Dès lors, on ne pouvait qu'adopter une attitude expérimentale : observer le comportement
ultérieur dn milieu marin et se réserver une certaine adaptabilité dans les moyens, de façon
à pouvoir les faire évoluer en tant que de besoin.
Soulignons cependant que les investissements sont lourds et que, lorsque les circonstances
imposent, comme à Marseille, des ouvrages souterrains non modifiables (dont le Génie Civil
représente plus de la moitié de la dépense), cette évolutivité future reste très limitée.
Il est bien évident que si l'on pouvait disposer d'un modèle, même imparfait, de
comportement du milieu vis-à-vis de la pollution par les rejets urbains, on pourrait, comme
cela a été fait pour la pollution bactérienne des zones de baignade, concevoir plus sûrement
les actions à mener et leur donner une plus grande efficacité.
CONCLUSION
Le problème de la communication entre le monde scientifique, qui a la connaissance du
milieu marin et poursuit des recherches à ce sujet, et le monde des collectivités territoriales,
qui a la responsabilité et les moyens de lutte contre la pollution, se trouve posé.
Cette communication est très insuffisante. Institutionnellement, elle est quasi-inexistante :
à titre d'exemple, indiquons que la loi sur la formation continue dans la fonction publique
territoriale ne prévoit aucun lien avec le monde de la recherche et de l'expérimentation et
que le Comité des techniques municipales, créé dans le cadre de la décentralisation, qui
aurait pu s'en occuper, est depuis des années en totale léthargie.
Les Collectivités Territoriales sont naturellement peu enclines à s'intéresser à la recherche
et à l'expérimentation ; les retombées en sont lointaines et localement limitées ; dès lors, les
élus considèrent que les moyens qu'ils peuvent y consacrer sont en grande partie gaspillés.
Comme rien n'est fait pour les y inciter - alors que l'on aurait pu envisager d'étendre aux
collectivités territoriales une formule analogue au crédit "d'impôt-recherche" dont
bénéficient les entreprises qui s'intéressent à la recherche - on reste dans un état de sousdéveloppement préoccupant pour l'avenir.
Si des projets importants, tels que celui de la station d'épuration de Marseille, ont permis
de financer des études poussées du milieu marin, ce n'est pas possible pour des projets plus
courants, et surtout l'absence d'une structure appropriée ne permet pas une organisation plus
rationnelle de la recherche appliquée et la valorisation des résultats obtenus.
L action à entreprendre déborde d'ailleurs non seulement le cadre local mais même le cadre
national : c'est à un niveau supranational - méditerranéen en l'espèce - que la symbiose
entre les divers partenaires devrait être organisée pour une meilleure efficacité.
SOGREAH, 1978. Schéma d'amélioration des eaux littorales en Méditerranée provençale.
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