Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
concentrés (fig. 3). Globalement, le flux délivré durant une crue est
supérieur à celui de la même période en régime normal. Il y a donc ici
un risque de sous-estimation. Cependant, une comparaison des flux que
nous avons observés sur le Kerharo avec ceux calculés sur le même cours
d'eau par l’Inra (à partir de l’enregistrement continu des débits, et de
mesures de nitrate bimensuelles et d’autres calées sur les épisodes de
crue) nous a permis de constater que l’écart était faible.
L'élargissement des stations de mesure cle flux de nitrate de trois à huit
cours d’eau à partir de 1997 a laissé de côté deux autres ruisseaux qui se
jettent dans le Port-Rhu de Douarnenez : le Stalas et le Kervern. Néanmoins, même s’ils sont lagunés dans le Port-Rhu et ne sont pas exactement au droit d’un site de prolifération d’ulves, ils participent a priori
significativement aux apports en baie, puisque leur bassin versant est de
superficie comparable à celui du Névet ou du Lapic.
Au total, les flux mesurés peuvent être considérés comme légèrement
sous-estimés. Ils comportent cinq contributaires plus importants que
les autres : le Kerharo, le Lapic, le Névet, le Stalas et le Kervern.
Ulves sur l’estran
L’espèce la plus fréquemment rencontrée est Ulva rotundata (Dion,
comm. pers.).
Les tonnages observés ponctuellement sur les plages du centre et du sud
de la baie de Douarnenez ont évolué entre 120 et 3 400 t entre 1995
et 1998. Ils présentent donc une forte irrégularité selon les années. La
localisation des biomasses est extrêmement variable, à la fois dans l'espace et au cours de la saison. Alors que les sites étudiés auparavant
(baies de Lannion et de Saint-Brieuc) présentaient une assez grande
stabilité, ici c'est plutôt la variabilité des situations qui s’est révélée être
la règle. Sur chaque plage, à chaque marée, la biomasse peut disparaître, ou revenir en plus ou moins grande quantité. L’instabilité paraît
relativement plus forte au nord de la zone qu’au sud. Statistiquement,
la plage du Ry subit des échouages plus souvent que les autres.
Les algues sont véhiculées par les courants, qui sont eux-mêmes commandés par le vent, à défaut de l'etre par la marée (Obaton & Garreau,
dans ce volume). Le fait que les pointes rocheuses qui séparent les anses
ou les plages ne se poursuivent pas vers le large au-delà du niveau cles
basses mers de vives-eaux facilite la circulation des algues, de même que
l’allure générale assez rectiligne de la côte.
Plus précisément, il semble que ce soit par vent cle terre que les algues
aient tendance à s’échouer et qu’en régime d’ouest elles soient susceptibles de repartir des plages. Cela fait penser à une circulation de type
bicouche, où l’eau de fond transportant les algues circulerait en sens inverse de celle de surface qui serait entraînée par le vent. Mais, on ignore
encore comment les algues sont en fait déplacées par les courants et comment elles-mêmes modifient le déplacement des masses d’eau lorsqu’elles sont en quantités élevées (augmentation de la viscosité apparente de l’eau ?).
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concentrés (fig. 3). Globalement, le flux délivré durant une crue est
supérieur à celui de la même période en régime normal. Il y a donc ici
un risque de sous-estimation. Cependant, une comparaison des flux que
nous avons observés sur le Kerharo avec ceux calculés sur le même cours
d'eau par l’Inra (à partir de l’enregistrement continu des débits, et de
mesures de nitrate bimensuelles et d’autres calées sur les épisodes de
crue) nous a permis de constater que l’écart était faible.
L'élargissement des stations de mesure cle flux de nitrate de trois à huit
cours d’eau à partir de 1997 a laissé de côté deux autres ruisseaux qui se
jettent dans le Port-Rhu de Douarnenez : le Stalas et le Kervern. Néanmoins, même s’ils sont lagunés dans le Port-Rhu et ne sont pas exactement au droit d’un site de prolifération d’ulves, ils participent a priori
significativement aux apports en baie, puisque leur bassin versant est de
superficie comparable à celui du Névet ou du Lapic.
Au total, les flux mesurés peuvent être considérés comme légèrement
sous-estimés. Ils comportent cinq contributaires plus importants que
les autres : le Kerharo, le Lapic, le Névet, le Stalas et le Kervern.
Ulves sur l’estran
L’espèce la plus fréquemment rencontrée est Ulva rotundata (Dion,
comm. pers.).
Les tonnages observés ponctuellement sur les plages du centre et du sud
de la baie de Douarnenez ont évolué entre 120 et 3 400 t entre 1995
et 1998. Ils présentent donc une forte irrégularité selon les années. La
localisation des biomasses est extrêmement variable, à la fois dans l'espace et au cours de la saison. Alors que les sites étudiés auparavant
(baies de Lannion et de Saint-Brieuc) présentaient une assez grande
stabilité, ici c'est plutôt la variabilité des situations qui s’est révélée être
la règle. Sur chaque plage, à chaque marée, la biomasse peut disparaître, ou revenir en plus ou moins grande quantité. L’instabilité paraît
relativement plus forte au nord de la zone qu’au sud. Statistiquement,
la plage du Ry subit des échouages plus souvent que les autres.
Les algues sont véhiculées par les courants, qui sont eux-mêmes commandés par le vent, à défaut de l'etre par la marée (Obaton & Garreau,
dans ce volume). Le fait que les pointes rocheuses qui séparent les anses
ou les plages ne se poursuivent pas vers le large au-delà du niveau cles
basses mers de vives-eaux facilite la circulation des algues, de même que
l’allure générale assez rectiligne de la côte.
Plus précisément, il semble que ce soit par vent cle terre que les algues
aient tendance à s’échouer et qu’en régime d’ouest elles soient susceptibles de repartir des plages. Cela fait penser à une circulation de type
bicouche, où l’eau de fond transportant les algues circulerait en sens inverse de celle de surface qui serait entraînée par le vent. Mais, on ignore
encore comment les algues sont en fait déplacées par les courants et comment elles-mêmes modifient le déplacement des masses d’eau lorsqu’elles sont en quantités élevées (augmentation de la viscosité apparente de l’eau ?).
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