Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
Institut Pasteur). Si l’hypothèse d'une action simultanée des microflores
hétérotrophes et autotrophes est très probable, des investigations complémentaires seraient à mener pour affiner la part réellement attribuable
à chacune. Ainsi, une méthodologie de prélèvement faisant intervenir
le moment de l’échantillonnage en cours de pompage et le débit de
celui-ci, pourrait être testée pour optimiser la représentativité de ces
microorganismes.
Outre les bactéries dénitrifiantes à forme de bâtonnet quantifiées précédemment, de nombreuses formes filamenteuses sont notées sur
quelques-uns des ouvrages analysés (planche I). Elles seraient impliquées,
pour la plupart, dans le cycle du fer. Après oxydation, le fer, trivalent,
est rendu insoluble sous forme d'hydroxyde puis est ensuite stocké dans
des sécrétions mucilagineuses (gaines, pédoncules, capsules...). Certaines de ces formes sont hétérotrophes et appartiendraient aux genres
Leptothrix, Sphaerotilus... D’autres sont autotrophes et appartiendraient
présomptivement au genre Gallionella. Ce genre est généralement très
typique des milieux microaérophiles oligotrophes, riches en fer et légèrement acides. Gallionella ferruginea serait également capable de réduire le nitrate en nitrite, ce dernier pouvant à son tour être réduit chimiquement en composés volatils par les ions ferreux présents (Gouy et
al., 1984).
Appréciation de l’importance des différents processus
Une campagne de mesures, et de dosages systématiques a été faite dans
l’ensemble des forages F et Pz le 1 9 octobre 1 996, dans des conditions
d'étiage sévère où seuls ces ouvrages pouvaient être échantillonnés. Par
analyse en composante principale centrée réduite et hiérarchisation des
individus (les forages), elle permet de caractériser deux pôles hydrochimiques, représentant globalement chacune des zones (fig. 7). Ces deux
pôles correspondent, pour l’un, à des conditions oxydantes (NO3, OD
et Eh forts) qui favorisent la nitratation et, pour l’autre, à des conditions réductrices (Fe
2 + , Mn, NH4 , SO4, pH et H2S forts ou simplement
présents), permettant la dénitrification et, peut-être, un début de désulfatation expliquant des traces de H2S (Postma & Jakobson, 1996). Le
passage d'une zone à l’autre se fait ici vers 400 mV, à des Eh un peu
supérieurs aux 300 mV (plus vraisemblablement un intervalle de 200
à 400 mV d'après la figure) indiqués par Champ et al. (1979).
La zone réductrice peut être le siège de réactions complexes de dénitrification telles que, par exemple, celles qui sont indiquées par Mariotti
(1986) ou Pedersen et al. (1991 ), avec indication des types de bactéries
qui peuvent intervenir :
5/4 CIUO + NO3 + H+ -> 5/4 C0 2 + 1/2 N2 + 7/4 H 2 O(1 )(hétérotrophes) ;
5/14 FeS 2 + NO3- + 2/7 H + -> 5/7 SO4 2- + 1/2 N 2 + 5/14 Fe 2 + + 1/7
H 2 O (2) (autotrophes) ;
5 Fe 2
+ + NO3- + 12 H 2 0--> 5 Fe(OH) 3 + 1/2 N 2 + 9H + (3) (autotrophes).
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