Littoral
vagues est en fait parfois l’objet d’échanges latéraux (avec les plages voisines) et/ou transversaux (avec des zones plus profondes) (Coïc, 1998).
Au-delà de la quinzaine de sites où une quantification précise a été
pratiquée, plusieurs dizaines d’autres sites sont touchés à un degré
moindre et font l'objet d’un simple inventaire (fig. 1 ) (Céva, 1997a).
Leur nombre, autour d'une quarantaine, montre une relative stabilité
depuis quelques années. La valeur de 15 000 à 20 000 t d’ulves observées ponctuellement correspond donc à un minimum.
Ailleurs
D’autres régions du globe sont affectées par ce type d’eutrophisation à
macroalgues vertes. Le tableau 2 présente les autres principaux sites européens. Une revue complète a été effectuée (Morand & Briand, 1996).
À titre indicatif, la lagune de Venise, vaste étendue d’environ 500 km
2
et de très faible profondeur (1 m), abritait en 1987 dans sa partie centrale un tonnage record d’ulves estimé à 500000 tonnes. Le bassin
d’Arcachon contenait environ 20 000 t de Monostroma en 1992 et 1993
(Auby, 1994).
Tableau 2 - Autres sites de prolifération d'algues vertes en Europe.
Site
Genre algal
Référence
Fjord de Roskilde (DK)
Ulva
(Geertz-Hansen et al., 1993)
Veer Meere (NL)
Ulva et Chaetomorpha (Malta & Verschuure, 1997)
Langstone Harbour (GB) Ulva et Enteromorpha
(Soulsby et al., 1985)
Arcachon (F)
Monostroma
(Auby, 1994)
Estuaire du Mondego (P) Enteromorpha
(Flindt et al., 1997)
Estuaire du Palmones (E) Ulva
(Hernandez et al., 1997)
Étang de Thau (F)
Ulva et Monostroma
(Gerbal, 1994)
Lagune de Venise (I)
U lva
(Sfriso et al., 1989)
Le phénomène de prolifération
En Bretagne, deux espèces d’ulves sont sujettes à prolifération, Ulva rotundata et Ulva armoricana, cette dernière ayant été récemment décrite
(Dion et al., 1998). Certaines plages abritent l’une ou l’autre espèce,
d’autres plages un mélange des deux, sans que la causalité de la répartition soit établie.
Dans l’ensemble des sites, l’essentiel de la croissance des algues vertes
se produit entre mi-avril et mi-juillet. Elle a lieu très localement, en
suspension dans les premières vagues, entre la zone de déferlement et
l’estran découvert. La faible épaisseur d’eau jointe à l’albédo du sable
clair assure un éclairement et un échauffement précoces et importants.
De plus, l’apport nutritif véhiculé par le cours d’eau afférent est peu
dilué à cet endroit. L’hydrodynamisme du déferlement est susceptible
de fractionner les thalles les plus grancls et de maintenir ainsi un taux
de croissance important. En effet, l’accroissement des thalles se faisant
surtout par leur périphérie, les plus petits ont un rapport périmètre/surface plus favorable.
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