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f((/orescences toxiques des eaux côtières françaises :écologie, écophysiologie, toxicologie
Par contre, Durant-Clément et al. (1988) montrent
qu'en baie de Vilaine 24 % des cellules de Oinophysis spp. se trouvent dans la couche supérieure
(0-3 m) au cours de la nuit, alors qu'elles représentent 62 % de la population totale dans la journée; ces résultats ne sont également pas exempts
de critiques, car le nombre total de cellules sur l' ensemble de la colonne d'eau a varié considérablement entre les séries de prélèvements. Brockman et
al. (1977) et Lassus et al. (1990) ont utilisé des
enceintes verticales immergées in situ, afin d'éliminer l' incertitude due aux mouvements latéraux.
Ainsi, Lassus et al. (1990) ont pu mesurer une vitesse de migration verticale active de 1,1 m. h-l pour
O. acuminata.
En l' absence actuelle de toute confirmation, ce
résultat, pour aussi intéressant qu' il soit, doit toutefois être utilisé avec précaution pour toute tentative d'explication des phénomènes na tu reis,
car la méthode utilisée souffre de l'effet de parois;
des migrations de Oinophysisspp. ont, en effet, été
observées en laboratoire sans lien apparent avec
le phototropisme, la stratifi cation de la masse
d'eau ou les conditions nutritionnelles. De plus,
les migrations en mésocosmes ont toujours été de
quelques mètres seulement, alors que les accumulations de cel lules dans le milieu naturel ne
pou rraient résulter que de migrations de plusieurs
dizaines de mètres.
Absence de turbulence, stratification
de la colonne d'eau
L'absence relative de turbulence a été considérée
comme favorisant l'établissement de populations
denses de Dinoflagellés (Margalef, 1975 ; Sournia, 1982). C'est pourquoi les blooms se produiraient principalement dans des eaux stratifiées, de
la fin du printemps au début de l'automne (Smayda, 1980).
La turbu lence affecte plusieurs processus physiologiques spécifiques comme, par exemple, la
capacité à prélever des nutriments (Gavis, 1976) ;
ains i, elle contrô lerait en partie la compétition
interspécifique (Estrada et al., 1987). White (1976)
a montré que la turbulence océanique à petite
échelle pouvait inhiber la croissance des dinoflagellés et Thomas et Bibson (1990a, b) et Thomas
et al. (1991) ont montré que, de toutes les algues,
les dinoflagellés y étaient les plus sensibles et les
chlorophycées les moins sensibles. Berdalet
(1992) a émis l' hypothèse d' un arrêt des divisions
résultant de la perturbation des microstructures
associées aux chromosomes pendant la mitose ;
la division des cellules individuelles serait inhibée, mais la population pourrait reprendre les
mitoses dès qu' une période de calme succède à
l' agitation. Enfin, Chisholm et al. (1984) ont émis
l' hypothèse d'une descente dans les couches plus
profondes de la colonne d'eau pour s'y diviser
dans des conditions moins adverses.
Il n' y a pas actuellement de données de laboratoire concernant un éventuel effet inhibiteur de la
turbulence sur le taux de croissance des Dinophysis spp. ou, a contrario, d'un effet favorable de
l'absence de turbu lence. Plusieurs articles, cependant, rapportent la présence d'efflorescences de
ces espèces dans des conditions de milieu qui
sont en accord avec un tel schéma.
À partir de prélèvements hebdomadaires, Delmas et al. (1992) ont suivi l'augmentation continue de la concentration cellulaire dans une population de Oinophysis spp. , à plusieurs stations
proches de La Rochelle, sur la côte atlantique.
De la mi-avril à la mi-juin, une stratification de la
température se développe au large mais pas sur
le litto ral ; en avril , quelques Oinophysis spp.
étaient présents au large mais aucun sur le 1 ittora l ; fin mai, des concentrations allant jusqu' à 15
x 10 3 cellu les.l· 1 ont été enregistrées dans la
couche 1 0 à 15 m au large, alors que les eaux
côtières contenaient seu lement quelques ce llules.l·1. Fin mai, une courte période de vent a
partiellement modifié la structure verti cale ; la
concentration de Oinophysis spp. est aussitôt
retombée à quelques milliers de cellules par litre,
pour augmenter à nouveau une fois rétablie une
stratification nette.
La population de Oinophysis spp. s'est révélée
plus abondante dans la couche de la thermocline,
plus rare en dessous de cette couche, et absente
à proximité des fonds. Les auteurs en concluent
qu' une thermocl ine importante (.::lt = - 5 °C) et
une stratification stable de la colonne d' eau (pendant au moins une semaine) sont nécessaires dans
cette région pour que les concentrations de Oinophysis atteignent un ordre de grandeur de 1 04 cellules.l ·1 et plus.
