Bassins versants
Les flux de phosphore mesurés dans le ruisseau, à l’exutoire du bassin
sont dérisoires comparés à ces excédents. Pour le phosphore, il n’y a pas
de mécanisme de fuite par voie gazeuse. L’essentiel de l’excédent reste
donc stocké dans le sol du bassin qui s’enrichit en phosphore au fil des
années (Cann, 1990a, 1995;Jépo, 1993 ; Vertes, 1995).
Évolution du phosphore dans les sols
Le phosphore, facilement adsorbable, reste fixé dans les couches superficielles du sol et n’est lixivié que dans cles sols particuliers comme les
sables grossiers. Les teneurs des sols en phosphore en surface sont ainsi
passées de 200 ppm vers 1950 à 2 000 ppm aujourd’hui à Naizin. Les
formes liées au fer et à l’aluminium prédominent largement (Jégo,
1993). Elles peuvent se solubiliser facilement sous l’effet de l’agitation
de l’eau ou de modifications clu potentiel redox.
Les transferts de phosphore au ruisseau se font essentiellement lors des
crues, lorsque le ruissellement apporte des particules sur lesquelles est
adsorbé du phosphore (Cann, 1 990b ; Golterman, 1 973 ; Dorioz ct al.,
1989). La charge en phosphore du sol constitue clonc un facteur de
risque croissant de transfert du phosphore. Les réserves accumulées
dans les sols et les sédiments depuis plusieurs décennies de surfertilisation constituent une menace pour longtemps.
Variations des concentrations en phosphore dans l’eau
Le phosphore est présent dans l’eau des ruisseaux sous diverses formes :
phosphore soluble réactif souvent assimilé à l’orthophosphate, polyphosphates, phosphore organique, phosphore lié aux oxydes de fer ou
d’aluminium, phosphore apatitique. La spéciation en est assez difficile.
Les suivis réalisés de façon courante et à grande fréquence ne portent
que sur le phosphore soluble réactif et snr le phosphore total.
• Variations en crue
Les concentrations en phosphore sont généralement très faibles dans l’eau
des ruisseaux sauf cas cle pollutions par une agglomération ou un rejet
industriel. L’érosion de la roche ou la décomposition de la matière organique sauvage ne produisent en effet que des quantités insignifiantes
de phosphore dans l’eau. Sur les bassins où l’activité est essentiellement agricole, les concentrations restent généralement inférieures à
0,1 mg/l en dehors des crues. Ce phosphore se présente essentiellement
sous forme de phosphore soluble réactif. Les concentrations en phosphore dans l'eau cles ruisseaux varient surtout lors des crues.
Le prélèvement de nombreux échantillons au cours d’une crue permet
d’observer les variations de concentration en liaison avec les variations
de débit. Pour obtenir un continuum dans les variations de concentration,
il s’avère nécessaire d’analyser des échantillons prélevés à des pas cle
temps très courts. Sur tous les bassins étudiés, les mêmes allures de
variation ont été observées (fig. 2).
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