Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
Les échouages et les reprises d’ulves sur l'estran exondé se produisent
au gré des circonstances : énergie des vagues, présence de ripple-marks,
vent, courants à la base du coin de marée, position dans le cycle viveeau/morte-eau, dessèchement des algues échouées, etc. La disposition
des sites par rapport aux principaux facteurs de déplacement - les vagues
et le vent - est variée. Les conditions météorologiques ont évidemment
une influence prépondérante clans les sites les plus ouverts.
Le genre Ulva présente une très grande plasticité physiologique qui lui
confère un avantage dans la compétition interspécifique. La minceur
du thalle et l’importance du rapport surface/volume autorise des échanges
importants avec le milieu ambiant. Parmi les algues vertes à croissance rapide, Ulva sp. est réputée pouvoir extraire du milieu et stocker des
réserves d’azote importantes, ce qui lui est très favorable lorsque les
apports sont irréguliers (Pedersen & Borum, 1996). Ce genre est capable
de s’adapter à des éclairements faibles ou élevés (Henley c/ al., 1991;
Hennessy, 1991 ; Sand-Jensen, 1 988a,b). Des auteurs signalent que l’espèce présente en Hollande peut supporter une température de -5 °C
durant deux semaines à l'obscurité et reprendre ensuite sa croissance
lorsque les conditions redeviennent favorables (Kamermans et al.,
1998). Cette faculté permettrait aux thalles enfouis cle passer l'hiver
et de constituer, pour certains d'entre eux, l’inoculum de la prolifération suivante.
Le rôle limitant cle l’azote clans la prolifération cles ulves a été démontré (Piriou & Ménesguen, 1992 ; Sfriso et al., 1988). En baie de SaintBrieuc, la corrélation entre les flux azotés de juin et l’importance des
marées vertes de chaque année est nette alors que la relation avec les
flux de phosphore est inexistante (fig. 2). Par ailleurs, l’évolution cles
contenus internes cles ulves en azote et phosphore (quota) par rapport
aux seuils respectifs d’arrêt de croissance le montre également (fig. 3).
Figure 2
Relations entre la biomasse
annuelle maximale d’ulves
en baie de Saint-Brieuc
et les flux nutritifs sur le site
en juin.
(a) : flux d’azote;
(b) : flux de phosphore;
(d’après Ménesguen
& Piriou, 1995).
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