vrai problème, les ressources en eau d’un milliard
d’habitants en dépendent.
En ce qui concerne la communauté scientifique en
général, il y a évidemment beaucoup de discussions
et de désaccords au départ, mais ceux-ci ne sont pas
dûs aux pays d’origine. La communauté est en ce
sens assez homogène et, dans sa quasi-unanimité
– je parle là des chercheurs spécialistes du climat –
est convaincue de la réalité du réchauffement
climatique et de son origine anthropique. Mais, il y a
aussi dans tous les pays des climato-sceptiques pour
affirmer que l’on peut continuer à émettre des gaz à
effet de serre sans que rien ne se passe même s’ils
n’ont que très peu d’arguments… – il n’y en pas du
tout, d’ailleurs, je le dis clairement.
Ophélie Risler : Il me semble que ce qui nuit à
la compréhension par le grand public du discours
scientifique est sa prudence, et le fait que les médias
aiment bien mettre face à face deux positions à égalité,
l’une pour, l’autre contre, alors qu’en fait leur poids dans
la communauté scientifique est très différent. Vous avez
dit que ce qui compte, ce sont les émissions cumulées :
avez-vous les chiffres qui permettent d’évaluer les
responsabilités, la part des grandes régions du monde, en
matière d’émission cumulées ?
Jean Jouzel : Bien sûr : nous sommes aux premières
loges, mais la Chine nous rattrape très rapidement,
car même si elle n’a commencé à avoir un impact que
depuis 20 ou 30 ans, ce que les chinois émettent est
énorme. Nous disposons bien entendu de courbes
d’émissions cumulées par pays et par région. C’est un
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d’habitants en dépendent.
En ce qui concerne la communauté scientifique en
général, il y a évidemment beaucoup de discussions
et de désaccords au départ, mais ceux-ci ne sont pas
dûs aux pays d’origine. La communauté est en ce
sens assez homogène et, dans sa quasi-unanimité
– je parle là des chercheurs spécialistes du climat –
est convaincue de la réalité du réchauffement
climatique et de son origine anthropique. Mais, il y a
aussi dans tous les pays des climato-sceptiques pour
affirmer que l’on peut continuer à émettre des gaz à
effet de serre sans que rien ne se passe même s’ils
n’ont que très peu d’arguments… – il n’y en pas du
tout, d’ailleurs, je le dis clairement.
Ophélie Risler : Il me semble que ce qui nuit à
la compréhension par le grand public du discours
scientifique est sa prudence, et le fait que les médias
aiment bien mettre face à face deux positions à égalité,
l’une pour, l’autre contre, alors qu’en fait leur poids dans
la communauté scientifique est très différent. Vous avez
dit que ce qui compte, ce sont les émissions cumulées :
avez-vous les chiffres qui permettent d’évaluer les
responsabilités, la part des grandes régions du monde, en
matière d’émission cumulées ?
Jean Jouzel : Bien sûr : nous sommes aux premières
loges, mais la Chine nous rattrape très rapidement,
car même si elle n’a commencé à avoir un impact que
depuis 20 ou 30 ans, ce que les chinois émettent est
énorme. Nous disposons bien entendu de courbes
d’émissions cumulées par pays et par région. C’est un
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