Les va leu rs maximales de concentration cellu laire de O. acuta (22 x 103 cellules .l- 1 ) et O. cf. acuminata (8,3 x 103 cellules.l - 1 ) dans la ria de Pontevedra en Galice rapportées par Reguera et al.
f((/orescences toxiques des eaux côtières françaises :écologie, écophysiologie, toxicologie
Par contre, Durant-Clément et al. (1988) montrent
qu'en baie de Vilaine 24 % des cellules de Oinophysis spp. se trouvent dans la couche supérieure
(0-3 m) au cours de la nuit, alors qu'elles représentent 62 % de la population totale dans la journée; ces résultats ne sont également pas exempts
de critiques, car le nombre total de cellules sur l' ensemble de la colonne d'eau a varié considérablement entre les séries de prélèvements. Brockman et
al. (1977) et Lassus et al. (1990) ont utilisé des
enceintes verticales immergées in situ, afin d'éliminer l' incertitude due aux mouvements latéraux.
Ainsi, Lassus et al. (1990) ont pu mesurer une vitesse de migration verticale active de 1,1 m. h-l pour
O. acuminata.
En l' absence actuelle de toute confirmation, ce
résultat, pour aussi intéressant qu' il soit, doit toutefois être utilisé avec précaution pour toute tentative d'explication des phénomènes na tu reis,
car la méthode utilisée souffre de l'effet de parois;
des migrations de Oinophysisspp. ont, en effet, été
observées en laboratoire sans lien apparent avec
le phototropisme, la stratifi cation de la masse
d'eau ou les conditions nutritionnelles. De plus,
les migrations en mésocosmes ont toujours été de
quelques mètres seulement, alors que les accumulations de cel lules dans le milieu naturel ne
pou rraient résulter que de migrations de plusieurs
dizaines de mètres.
Absence de turbulence, stratification
de la colonne d'eau
L'absence relative de turbulence a été considérée
comme favorisant l'établissement de populations
denses de Dinoflagellés (Margalef, 1975 ; Sournia, 1982). C'est pourquoi les blooms se produiraient principalement dans des eaux stratifiées, de
la fin du printemps au début de l'automne (Smayda, 1980).
La turbu lence affecte plusieurs processus physiologiques spécifiques comme, par exemple, la
capacité à prélever des nutriments (Gavis, 1976) ;
ains i, elle contrô lerait en partie la compétition
interspécifique (Estrada et al., 1987). White (1976)
a montré que la turbulence océanique à petite
échelle pouvait inhiber la croissance des dinoflagellés et Thomas et Bibson (1990a, b) et Thomas
et al. (1991) ont montré que, de toutes les algues,
les dinoflagellés y étaient les plus sensibles et les
chlorophycées les moins sensibles. Berdalet
(1992) a émis l' hypothèse d' un arrêt des divisions
résultant de la perturbation des microstructures
associées aux chromosomes pendant la mitose ;
la division des cellules individuelles serait inhibée, mais la population pourrait reprendre les
mitoses dès qu' une période de calme succède à
l' agitation. Enfin, Chisholm et al. (1984) ont émis
l' hypothèse d'une descente dans les couches plus
profondes de la colonne d'eau pour s'y diviser
dans des conditions moins adverses.
Il n' y a pas actuellement de données de laboratoire concernant un éventuel effet inhibiteur de la
turbulence sur le taux de croissance des Dinophysis spp. ou, a contrario, d'un effet favorable de
l'absence de turbu lence. Plusieurs articles, cependant, rapportent la présence d'efflorescences de
ces espèces dans des conditions de milieu qui
sont en accord avec un tel schéma.
À partir de prélèvements hebdomadaires, Delmas et al. (1992) ont suivi l'augmentation continue de la concentration cellulaire dans une population de Oinophysis spp. , à plusieurs stations
proches de La Rochelle, sur la côte atlantique.
De la mi-avril à la mi-juin, une stratification de la
température se développe au large mais pas sur
le litto ral ; en avril , quelques Oinophysis spp.
étaient présents au large mais aucun sur le 1 ittora l ; fin mai, des concentrations allant jusqu' à 15
x 10 3 cellu les.l· 1 ont été enregistrées dans la
couche 1 0 à 15 m au large, alors que les eaux
côtières contenaient seu lement quelques ce llules.l·1. Fin mai, une courte période de vent a
partiellement modifié la structure verti cale ; la
concentration de Oinophysis spp. est aussitôt
retombée à quelques milliers de cellules par litre,
pour augmenter à nouveau une fois rétablie une
stratification nette.
La population de Oinophysis spp. s'est révélée
plus abondante dans la couche de la thermocline,
plus rare en dessous de cette couche, et absente
à proximité des fonds. Les auteurs en concluent
qu' une thermocl ine importante (.::lt = - 5 °C) et
une stratification stable de la colonne d' eau (pendant au moins une semaine) sont nécessaires dans
cette région pour que les concentrations de Oinophysis atteignent un ordre de grandeur de 1 04 cellules.l ·1 et plus.
Les va leu rs maximales de concentration cellu laire de O. acuta (22 x 103 cellules .l- 1 ) et O. cf. acuminata (8,3 x 103 cellules.l - 1 ) dans la ria de Pontevedra en Galice rapportées par Reguera et al.
