Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
en raison de la compétition exercée par les ulves sur la disponibilité en
nutriments.
Partie volontairement d’une situation théorique où les ulves sont réparties sous forme de dépôt homogène sur toute la zone, la simulation
montre au début mai (fig. 2c, p. 337) une situation encore très homogène mais se caractérise par contre, en fin d'été (fig. 2d, p. 337), par
une structuration spatiale très nette des biomasses totales d’ulves (thalles
en suspension + thalles déposés snr le fond) : la croissance cles ulves n’a
pu se manifester que sur les très faibles fonds enrichis clu sud-est de la
baie, particulièrement au débouché du Douron et dans la moitié ouest
de la Lieue de Grève, là où la turbulence est suffisante pour maintenir
les thalles en suspension dans une lame d’eau très peu profonde, donc
bien éclairée. Notons que le Yar se jette justement dans la boîte ouest
de la plage de Saint-Michel-en-Grève mais que la consommation importante de nitrate et cle phosphate opérée par l’importante biomasse d’ulves
y maintient les niveaux de ces nutriments plus bas que dans la boîte
orientale moins productrice d’ulves. Le phénomène cle « marée verte »
semble donc être correctement reproduit par ce modèle.
En conservant le forçage climatique de 1994, deux séries de scénarios
de modification cles apports terrigènes ont été ensuite simulées :
- la première consiste à supprimer totalement les apports de nitrate
par l’ensemble des rivières, puis par chaque rivière prise à tour cle rôle ;
- la seconde consiste à examiner les effets cles réductions de 23 %, 50 %
et 75 % des flux de nitrate par les seules rivières qui ont montré un
rôle significatif à l’issue de la première série de simulations.
Des résultats de ces simulations, donnés par le tableau 2, on peut tirer
les conclusions suivantes :
- ce sont bien les apports de nitrate par les rivières qui sont responsables
de la prolifération massive d’ulves sur ces sites puisque la suppression
de tous ces apports réduit la « marée verte » de 95 77 ;
- les apports du Léguer n’ont aucune influence sur la biomasse d'ulves
produite dans la partie sud de la baie;
- les apports du Douron sont responsables de la biomasse d’ulves produite dans l’estuaire du Douron mais n’ont aucune influence sur celle
produite spécifiquement sur la plage cle Saint-Michel-en-Grève ;
- la « marée verte » de la plage de Saint-Michel-en-Grève est causée
pour les trois quarts par les seuls apports de nitrate du Yar;
- la réduction de moitié des apports de nitrate du Yar diminuerait
déjà cette « marée verte » de 31 %.
S’appuyant sur les résultats, le conseil général cles Côtes-d'Armor a donc
initié en 1998, puis transféré à la communauté de communes de Lannion, Perros-Guirec, Plestin-les-Grèves, Côte de Granit un plan d’action visant à réduire à la source les apports de nitrate issus des bassins
versants des deux principales rivières incriminées, le Yar et le Roscoat.
On constate que, pour obtenir des réductions significatives de la « marée
verte » en baie cle Lannion, il conviendrait de réduire considérablement les flux de nitrate du Yar. Ceci résulte d’une morphologie et d’une
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