Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
Figure 2
Exemple de variation
des concentrations
en phosphore dans l’eau
pendant une crue : la crue
des 25-26 mai 1998
sur le Coët-Dan.
Au début des crues, lorsque le débit augmente, les concentrations en
phosphore total croissent très rapidement. Le phosphore soluble réactif augmente très nettement mais dans de moindres proportions et de
manière moins rapide que le phosphore total. C'est donc sous une autre
forme qu’arrive l’essentiel du phosphore en crue, spécialement en début
de crue. L’augmentation de concentration en phosphore total accompagne l’augmentation brutale et brève de la teneur des eaux en matières
en suspension (MES).
Le maximum de concentration s’observe souvent avant que le débit
maximum soit atteint. La concentration en phosphore change ainsi
d’ordre de grandeur. Elle a atteint plus de 8 mg/l lors d’une crue et
dépasse 1 mg/l à chaque crue notable sur le Coët-Dan, le Kerouallon
et presque toujours dans le Kerharo. La concentration est couramment
multipliée par 20 en moins d’une demi-heure. Ce type de variation
s’observe systématiquement lors cles crues (Cann, 1990b).
La spéciation du phosphore réalisée sur des échantillons de MES recueillis
durant quelques crues et la bonne corrélation entre le phosphore total
et les MES montrent que le phosphore transite dans le ruisseau surtout
sous forme particulaire durant ces crues. Ce phosphore provient de
l’érosion des sols enrichis en phosphore par les fertilisations excessives
et de la remise en suspension des sédiments déposés dans le lit du ruisseau par l’agitation de l’eau durant les crues. Le rinçage des déjections
déposées sur des surfaces imperméabilisées par les eaux cle pluie contribue aussi à ces flux de phosphore. Le phosphore soluble réactif devient
alors très minoritaire durant les crues.
Le suivi d’autres bassins (Ruiné, lac des Sapins) extérieurs à la Bretagne
a montré que ce phénomène s’observe sur les bassins où la surfertilisation a conduit à un enrichissement des sols (Cann, 1995).
• Relation avec les matières en suspension
La teneur en phosphore des MES ne varie cependant pas beaucoup au
cours d’une crue. Les variations très brutales cle concentration en phos130
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