Pour le pelagos, l’effet du rejet est apparu faible au regard de la masse considérable de
nutrients qui étaient apportés ; cela tient probablement, pour une part au moins, au site du
rejet, sur une côte escarpée balayée par le courant ligure (dont le débit moyen, entre les îles
et le rivage, atteint 3 500 m3/s). Ceci a conduit à considérer que le recours à des procédés
de traitement éliminant ces nutrients était sans intérêt.
Il n'en n'a pas été de même pour le benthos : alors que, depuis le début du siècle jusqu'à la
décennie 70, le déversement des eaux usées à Cortiou avait provoqué une dégradation des
fonds marins d'étendue limitée mais stable, on a observé, à partir de cette époque une
extension extrêmement rapide de la zone altérée. En une décennie, son étendue a plus que
centuplé, ce qui est, apparemment, sans rapport avec l'évolution quantitative et qualitative
des rejets.
Une analyse spatiale des sédiments a montré que les concentrations de la plupart des
polluants décroissaient avec la distance par rapport au point de rejet (en gros, le logarithme
de la concentration décroît proportionnellement à la distance) jusqu'à une valeur de base
dont on ne sait dans quelle mesure elle traduit une diffusion généralisée des polluants.
De toute façon, les données font défaut pour confronter valablement les apports du rejet et
les quantités de polluants retrouvées au fond ; il semblerait que les apports extérieurs
deviennent prépondérants au-delà d'une certaine distance (de l'ordre de la dizaine de km),
ce qui confirmerait la nécessité d'une action globale notamment vis-à-vis des apports
fluviaux.
L'insuffisance des connaissances en matière de diffusion et d'impact des polluants sur les
fonds marins n'est pas seulement d'ordre quantitatif ; elle est aussi d'ordre qualitatif : on n'a
pu identifier l'effet que chaque polluant pouvait avoir sur le benthos, d'autant que les effets
de synergie peuvent être importants, de sorte qu'aucune sélectivité n'a pu être prise en
compte dans le choix des actions les plus efficaces pour lutter contre la pollution.
A
CONCEPTION DE L'ASSAINISSEMENT
La masse considérable d'informations recueillies n'a finalement débouché que sur une
conclusion très simpliste : du moment que c'était essentiellement le benthos qui était altéré,
il convenait d’éliminer la phase solide des rejets, la seule à gagner les fonds marins encore
qu'on ne puisse exclure que certains polluants présents à l'état dissous dans la phase
liquide - qui reste en surface - ne finissent par rejoindre le fond, via une chaîne alimentaire
par exemple.
Mais on a été incapable de prévoir avec quelque précision l'effet de cette élimination de la
phase solide. En particulier, comme cette élimination reste partielle, pour des raisons
techniques autant qu'économiques, on n'a pu évaluer l'efficacité des dispositions prises ; elles
vont dans le bon sens, mais on ne sait si elles seront suffisantes ou non.
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nutrients qui étaient apportés ; cela tient probablement, pour une part au moins, au site du
rejet, sur une côte escarpée balayée par le courant ligure (dont le débit moyen, entre les îles
et le rivage, atteint 3 500 m3/s). Ceci a conduit à considérer que le recours à des procédés
de traitement éliminant ces nutrients était sans intérêt.
Il n'en n'a pas été de même pour le benthos : alors que, depuis le début du siècle jusqu'à la
décennie 70, le déversement des eaux usées à Cortiou avait provoqué une dégradation des
fonds marins d'étendue limitée mais stable, on a observé, à partir de cette époque une
extension extrêmement rapide de la zone altérée. En une décennie, son étendue a plus que
centuplé, ce qui est, apparemment, sans rapport avec l'évolution quantitative et qualitative
des rejets.
Une analyse spatiale des sédiments a montré que les concentrations de la plupart des
polluants décroissaient avec la distance par rapport au point de rejet (en gros, le logarithme
de la concentration décroît proportionnellement à la distance) jusqu'à une valeur de base
dont on ne sait dans quelle mesure elle traduit une diffusion généralisée des polluants.
De toute façon, les données font défaut pour confronter valablement les apports du rejet et
les quantités de polluants retrouvées au fond ; il semblerait que les apports extérieurs
deviennent prépondérants au-delà d'une certaine distance (de l'ordre de la dizaine de km),
ce qui confirmerait la nécessité d'une action globale notamment vis-à-vis des apports
fluviaux.
L'insuffisance des connaissances en matière de diffusion et d'impact des polluants sur les
fonds marins n'est pas seulement d'ordre quantitatif ; elle est aussi d'ordre qualitatif : on n'a
pu identifier l'effet que chaque polluant pouvait avoir sur le benthos, d'autant que les effets
de synergie peuvent être importants, de sorte qu'aucune sélectivité n'a pu être prise en
compte dans le choix des actions les plus efficaces pour lutter contre la pollution.
A
CONCEPTION DE L'ASSAINISSEMENT
La masse considérable d'informations recueillies n'a finalement débouché que sur une
conclusion très simpliste : du moment que c'était essentiellement le benthos qui était altéré,
il convenait d’éliminer la phase solide des rejets, la seule à gagner les fonds marins encore
qu'on ne puisse exclure que certains polluants présents à l'état dissous dans la phase
liquide - qui reste en surface - ne finissent par rejoindre le fond, via une chaîne alimentaire
par exemple.
Mais on a été incapable de prévoir avec quelque précision l'effet de cette élimination de la
phase solide. En particulier, comme cette élimination reste partielle, pour des raisons
techniques autant qu'économiques, on n'a pu évaluer l'efficacité des dispositions prises ; elles
vont dans le bon sens, mais on ne sait si elles seront suffisantes ou non.
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