Dinophysis spp .
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l' individu producteur ne doit pas être capturé et
consommé. Néanmoins, à l' échelle spécifique,
il peut être bénéfique de perdre quelques individus afin de diminuer la pression du broutage sur
les individus rescapés.
Poulet et al. (1994) et lanora et al. (1995) ont
observé un mécanisme similaire chez les copépodes Acartia clausi et Ca /anus he /golandicus
dont les oeufs ne parviennent pas à maturation
quand les femelles o nt ingéré la diatomée Thalassiosira rotula.
Transfert des toxines aux coquillages
Les troubles gastro-intestinaux apparaissant chez
l'Homme après co nsommation de coquillages
remontent vra isembl ablement à l'antiquité; il s
sont mentionnés par de nombreuses traditions
orales et décrits scientifiquement par des articles
déjà anciens (Korri nga et Roskam, 1961 ).
À partir d'observations effectuées en 1976-1977
dans l a préfecture de Toh oku, Yasumoto et al.
(1978) o nt fait une distin ction nette entre les
intoxications diarrhéiques et les symptômes de
paralysie dus à plusieurs espèces des genres
A lexandrium-Protogonyaulax et Gymnodinium.
Ces auteurs ont par l a suite tenté d'identifier les
organismes susceptibles de produire et de transmettre la ou les toxine(s) diarrhéique(s) aux
coqui llages. Avaria (1979) soupçonnait un bloom
de Oinophysis spp. d'avoir provoqué des troubles
diarrhéiques chez des consommateurs chiliens et
Kat (1979) signal ait la présence de Oinophysis
acuminata à la fois dans l'eau de mer et dans les
diverticu les digestifs des moules de la côte ho llandaise, en périodes d ' apparition de troubles
gastro-intestinaux chez des consommateurs de
ces mo llusques.
Dans la baie d 'Okkirai au Japon, Yasumoto et al.
(1980) ont observé entre mai et septembre l'apparition concomitante de O. fortii et de la toxicité des moules ; en outre, les toxines extraites des
moules et celles extraites de la fraction Oinophysis du plancton (40-95 f.Jm) étaient chimiquement
indifférenciables. Ils en ont conclu que O. fortii
est responsable de la toxicité diarrhéique dans les
coquillages, la désignant sous le nom de « Diarrhetic Shellfish Poisoning ,, (abrégé en « DSP »).
Par la suite, d'autres travaux ont fait état de présence simultanée de DSP et d 'espèces du genre
Oinophysis. Par exemple, Avaria (1982) au Chili ;
Kat et al. (1982) et Kat (1983) pour les eaux
côtières aux Pays-Bas ; Fraga et al. (1984) dans les
rias de Galice en Espagne; Sudara et al. (1984) en
Thaïlande ; Dahl et Yndestad (1985) en Norvège ; Krogh et al. (1985) en Suède ; Lassus et al.
(1985) sur le littoral sud de Bretagne en France.
Voir Lassus et Marcail lou- Lebaut (199 1) et
Egmond et al. (1993) pour une revue exhaustive
des références bibliographiques.
D ans tous ces travaux, la relati on entre l'augmentation de la concentration ce llul aire des
espèces de Oinophysis et la cinétique de la teneur
toxinique chez les moules est peu claire.
Quelques chercheurs se sont cependant attachés
à déterminer les modalités de l'intoxication de ces
mol lusques.
Des lots de mou les installés en surface par B0hle
et al. (1989) ont constamment présenté une tox icité DSP d'avril à décembre, par su ite de la présence permanente de Oinophysis spp. (- 1000
cellules.l - 1 ). Plusieurs de ces lots ont été déplacés
à 30 mètres de profondeur, sous la thermocl ine,
afin de détoxifier les moul es dans des eaux
exemptes de Oinophysis spp. Ces individus n'ont
pas perdu leur toxicité pour autant, la température
très basse (6 - 7 °C) ayant inhibé leur activité
métabolique. De plus, ramenés en surface, leur
toxicité s'est fortement accrue, malgré une faible
concentration cellulaire (20- 200 cellules.l-1) en
Oinoph ysis spp.
Les auteurs ont proposé l' hypothèse suivante :les
mo ules affamées dans les eaux profondes ont activement absorbé toute nourriture disponible, alors
que les espèces non tox iques étaient très faiblement présentes dans le phytoplancton. Ce serait
donc au mo ins autant la concentration rel ative
des Oinophysis spp. que leur concentration absolue qu'il faudrait prendre en compte dans toute
expérience ayant pour objectif de décrire la cinétique de contamination DSP.
Haamer et al. (1990) ont mesuré pendant 11 jours
(24 octobre- 3 novembre) la teneur en acide okadaïque (AO : le composant principal de l a toxine
DSP) chez des moules et dans l'eau de mer, en
enregistrant la concentration cellulaire de O. acuminata, O. acuta, O. norvegica et O. rotula. Ils ont
trouvé une concentration cellulaire totale pour les
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