Bassins versants
les conditions, notamment en termes de concentrations de matière
organique et d’oxygène, sont compatibles avec ce métabolisme.
Les densités de germes capables de réduire le nitrate jusqu’à l’azote
moléculaire sont généralement de l’ordre de 10 à 100 bactéries par
millilitre dans les eaux. Les germes tendent à se concentrer sur les surfaces et dans les boues avec des valeurs pouvant atteindre 105 à 106 bactéries par centimètre carré ou millilitre. Ces densités peuvent représenter
jusqu’à 10 % de la microflore totale.
Il est à noter qu’une très large proportion des peuplements présents sont
capables de réaliser la réduction du nitrate en nitrite.
La fraction autotrophe est également décelée dans tous les ouvrages
échantillonnés. Le germe recherché, Thiobacillus denitrificans, couple
l’oxydation de composés soufrés (dans le cas présent la pyrite, FeS2) à
la réduction du nitrate. Les densités de ce germe sont cependant faibles,
avec des valeurs comprises entre 100 et 10
3 bactéries par millilitre, par
gramme ou centimètre carré, ce qui ne représente que 1 à 0,0001 %
cle la microflore totale. Là encore, les densités les plus fortes sont observées au niveau des surfaces (grattage et boue).
Cette dominance des peuplements bactériens hétérotrophes par rapport aux autotrophes est également relatée par d’autres auteurs en
milieu souterrain ; plus précisément, il s’agirait de bactéries oligotrophes, c’est-à-dire capables de se développer en conditions de très
faibles concentrations en éléments nutritifs (de quelques dixièmes à
quelques milligrammes de carbone orgamque par litre ; Gounot, 1991).
La proportion des bactéries capables de réduire le nitrate n’est pas clairement établie dans la littérature. Germon (1982), au niveau des sols,
estime que 40 à 65 % des peuplements hétérotrophes sont capables de
réaliser cette étape. Ce processus ne démarre réellement, entre autres
conditions, que lorsque les teneurs en oxygène dissous dans l'eau sont
inférieures à 2 ou 3 mg.l -1 (Philipot, 1982).
Les concentrations en carbone organique, bien qu’assez faibles, et la
quasi-absence de l’oxygène confirment que les conditions environnementales sont favorables à la réalisation du processus de dénitrification hétérotrophe. En outre, les cinétiques des réactions de dénitrification impliquant les bactéries hétérotrophes seraient plus élevées que
celles des bactéries autotrophes (Haider et al., 1988), suggérant par là
même le rôle potentiel non négligeable de ces germes.
Toutefois, sur formation pyritique, plusieurs auteurs attribuent la dénitrification des eaux au germe autotrophe Thiobacillus denitrificans. Ce
phénomène a été mis en évidence, soit sur pilote en laboratoire (Moreau,
1994 ; Haider et al., 1988), soit directement in situ (Kôlle et al., 1982,
1988, in Mariotti, 1986; Pauwels et al., 1994, 1996; Le Bideau &
Dudoignon, 1996).
La suprématie des microflores autotrophes n’apparaît pas effective dans
le cas de notre étude, malgré la cohérence des résultats obtenus sur deux
années consécutives en différents secteurs du site suivi et la validation
des milieux de culture utilisés par des souches de référence (collection
189
les conditions, notamment en termes de concentrations de matière
organique et d’oxygène, sont compatibles avec ce métabolisme.
Les densités de germes capables de réduire le nitrate jusqu’à l’azote
moléculaire sont généralement de l’ordre de 10 à 100 bactéries par
millilitre dans les eaux. Les germes tendent à se concentrer sur les surfaces et dans les boues avec des valeurs pouvant atteindre 105 à 106 bactéries par centimètre carré ou millilitre. Ces densités peuvent représenter
jusqu’à 10 % de la microflore totale.
Il est à noter qu’une très large proportion des peuplements présents sont
capables de réaliser la réduction du nitrate en nitrite.
La fraction autotrophe est également décelée dans tous les ouvrages
échantillonnés. Le germe recherché, Thiobacillus denitrificans, couple
l’oxydation de composés soufrés (dans le cas présent la pyrite, FeS2) à
la réduction du nitrate. Les densités de ce germe sont cependant faibles,
avec des valeurs comprises entre 100 et 10
3 bactéries par millilitre, par
gramme ou centimètre carré, ce qui ne représente que 1 à 0,0001 %
cle la microflore totale. Là encore, les densités les plus fortes sont observées au niveau des surfaces (grattage et boue).
Cette dominance des peuplements bactériens hétérotrophes par rapport aux autotrophes est également relatée par d’autres auteurs en
milieu souterrain ; plus précisément, il s’agirait de bactéries oligotrophes, c’est-à-dire capables de se développer en conditions de très
faibles concentrations en éléments nutritifs (de quelques dixièmes à
quelques milligrammes de carbone orgamque par litre ; Gounot, 1991).
La proportion des bactéries capables de réduire le nitrate n’est pas clairement établie dans la littérature. Germon (1982), au niveau des sols,
estime que 40 à 65 % des peuplements hétérotrophes sont capables de
réaliser cette étape. Ce processus ne démarre réellement, entre autres
conditions, que lorsque les teneurs en oxygène dissous dans l'eau sont
inférieures à 2 ou 3 mg.l -1 (Philipot, 1982).
Les concentrations en carbone organique, bien qu’assez faibles, et la
quasi-absence de l’oxygène confirment que les conditions environnementales sont favorables à la réalisation du processus de dénitrification hétérotrophe. En outre, les cinétiques des réactions de dénitrification impliquant les bactéries hétérotrophes seraient plus élevées que
celles des bactéries autotrophes (Haider et al., 1988), suggérant par là
même le rôle potentiel non négligeable de ces germes.
Toutefois, sur formation pyritique, plusieurs auteurs attribuent la dénitrification des eaux au germe autotrophe Thiobacillus denitrificans. Ce
phénomène a été mis en évidence, soit sur pilote en laboratoire (Moreau,
1994 ; Haider et al., 1988), soit directement in situ (Kôlle et al., 1982,
1988, in Mariotti, 1986; Pauwels et al., 1994, 1996; Le Bideau &
Dudoignon, 1996).
La suprématie des microflores autotrophes n’apparaît pas effective dans
le cas de notre étude, malgré la cohérence des résultats obtenus sur deux
années consécutives en différents secteurs du site suivi et la validation
des milieux de culture utilisés par des souches de référence (collection
189
