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Efilorescences toxiques des eaux côtières françaises : écologie, écophysiologie, toxicologie
espèces photosynthétiques de Dinophysis, peutêtre parce que le phénomène peut se dérouler en
quelques minutes et se produire à l'obscurité,
comme cela a été démontré chez Amphidinium
poecilochroum (Larsen, 1988).
Par ailleurs, lshimaru et al. (1988) ont observé en
microscop ie optique le cytoplasme de O. fortii
recouvrant des ce llules de Phagioselm is sp. et
absorbant leur contenu cellul aire en quelques
heures, agissant ainsi comme un pall ium. Les structures en pall ium ont généralement été observées
dans la zone du pore flagellaire des espèces phagotrophes ; c hez Protoperidinium, par exemple.
Elles n'ont donc aucune relation avec les autres
pores thécaux. Les pores thécaux sont étroits, obturés par un disque et ont seulement été observés
reliés à des sacs muqueux dont le rôle reste inconnu, mais qui pourrait être la production d'enzymes.
En outre, l' ensemble des mécanismes phagotrophes n'exclut pas l'existence d'autres mécanismes tels que l' endocytose (absorption de
macromolécules ; Lucas et Vesk, 1990) par le système pusulaire (Kiut et al., 1987), ni une absorption osmotrophe directe de substances organiques
dissoutes via le plasmalemne.
En définiti ve, à l' heure actuell e, la capacité
hétérotrophe et/ou phagotrophe des espèces photosynthétiques du genre Dinophysis est fortement
vraisemb lable, mais reste encore à prouver de
façon formelle.
Culture :moyens de substitution
La plupart des Oinophysis spp. ne semblent pas
être fonda mentalement fragiles. Certains ont été
prélevés dans des eaux fortement turbulentes et
nagent très bien peu après dans un bac de laboratoire, alors que d'autres espèces mobiles coulent
sans nager. Ils n'ont souffert d'aucune mortalité
après 48 heures de transport par courrier postal ou
après 8 heures de transport en voiture. Par contre,
les produits de dégradation des suspensions
concentrées sont à l'origine d'une forte mortalité.
Sur la base de l' hypothèse d' une nutrition mixotrophe, des tentati ves de mise en culture ont fait
appel soit à des mi lieux d' algues photosynthétiques (Durand-Clément et al., 1988 ; Sampayo,
1993), soit à des pro ies vivantes (lshimaru et al.,
1988), ou à des associations de tous les protocoles
connus (Maestrini et al., 1995). Des bacs de culture de volume différent et de nature chimique
d istincte ont été uti lisés, ainsi que diverses conditions d'incubation. Des tentatives avec des sacs à
dialyse ou des cages placés in situ ont également
été réa li sées . Tous ces efforts po ur obtenir une
« culture » ont pour l' insta nt éc ho ué. D ans le
meilleur des cas, quatre ou cinq divisions se sont
produites avant la mort de la population. Le défi
reste donc entier.
En tirant profit de leur résistance et de leur mobilité, il a toutefois été poss ible de concentrer des
populations de Dinophysis spp. accompagnées
d' un nombre très réduit de diatomées. Le protocole décrit c i-dessous, basé sur celui utilisé par
Vernet et al. (1989) sur Prorocentrum micans, s'est
avéré être performant (Maestrin i et al., 1995) : (i)
l'eau de mer, recueillie de préférence da ns un
seau ou, si besoin, à l'aide d' une pompe péri staltique, est filtrée successivement sur maill es de
77 1Jm et 20 j..lm . (ii) La fraction 20-77 j..lm concentrée est doucement siphonnée dans des flacons en
polycarbonate de 10 li tres et laissée à reposer
pendant au moins six heures, en lumière réduite
ou à l'obscurité. Pendant cette phase, la plupart
des cellu les mortes et des diatomées coul e au
fond ; D inophysis spp. et quelq ues cell ules
mobi les nagent près de la surface. (ii i) La couche
superficielle est siphonnée avec précaution. Ce
protocole a permis d'obtenir une augmentati on de
la concentration cellul aire de Oinoph ys is spp.
d' un ordre de grandeur de 103 cellules.l - 1 jusqu'à
un ordre de grandeur de 1 OS cellu les.l - 1 .
Ainsi, la concentration relative des Oinophys is
spp. qui représentaient quelques% de l'ensemble
de la communauté phytopl anctoniqu e a été
accrue jusqu' à 70 %. (iv) Dans quelques cas favorables, de nombreuses cellules. se sont concentrées contre la paroi courbe du sommet des flacons, après écl airage latéral à fa ible intensité, à
l' aide d' un ou deux tubes fluorescents. Ils ont formé des bandes de S-6 mm du côté opposé à la
lumière ; un si phonnage à l' aide d' une pipette
courbe a fourni des suspensions très denses de
Dinophysis spp., sans que celles-ci soient toutefois
totalement exemptes d'espèces accompagnatri ces.
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