Conditions environnementales
conduisant à des populations
concentrées de Dinophysis spp.
Dans les mers tempérées, un accroissement de
la biomasse du phytoplancton passant de 1 à
10 j.Jg.l · 1 de c hlorophy lle constitue un « bloom »
normal. Holligan (1987), Tett (198 7) et Parker
(1987) ont disc uté en détails ce qui est normal et
ce qui exceptionnel en la matière. En tout état de
cause, à l'exception de deux événements rapportés par Subba Rao et al. (1993) et Dahl et al.
(1996), les Dinophysisspp. n'ont jamais contribué
de façon significative au bloom de la communauté phytoplanctonique. Pendant longtemps, la
plupart des études su r le phytoplancton mentionnaient des valeurs nulles ou de quelques cellules,
pour la période hivernale, et de quelques dizaines
à quelques milliers par litre, pour la période estivale. Des concentrations cell ulaires > 1 0 6 cellule.1·1 ont toutefois été récemment signalées dans
différentes régions du monde (Kat, 1979 ; Santhanam et Srinivasan, 1995 ; Dahl et al., 1996;
Andersen, communication personnelle; Blasco et
al., sous presse ; voir tableau 1 pages 20- 21 ).
« Bloom de Dinophysis spp. » signifie ci-après des
populations d' au moins plusieurs milliers de cellules par litre, représentant un accroissement de
concentration d'au moins deux ordres de gran -
deur. La dynamique des blooms à Dinophysis spp.
ne sera pas traitée ici, cependant, un résumé de
toutes les informations actuellement con nues
dans ce domaine pourra être trouvé in Maestrini
(sous presse). Seuls les mécanismes conduisant à
ces blooms seront discutés.
De l'analyse des observations fa ites au cours du
déve loppement des blooms, il est c lai r qu'au
moment des populations les plus denses, les cellules de Dinophysis spp. sont le plus souvent
concentrées dans une couche qui représente une
fa ible fraction de la colonne d'eau, laquelle est
alors verticalement stratifiée. Les mécanismes responsables de cette distribution verticale peuvent
être l' un ou plusieurs des suivants : (i) sédimentation des cellules sénescentes et accumulation au
niveau de la pycnocline agissant comme une barrière ; (ii) migration verticale active ; meilleure
croissance due (iii) à la diminution de l'effet inhibiteur de la turbulence, ou/et (iv) due aux subDinophysis spp.
stances libérées par la dégradation du matériel
organique produit en surface et ensuite sédimenté ; (v) réduction ou absence de broutage.
Sédimentation
La sédimentation des cellules est un processus
important pour la succession des populations
phytopl anctoniques (Hutchinson, 1967 ; Smayda,
1970; Burns et Rosa, 1980 ; Bonin et al., 1981 ;
Harrison et al. , 1986 ; Richardson et Cullen ,
1995). Malheureusement, strictement auc une
information n'est disponible pour Oinophysis spp.
Migration verticale active
Margalef (1978) a montré l' importance de la
mobilité pour les cellules de grande taille v ivant
dans les eaux stratifiées, notamment les Dinoflagellés pour lesquels l'effet bénéfique du mouvement de l'eau baignant la cellule est au moins aussi important que leur maintien dans la couche
euphotique. La migration verticale vers le bas
pendant la nuit et vers le haut pendant le jour est
habituellement considérée comme étant un avantage permettant, successivement, de capter l' énergie lumineuse et de prélever les nutriments dans
des couches différentes (Gran, 1929 ; Seliger et
al., 1970). La capacité des Dinoflagellés à absorber les nutriments minéraux à l'obscurité (Eppley
et Harrison, 1975), ce que les Diatomées ne peuvent faire, conforte fortement ce concept. Bon in et
al. (1981) ont discuté en détails l'avantage pour la
compétition interspécifique par l'aptitude à migrer
verticalement dans la colonne d'eau et Kamykowsky (1995) a mis en évidence les relations
entre vitesse et direction de nage avec les mouvements des masses d'eau et le cycle cellulaire.
Pour les Dinophysis spp., cependant, les informations disponibles sont rares et contradictoires.
Selon Ozaka (1985), lgarashi (1986) et lwasaki
(1986), O. fortii ne migre pas verticalement dans
les différentes baies du japon où ils ont travaillé.
De même, (arpenter et al. (1995) concluent à une
absence de migration verticale de O. norvegica en
mer Baltique ; il est possible, cependant, que la
période de prélèvement très courte de leur campagne n' ait pas permis de montrer des changements journaliers dans la distribution verticale.
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