Cependant les bactéries sont identiques dans les deux sites et leur comportement est le
même à partir du moment où les conditions sont analogues. La durée de survie est le fait
d'une situation écologique donnée et on peut ainsi trouver les mêmes valeurs de T90 à
Toulon et à Morlaix. Il en résulte des conséquences au plan de l'application.
Même si les T90 de 30 minutes à 2 h évalués il y a déjà plusieurs années peuvent être
occasionnellement rencontrés sur le terrain, de telles valeurs ne constituent que des cas
particuliers en conditions optimales de perte de viabilité. Ils ne sont en aucune façon
représentatifs de la valeur moyenne des durées de survie que l'on peut rencontrer sur une
site donné. Les différents cas de figure allant jusqu'à l'absence complète de "mortalité",
notamment durant la nuit.
- Le positionnement optimal d'un point de rejet, compte tenu des critères de qualité du
milieu récepteur choisi, nécessite une connaissance correcte des conditions écologiques
in situ et surtout des processus hydrodynamiques et météorologiques rencontrés dont
dépendront le comportement et le devenir des micro-organismes d'intérêt sanitaire, et
par conséquent l'étendue de la zone impactée d'une façon chronique, périodique ou
épisodique par le rejet.
Il ressort également des études réalisées l'intérêt d'une meilleure prise en considération de
la durée de survie des entérocoques, plus importante que celle des coliformes fécaux, pour
une appréciation plus réaliste du risque associé aux rejets urbains en mer. En effet, la
compilation de quelques enquêtes épidémiologiques suggère que la présence de ces
organismes montre les meilleures corrélations avec le taux de morbidité constaté (gastroentérites), consécutivement à la baignade.
Sera-t-il licite en l'an 2 000 de rejeter des bactéries en mer ?
Le littoral est et sera largement utilisé pour des activités aquacoles et de loisirs. Si quelques
enquêtes épidémiologiques laissent soupçonner un risque lié à la baignade dans des eaux
polluées, l'impact sanitaire dû à la consommation de coquillages a un rôle primordial. Les
coquillages sont à l'origine de contaminations humaines puisque, organismes filtreurs, ils
concentrent les micro-organismes présents dans le milieu. Toutefois, la rareté et la
ponctualité des enquêtes épidémiologiques a pour conséquence un manque général
d'informations. Une préoccupation importante des organismes chargés de l'assainissement
est désormais l'abattement des bactéries des eaux usées rejetées en milieu littoral.
L'abattement spécifique du nombre de bactéries pathogènes paraît aujourd'hui utopique mais
il existe déjà des méthodes, sans doute onéreuses, mais efficaces (3 à 4 UL).
Cependant, il faut souligner que les méthodes de mesure envisagées et utilisées dans ce
cadre restent classiques puisqu'elles concernent les bactéries cultivables. Reste entière la
grande question des bactéries viables non cultivables dont nous ne connaissons pas bien les
capacités de réactivation ou la pathogénécité.
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