Solutions techniques
- cles superficies de roselières assez importantes (tab. 3). Ce roseau
(.Phragmites australis) est la plante la plus anciennement utilisée en phyto-épuration. Son action est multiple. Tout d’abord, au cours de son cycle
végétatif (croissance de mars à octobre), elle assimile et concentre divers
éléments présents dans l’eau comme l’azote et le phosphore. L’important système racinaire (racines et rhyzomes) colonise une épaisseur de
substrat d’en moyenne un mètre de profondeur et un mètre de large.
Ce système permet d’alimenter en oxygène les bactéries et les invertébrés aérobies qui digèrent rapidement la matière organique et la minéralisent (Radoux, 1980). Les tiges immergées du roseau constituent
également un support de fixation pour des organismes épurateurs tels
que les épiphytes ou bien les bactéries nitrifiantes ou dénitrifiantes,
désignées sous le nom global de périphyton. Tout ceci favorise la création d’une mosaïque de microzones aérobies et anaérobies (dues à une
saturation du sol en eau) dans lesquelles s’opèrent les réactions de
nitrification et dénitrification (ministère de l’Environnement, 1987).
Au cours de leur décomposition, les roseaux libèrent en outre le carbone organique nécessaire à la croissance des bactéries hétérotrophes
(Weismer et al., 1994).
Par contre, une très laible dénitrification a été mesurée sur la partie aval
de la vallée du Névet (entre la retenue de Keratry et la mer), et ceci
malgré la présence d’une superficie importante (14 ha) de zone hydromorphe à végétation hydrophile. Ceci pourrait s’expliquer par la faible
imprégnation des zones potentiellement dénitrifiantes (qui, dans ce cas,
ne jouent pas leur rôle) par le flux nitraté du cours d’eau.
Pour optimiser la dénitrification d'une zone humide, il est nécessaire
d’y faire transiter le maximum cle débit sur le maximum de superficie
et à la vitesse la plus faible possible. Dans ce but, on peut imaginer de
mettre en place soit des seuils dans le lit de la rivière, soit des ouvrages
de détournement d’une partie du débit, comme dans le cas du marais
de Kervigen. Dans ce dernier site, le conseil général du Finistère a
acheté une grande partie des parcelles pour pouvoir utiliser et protéger le marais. De plus, dans le cadre de la loi sur l’Eau de 1992, une
étude d’impact de l’aménagement du marais cle Kervigen a été réalisée en 1998 (SCE, 1998) qui tend à montrer que seule la période des
travaux risque d’influencer de façon notable la faune et la flore locales.
Le programme de démonstration « Algues vertes » qui sera mis en place à partir de l’an 2000 sur quelques bassins versants littoraux, par la
Région Bretagne et l’agence de l’Eau Loire-Bretagne, devrait tester
l’utilisation grandeur nature de plusieurs marais et zones humides qui
ont été répertoriés dans cette recherche préalable.
Conclusion
Les mesures effectuées sur trois marais finistériens et, en particulier, le
marais de Kervigen qui borde la baie cle Douarnenez ont montré que
ceux-ci peuvent, quand l’aménagement est adéquat, consommer une
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