Cette étude est, selon White (1989), la preuve que l'on peut entreprendre une telle approche
épidémiologique, mais que celle-ci est extrêmement complexe et nécessite la compétence
de microbiologistes et de statisticiens chevronnés ; il y est dit par ailleurs que, les zones
conchylicoles considérées doivent être soumises à des contaminations urbaines suffisantes
en provenance d'agglomérations de l'ordre de 250 000 habitants ou plus.
Risques liés à la baignade
L'établissement de la liaison entre baignade et impact sanitaire était une notion intuitive qui
n'a été démontrée que récemment. Pire encore, quelques études mal conduites ont jusqu'en
1975 laissé croire que les risques liés à la baignade étaient nuis.
Dans le domaine des eaux de baignade, comme pour la consommation de coquillages,
l'ingestion est le mode d'agression le plus important. Un baigneur ingère de l'ordre de 75 à
100 ml d'eau lorsqu'il nage la tête sous l'eau. A noter que, compte tenu des facteurs moyens
d'enrichissement cités plus haut cela équivaut, selon une appréciation sommaire, à la
consommation de 2 huîtres de petite taille.
Cest à partir de 1980 que des études épidémiologiques rigoureuses, de nature à faire
avancer la connaissance, ont été publiées (Cabelli et al., 1982, 1983 ; Mujeriego et al.,
1982 ; Foulon et al., 1983 ; Dewailly et al., 1988). Larbaigt (1989) a résumé l'ensemble des
connaissances actuelles sur ce sujet et retient tout particulièrement les convergences mises
en évidence, et unanimement admises, entre les pathologies observées (nausées,
vomissements, diarrhées fébriles ou non, maux de ventre) et l'existence d'une pollution
fécale révélée. Ce constat se vérifie d'ailleurs quel que soit le type de baignade, en mer ou
en eau douce (lac ou rivière). Les coefficients de corrélation "germes indicateurs/morbidité"
sont significatifs principalement pour ce qui concerne la présence d'entérocoques ou de
streptocoques fécaux (tab. 5).
ENT : Entérocoques
CF : Coliformes fécaux
SF : Streptocoques fécaux
EC : Escherichia coli
Etude EJ * A. (1)
(eaux de mer)
Etude EJ * A.
(1)
(eaux de lacs)
Etude CAREPS (2)
(eaux de rivière)
Indicateurs
ENT
EC
CF
ENT.
EC
CF
SF
CF
Coef. de
corrélation
0,75
0,54
0,01
0,74
0,80
0,08
0,68
0,38
(1) E.P.A. : U.S. Environmental Protection Agency.
(2) CAREPS : Centre Alpin de Recherches Epidémiologiques et de Prévention Sanitaire, Grenoble, FRANCE.
Tableau 5 : Coefficient de corrélation : "Indicateur/morbidité" (d'après Larbaigt, 1989)
Les taux de morbidité pour les niveaux des indicateurs correspondant aux normes
actuellement en vigueur (tab. 6) ont des valeurs supérieures en eau de mer par rapport aux
eaux douces.
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