ont été obtenus par Marcaillou-Lebaut et al. (1993) dans la région de
Marennes-Oléron en France, où des concentrations cellulaires élevées de Oinophysis spp. se produisent pri ncipalement au large dans la couche
thermocline lorsque la colonne d' eau est stratifiée.
Deux lots de 30 kg de mou les ont été immergés
respectivement dans l'eau de subsurface et dans la
thermocline. Les moules étaient fixées sur une
drogue ancrée dynam iquement par rapport à la
masse d' eau à l'a ide d' une ancre flottante positionnée dans la thermocline ; un suivi de cet amarrage dynamique a été effectué pendant dix jours au
mois de juin. Des échantillons de moules ont été
prélevés une fois par jour autour de 7 heu res du
matin ; des prélèvements de phytoplancton ont
été réalisés deux ou trois fois par jour autour de
7 heures, 16 heu res et 18 heures, à la fois dans les
eaux de la couche thermocline et sous la surface.
Les changements de concentration cell ulaire de
Oinophysis spp. ont présen té deux p hases distinctes.
Au cours de six premiers jours, le nombre de Dinophysis spp. dans la couche de subsurface n'a pas
dépassé 100 cellules.l · 1 et la concentration taxinique des moules est restée indécelable; dans la
couche de la thermocline, la concen tration des
Dinophysis spp. était de l'ordre de 90 à 1000 cellules.l- 1 et la teneur en AO des moules atteignait
2,7 1-fg.g· 1 de glande digestive (poids sec).
Au cours des quatre jours suivants, la concentration de Dinophysis spp. a fortement augmenté à la
fois dans la thermocline et en subsurface : jusqu' à 3300 et 2960 cellules.l- 1 , respectivement ; les
teneurs en toxine ont augmenté dans toutes les
moules (6,3 IJg.g1
) . Les auteurs en concluent que
la contamination des moules est très rapide dès
que la concentration de Dinophysis spp. devient
supérieure à 1000 cellules. l- 1 et que le seuil de
toxicité peut être atteint en l'espace de deux ou
trois jours, rendant les moules impropres à la
consommation humaine.
Ni l' une ni l'autre de ces deux études n' ont cependant permis d' effectuer une numération exacte
des cellules de Oinophysis ingérées. En outre,
Oinophysis spp. ne représentait pas le seul aliment à disposition des moules. Les expériences
réalisées par Haamer et al. (1990) ont par
exemple dénombré jusqu' à 3x 1 06 cellules.l·
1 de
Gyrodinium aureolum présentes en même temps
que Oinophysis spp. dans le phytoplancton.
Par voie de conséquence, on ne sait toujours pas
combien de cellules de Oinophysis spp. sont
nécessaires au transfert d ' une unité d' AO dans
les moules. D' autre part, la question de savoir si
les mou les sont capables d'éviter ou de réduire la
filtration de cellules de Dinophysis spp. reste toujours posée, malgré les expériences de Pillet et
Houvenaghel (1995) démontrant que le taux de
filtration des mou les est sign ificativement plus
faible en présence d' une autre espèce productrice
de DSP, Prorocentrum lima (1 06 cellules.l- 1 ),
qu'en présence d' une espèce du même genre non
toxique, P. micans.
Conclusion - Perspectives
Le cycle biologique de tous les Oinophysis spp.
reste presque totalement inconnu. Seuls quelques
morphotypes ont récemment été identifiés avec
certitude comme étant des stades d' une même
espèce. L'existence d' un mode de reproduction
sexuée est possible, au vu de certaines figures montrant deux cellules accolées ; le déroulement complet du processus de conjugaison n' a cependant
