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Efflorescences toxiques des eaux côtières françaises : écologie, écophysiologie, toxicologie
dinoflagellé, ou bien que des cellules plus petites
non répertoriées aient été ingérées en qualité de
proies.
Par ailleurs, comme la population des Oinophysis spp. représente généralement une petite fraction de l'ensembl e du phytoplancton, toute corrélation entre leur concentration et un facteur
environnemental unique pourrait être trompeuse .
J=inalement, il n'existe aujourd' hui aucune preuve
co nf irmant ou infirmant l' hypoth èse d' une
meilleure disponibilité dans la couche d e
concentration maximale de nutriments dissous
et/ou de particules dont disposeraien t les espèces
de Oinophysis les plus abondantes. Le problème
reste donc entier.
Diminution du broutage : allélopathie
et/ou «stratégie du termite>>.
Les stratégies spécifiques de survie et d'expansion
des populations phytop lanctoniques se classent
su iva nt les importances respectives du tau x de
croissance et de l a capacité à minimiser les pertes.
Aucune estimation de !Jmax pour Oinophysis spp.
n' est encore disponi ble; néanmoins, les calcul s
approchés qui ont pu être réalisés (tableau 2, page
27) montrent que leur temps de génération est de
l' ord re de deux à trois jours. Un taux de croissance
aussi faible ne permet pas à un micro-organisme de
combler les pertes normalement subies par su ite
du broutage. Réduire les pertes est donc vraisemblablement la capacité majeure des populations de
Oinophysis spp. responsables de blooms. Cette
hypothèse étant acceptée, deux mécanismes distincts, bien que souvent confondus doivent être
pris en considérati ons : l' allélopathie et l'empoisonnement différé.
Allélopathie
Les expérimentations ayant concerné des Oinophysis spp. sont très rares. Dans les échantillons de
Turner et A nderson (1983), O. acuminata était
l' une des espèces dominantes. Néanmoins, il était
très peu brouté par le copépode Acartia hudsonica et les larves du polychète Polydora sp. Carlsson et al. (1995) ont étudié le broutement de plusieurs copépodes sur O. acuminata dans une communauté naturelle enrichie par filtration différenti ell e (40 - 70 !Jm) dans laq uelle dominaient O.
acuminata, Ceratium fusus, C. furca et Leptocylindrus danicus. Des nauplii de copépodes étaient
également présentes. De 3 à 5 copépodes ou
copépodites d' Acartia clausi, lsias clavipes et Centropages typicus ont été incubés avec le phytoplancton. Pendant les prem ières 24 heures, un
petit nombre de O. acuminata a été ingéré par
/. clavipes et C. typicus; ces cellules représentaient 5 à 10 % seulement du carbone total ingéré. Ils ont ensuite cessé de capturer O. acuminata ; leur comportement n'a pas été perturbé. Au
contraire, A. clausi n' a pas évité O. acuminata qui
a représenté 30 % du carbone ingéré par jour, mais
la plupart des indiv idus sont morts, alors que dans
les cultures de référence, en présence de di atomées, ils demeuraient actifs, les femelles produisant normalement des oeufs. Les auteurs en ont
conclu que l'acide okadaïque produit par O. acuminata était responsable de l'empoisonnement de
A. clausi et, partant, que cette substance était un
anti-brouteur agissant dans le milieu naturel.
Les résu ltats de Turner et Anderson (1983) et
Carlsson et al. (1995) n'ont pas apporté la preuve
de l'exi stence d' un vrai mécani sme d'a llélopathie, c' est-à-dire la production d' une substan ce
antagoniste agissant à une certaine distance de la
cell ule productri ce. À l' heure actuell e, il n'y a
aucune observation q ui p ro uverait que l'acide
okadaïque ou tout autre toxine de Oinophysis
spp. pourrait être excrété dans le mi lieu extérieur
par des cellules vivantes. En reva nche, Rausch de
Traubenberg et Morl aix (1995 ) ont montré que
20 % de l' acide okadaïque produ it par une c ulture de Prorocentrum lima se retrouvaient dans
le m ilieu . L'on pourrait donc penser à un mécanisme similaire chez Oinophysis spp. Par ailleurs,
Wright et al. (1995) et Qu ill iam et al. (1995) ont
rapporté des résultats préliminaires qui montreraient que les toxines DSP de Prorocentrum lima
serai ent exportées à l'extérieur des cellules ; il
faudra néanmoins attendre la publication de ces
résultats pour évaluer leur portée. L' ex istence et
le rôl e possible d' un anti-brouteur par les O inophysis spp. est donc encore actuell ement une
question pleinement o uverte.
Empoisonnement différé ou « la stratégie
du termite »,
Carl sson et al. (1995) ont suggéré l'ex istence d' un
autre type de défense chez O. acuminata : l'empoisonnement différé. Pou r que l a présence de
toxine soi t bénéfi que à l'échelle individuelle,
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