Pour conclure, le sédiment peut être considéré comme un réservoir de bactéries ; les temps
de survie y sont très élevés et les T90 évalués par Le Guyader et al. (1990) sont en
moyenne de 14 j, et peuvent atteindre 40 j. Il peut y avoir épuration par mortalité,
(conditions de vie hostile, prédation ou compétition de flore). Cependant, la flore entérique
qui persiste, et dont on sait qu'une partie n'est plus cultivable, se voit profondément
modifiée : renforcement de l'halotolérance, sélection d'espèces résistantes aux métaux lourds,
aux contaminants organiques...
Lorsque les conditions s'y prêtent, le sédiment peut être remis en suspension et peut alors
recontaminer l'eau surnageante (Le Hir et al., 1991).
La contamination de l'eau
La contamination de l'eau, qu'elle se fasse de manière directe (par le rejet) ou indirecte (par
les remises en suspension), sera fonction des possibilités dispersives du milieu et de la
qualité physico-chimique de l'eau côtière ; cette dernière va conditionner la bactérie en lui
permettant de survivre ou au contraire en accélérant sa mort.
Les principaux paramètres qui déterminent cette évolution biologique sont, la présence de
matière organique assimilable et de composés osmoprotecteurs qui permettent à la cellule
d'équilibrer sa pression interne en fonction de la concentration en sel de l'eau de mer, la
température de l'eau et l'ensoleillement qui a un pouvoir bactéricide.
L'halotolérance des bactéries
Les souches d'Escherichia coli ou de Salmonelles isolées de la station d'épuration de
Morlaix tolèrent 20 g/1 de NaCl (Dupray et al., 1991). En présence de matière organique
naturelle de l'estuaire (fig. 4), elles augmentent leur halotolérance de 5 à 20 g/1 de NaCl ;
dans ces conditions, elles peuvent tout à fait tolérer les salinités estuariennes ou
côtières (< 38 7»»). Cet exemple illustre le rôle de la matière organique présente dans l'eau
et le sédiment, qui offre aux bactéries les éléments nécessaires à leur survie : nutriments et
composés osmoprotecteurs. A contrario, du fait de la pauvreté en matière organique des
eaux côtières méditerranéennes, le choc osmotique sera plus important et accélérera le
processus de mortalité.
L'effet de la lumière sur la mortalité
Une conséquence indirecte de la richesse du milieu en éléments dissous ou particulaires est
son action sur la pénétration de la lumière : les bactéries dans l'eau de mer sont très
sensibles au rayonnement solaire (Bonnefont et al., 1990) et il suffit de quelques heures
d exposition pour qu'une suspension bactérienne en eau de mer ne puisse plus être cultivable
(les T90 dans ces conditions sont de l'ordre de 1 à 2 heures). Les matières organiques ou
minérales en suspension diminuent notablement le pouvoir de pénétration de la lumière dans
1 eau. Alors qu'une eau de mer ayant une concentration en matière en suspension de 1 mg/1
laisse passer, en moyenne sur 10 m, 63 % de l'énergie lumineuse, une eau chargée à des
concentrations de 5 mg/1 et 50 mg/1 ne laisse passer respectivement que 20 % et 2 % de
1 énergie lumineuse. Par ailleurs, il existe bien évidemment une atténuation de la lumière
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de survie y sont très élevés et les T90 évalués par Le Guyader et al. (1990) sont en
moyenne de 14 j, et peuvent atteindre 40 j. Il peut y avoir épuration par mortalité,
(conditions de vie hostile, prédation ou compétition de flore). Cependant, la flore entérique
qui persiste, et dont on sait qu'une partie n'est plus cultivable, se voit profondément
modifiée : renforcement de l'halotolérance, sélection d'espèces résistantes aux métaux lourds,
aux contaminants organiques...
Lorsque les conditions s'y prêtent, le sédiment peut être remis en suspension et peut alors
recontaminer l'eau surnageante (Le Hir et al., 1991).
La contamination de l'eau
La contamination de l'eau, qu'elle se fasse de manière directe (par le rejet) ou indirecte (par
les remises en suspension), sera fonction des possibilités dispersives du milieu et de la
qualité physico-chimique de l'eau côtière ; cette dernière va conditionner la bactérie en lui
permettant de survivre ou au contraire en accélérant sa mort.
Les principaux paramètres qui déterminent cette évolution biologique sont, la présence de
matière organique assimilable et de composés osmoprotecteurs qui permettent à la cellule
d'équilibrer sa pression interne en fonction de la concentration en sel de l'eau de mer, la
température de l'eau et l'ensoleillement qui a un pouvoir bactéricide.
L'halotolérance des bactéries
Les souches d'Escherichia coli ou de Salmonelles isolées de la station d'épuration de
Morlaix tolèrent 20 g/1 de NaCl (Dupray et al., 1991). En présence de matière organique
naturelle de l'estuaire (fig. 4), elles augmentent leur halotolérance de 5 à 20 g/1 de NaCl ;
dans ces conditions, elles peuvent tout à fait tolérer les salinités estuariennes ou
côtières (< 38 7»»). Cet exemple illustre le rôle de la matière organique présente dans l'eau
et le sédiment, qui offre aux bactéries les éléments nécessaires à leur survie : nutriments et
composés osmoprotecteurs. A contrario, du fait de la pauvreté en matière organique des
eaux côtières méditerranéennes, le choc osmotique sera plus important et accélérera le
processus de mortalité.
L'effet de la lumière sur la mortalité
Une conséquence indirecte de la richesse du milieu en éléments dissous ou particulaires est
son action sur la pénétration de la lumière : les bactéries dans l'eau de mer sont très
sensibles au rayonnement solaire (Bonnefont et al., 1990) et il suffit de quelques heures
d exposition pour qu'une suspension bactérienne en eau de mer ne puisse plus être cultivable
(les T90 dans ces conditions sont de l'ordre de 1 à 2 heures). Les matières organiques ou
minérales en suspension diminuent notablement le pouvoir de pénétration de la lumière dans
1 eau. Alors qu'une eau de mer ayant une concentration en matière en suspension de 1 mg/1
laisse passer, en moyenne sur 10 m, 63 % de l'énergie lumineuse, une eau chargée à des
concentrations de 5 mg/1 et 50 mg/1 ne laisse passer respectivement que 20 % et 2 % de
1 énergie lumineuse. Par ailleurs, il existe bien évidemment une atténuation de la lumière
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