En 1974, un congrès international : "Discharge of Sewage from Sea Outfall" (Gameson,
1974), organisé par le Water Research Center, faisait le point des connaissances dans ce
domaine et mettait en évidence le rôle de différents paramètres sur la mortalité
bactérienne : lumière, température, manque de nutriments, salinité et prédation étaient les
principaux facteurs invoqués, sans qu'une hiérarchisation précise de ces paramètres ne se
dessine ; le consensus général qui se dégageait alors était que la mer apparaissait comme
un milieu défavorable, voire même hostile, aux bactéries entériques et que, dans la majorité
des cas, leur mortalité était très rapide.
Certaines observations nuançaient cette position en faisant état de mortalité plus lente dans
le sédiment ou lors d'expériences faites de nuit. De nombreux auteurs adoptaient le point de
vue d'une disparition rapide due à ce que, globalement, on a appelé alors le pouvoir autoépurateur de la mer.
Des T90 (temps nécessaire pour que 90 % des bactéries meurent) très courts, variant d'une
demi-heure à deux heures, ont ainsi été appliqués à toutes les études d'impact et ceci quelles
que soient les zones géographiques ou les latitudes ; sur ces littoraux, on a pu alors autoriser
des déversements d'eaux usées à peine épurées.
Les travaux réalisés ces quinze dernières années tant en France qu'à l'étranger ont changé
ce concept et mis en évidence le fait que le pouvoir auto-épurateur de la mer était souvent
limité. L'apport de nouvelles méthodes d'études, comme par exemple le développement des
travaux sur la physiologie bactérienne ou l'utilisation d'outils performants (microscope à
balayage...), a fait évoluer ces théories. On a mis ainsi en évidence que des bactéries
entériques étaient capables de s'adapter à un milieu très différent de celui du tube digestif
; il persiste ainsi dans l'environnement des formes viables, dont on ignore encore le pouvoir
pathogène (Roszak and Colwell, 1987). La notion de qualité du milieu récepteur avec toutes
les nuances que cela implique (présence ou non de nutriments, de prédateurs...) prend alors
toute son importance et il y a lieu dès à présent de se préoccuper, dans les études d'impact,
non seulement de la qualité du rejet lui-même, mais encore de la qualité du milieu qui
reçoit les eaux usées.
Le but de l'étude réalisée par l'IFREMER et ses partenaires était d'appliquer ces
connaissances à deux zones particulières, présentant des qualités environnementales
différentes : une zone méditerranéenne (site de Toulon) et une zone atlantique (site de
Morlaix). Ce travail avait pour objectif de dégager les facteurs principaux responsables des
mécanismes de mortalité en mer des bactéries.
RESULTATS
Les bactéries à leur arrivée en mer vont être soumises d'une part à des phénomènes de
dispersion physique et de sédimentation, et d'autre part à des évolutions biologiques
(adaptation, mortalité).
90
1974), organisé par le Water Research Center, faisait le point des connaissances dans ce
domaine et mettait en évidence le rôle de différents paramètres sur la mortalité
bactérienne : lumière, température, manque de nutriments, salinité et prédation étaient les
principaux facteurs invoqués, sans qu'une hiérarchisation précise de ces paramètres ne se
dessine ; le consensus général qui se dégageait alors était que la mer apparaissait comme
un milieu défavorable, voire même hostile, aux bactéries entériques et que, dans la majorité
des cas, leur mortalité était très rapide.
Certaines observations nuançaient cette position en faisant état de mortalité plus lente dans
le sédiment ou lors d'expériences faites de nuit. De nombreux auteurs adoptaient le point de
vue d'une disparition rapide due à ce que, globalement, on a appelé alors le pouvoir autoépurateur de la mer.
Des T90 (temps nécessaire pour que 90 % des bactéries meurent) très courts, variant d'une
demi-heure à deux heures, ont ainsi été appliqués à toutes les études d'impact et ceci quelles
que soient les zones géographiques ou les latitudes ; sur ces littoraux, on a pu alors autoriser
des déversements d'eaux usées à peine épurées.
Les travaux réalisés ces quinze dernières années tant en France qu'à l'étranger ont changé
ce concept et mis en évidence le fait que le pouvoir auto-épurateur de la mer était souvent
limité. L'apport de nouvelles méthodes d'études, comme par exemple le développement des
travaux sur la physiologie bactérienne ou l'utilisation d'outils performants (microscope à
balayage...), a fait évoluer ces théories. On a mis ainsi en évidence que des bactéries
entériques étaient capables de s'adapter à un milieu très différent de celui du tube digestif
; il persiste ainsi dans l'environnement des formes viables, dont on ignore encore le pouvoir
pathogène (Roszak and Colwell, 1987). La notion de qualité du milieu récepteur avec toutes
les nuances que cela implique (présence ou non de nutriments, de prédateurs...) prend alors
toute son importance et il y a lieu dès à présent de se préoccuper, dans les études d'impact,
non seulement de la qualité du rejet lui-même, mais encore de la qualité du milieu qui
reçoit les eaux usées.
Le but de l'étude réalisée par l'IFREMER et ses partenaires était d'appliquer ces
connaissances à deux zones particulières, présentant des qualités environnementales
différentes : une zone méditerranéenne (site de Toulon) et une zone atlantique (site de
Morlaix). Ce travail avait pour objectif de dégager les facteurs principaux responsables des
mécanismes de mortalité en mer des bactéries.
RESULTATS
Les bactéries à leur arrivée en mer vont être soumises d'une part à des phénomènes de
dispersion physique et de sédimentation, et d'autre part à des évolutions biologiques
(adaptation, mortalité).
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