On notera que, pour l'ammonium et le phosphate, le rendement est parfois négatif, ce qui
signifie que le flux sortant est supérieur au flux entrant, du fait des processus de
minéralisation et d'hydrolyse qui se produisent dans la station. Dans ce cas, la disponibilité
immédiate de l'azote et du phosphore vis-à-vis des algues se trouve accrue.
EPURATION ET MILIEU AQUATIQUE : NOTION D'EFFICACITE RELATIVE DU
MILIEU
L'efficacité des stations d'épuration, dans l'optique des techniciens de l'épuration, est en
premier lieu évaluée en référence à l'élimination des MES, de la DCO et de la DBO. En
second lieu, on se préoccupe, si nécessaire, de l'efficacité des traitements vis-à-vis des
éléments nutritifs, l'azote et le phosphore.
S'il est intéressant pour les spécialistes de l'épuration de découpler ainsi les caractéristiques
des effluents en différents groupes, cette approche s'avère un peu artificielle lorsque l'on
examine l'impact des effluents sur le milieu. Nous présentons donc une approche de
l'épuration dans une optique d'environnement : le milieu côtier comme réceptacle de
l'enrichissement organique.
La matière organique est en effet à l'origine des principales nuisances que supporte
actuellement le milieu, à savoir l'eutrophisation et l'anoxie.
Or, l'enrichissement organique a deux composantes :
- l'apport direct, constitué par la matière organique présente dans le rejet,
- l'apport différé, représenté par la matière organique du phytoplancton qui est susceptible
de se développer dans le milieu à partir des éléments nutritifs présents dans le rejet.
L'apport différé de matière organique est, en toute rigueur, un apport potentiel dont
l'importance dépendra des conditions locales de développement algal. On peut calculer la
quantité de matière organique potentielle en se référant à la composition moyenne donnée
par Redfield (1958), soit C106 N16
et en considérant que le carbone représente la moitié
de la masse de matière organique. Ainsi, à partir des formes minérales de l'azote
(ammonium + nitrite + nitrate) et du phosphore (phosphate, polyphosphate), la matière
organique potentielle sera générée dans les proportions suivantes :
1 g d'azote
- * 11 g de matière organique
1 g de phosphore—* 82 g de matière organique
En utilisant ces rapports de conversion nous avons calculé les flux de matière organique
potentielle des effluents bruts et épurés des deux stations d'épuration étudiées (tab. 4). On
constate que, même dans l'effluent brut, la matière organique potentielle est toujours égale
ou supérieure à la matière organique présente, quelle que soit la base de calcul. On note
également que, dans 1 effluent brut, la matière organique planctonique qui peut se synthétiser
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