DETERMINATION DES IMPACTS SUR L'ENVIRONNEMENT
Il faut pouvoir appréhender les impacts sur 1 environnement marin et les nuisances, non
seulement directs et immédiats, mais aussi indirects et diffères, des rejets urbains.
Les premiers sont souvent aisément identifiables et localisables ; l’opinion publique s'en
émeut facilement. Ils ne sont pas cependant trop préoccupants, car par eux-mêmes ils
déclenchent une réaction ; encore que celle-ci consiste à masquer l'impact (c'est par
exemple le cas d'une capture sous la thermocline), ce qui ne résout qu'en partie le problème.
Il n'en est pas de même des impacts et des nuisances indirects et/ou différés : la
diversité des produits rejetés, les effets de synergie, la complexité, la mobilité et la
variabilité du milieu marin font qu'il est très difficile de préciser la part de chaque polluant
dans l'évolution constatée, d'autant que le faible recul dont on dispose ne permet pas de bien
cerner les effets à long terme. Au surplus, en matière d'effets indirects, c'est par définition
un effet global et non pas spécifique que l'on observe.
Dès lors, le lien entre la connaissance des rejets et leurs effets sur le benthos et le pelagos
reste en général très méconnu.
Cest seulement en matière de pollution bactérienne que l'on disposait d'un modèle
(SOGREAH, 1978) permettant d'évaluer très approximativement l'effet des rejets.
Cest ainsi que, contrairement à l'opinion de certains scientifiques à l'époque, on a pu
attribuer la pollution des lieux de baignade de la rade sud de Marseille, de loin les plus
fréquentés, aux rejets locaux (un cours d'eau côtier très pollué : l'Huveaune) et à de
multiples déversements (directs), et non à celui du grand émissaire collectant les eaux usées
urbaines qui se déversait à Cortiou, sur la côte des Calanques, et en dehors de cette rade.
Ceci a conduit au détournement de l'Huveaune pour la rejeter à Cortiou et à l'élimination
progressive des rejets directs : l'efficacité de ces mesures a confirmé la validité du modèle.
Ce dernier a également été utilisé pour évaluer les dispositions à prendre pour le rejet à
Cortiou : il est apparu que l'utilisation d'un émissaire sous-marin n'offrait aucun avantage
dès lors que l'on ne souhaitait pas une capture du rejet sous la thermocline en été : la
disposition des lieux et les caractéristiques du milieu marin étaient telles que l'on ne
pouvait obtenir aucune amélioration de la pollution bactérienne résiduelle pouvant atteindre
le rivage ; rivage dont la nature rocheuse et escarpée exclut pratiquement toute fréquentation
balnéaire.
Mais bien évidemment cette conclusion - émissaire sous-marin sans intérêt -n'est valable
que pour le site très particulier du rejet marseillais.
Pour le reste, cest-à-dire l'impact du rejet sur le pelagos et sur le benthos, la masse
considérable d observations faites n'a pas permis d'aboutir à des prévisions tant soit peu
précises, faute d'une modélisation du milieu marin.
74
Précédent

- 78/245

Suivant