Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
1971. Il a ainsi pu observer et commencer à quantifier les variations
des transferts vers l'eau des polluants en fonction des voies de migration qu’ils utilisent, des sols et des exploitations et des facteurs qui
influencent ces transferts. Les méthodes et matériels de suivi et d'etudes
mis au point sur ce bassin sont maintenant utilisables sur d’autres bassins pour ajuster et vérifier l’efficacité des moyens de lutte contre la pollution qui sont préconisés.
La distance entre ce bassin et la côte ne constitue pas un handicap car
le transfert d’eau dans le cours d’eau, à partir de son exutoire jusqu a la
mer, se passe en quelques jours au plus avec seulement quelques modifications de composition résultant d’un nombre limité de réactions alors
que les transferts vers le ruisseau sur le bassin versant passent par des
voies diverses, sur des durées qui s etalent cle quelques heures à plus
d’une année, avec beaucoup d’interactions de multiples phénomènes.
Les résultats obtenus à l’aide des données de ce bassin ont ensuite été validés en utilisant des informations collectées sur d’autres bassins : le bassin du Yar, ruisseau côtier de la partie est des Côtes-d’Armor, le bassin
du Kerouallon, un affluent de la rive gauche de l’Elorn, le bassin du
Kerharo, ruisseau côtier se jetant au fond de la baie de Douarnenez.
Les études ont porté sur l’azote et le phosphore, nutriments étudiés
depuis plusieurs années sur le bassin du Coët-Dan. Letude d’autres
éléments tels que la silice pourrait s’avérer intéressante à l’avenir pour
envisager de lutter contre le déséquilibre de nutriments qui favorise le
développement de certaines algues, mais nous ne disposions pas des
mêmes facilités pour aborder cette étucle dans le contexte de ce contrat
de Plan.
Contexte
Le développement particulièrement rapide de l’agriculture en Bretagne
depuis 1960 s’est accompagné de l’utilisation d’aliments importés qui
a permis un accroissement énorme du cheptel. Elle est ainsi devenue
la principale région agricole française. Sur 5 % du territoire national,
elle produit plus de 13 % de la valeur de la production agricole nationale, dont 22,3 % de la production animale française.
Pour réaliser cette intensification de la production, les agriculteurs ont
modifié les structures de leurs exploitations et leurs pratiques. Ils ont
remembré, défriché, drainé, fertilisé, introduit de nouvelles cultures,
amélioré la génétique de leurs troupeaux, construit des bâtiments. Ces
modifications induisent presque toutes des risques de pollution pour
le milieu naturel, soit qu’elles comportent l’utilisation d’un produit
potentiellement polluant, soit qu’elles favorisent le départ des produits
utilisés vers le milieu.
Les déjections animales sont riches en azote et en phosphore. Ces deux
nutriments sont épandus en excès comme fertilisants des cultures tant
sous la forme organique de déjections animales que sous forme d’engrais minéraux. Les excédents alimentent l’eutrophisation des eaux
continentales et marines.
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