Chapitre II
Dimensionnement et Recommandations des récifs artificiels
Etat de l’art sur les récifs artificiels
17
b. Evaluation
L’évaluation de la réalisation des objectifs visés et des résultats obtenus correspond à une
interrogation scientifique. Elle peut également répondre à la demande de certains usagers
favorables ou opposés à ce type d’aménagement. C’est par ailleurs une préoccupation
institutionnelle légitime. En général, le(s) financeur(s) public(s), soucieux de justifier les
choix retenus et les investissements réalisés n’est (ne sont) pas le(s) bénéficiaire(s) du projet.
Cette situation classique d’évaluation des politiques publiques complique les termes de
l’analyse de la rentabilité de l’opération.
L’évaluation a pour but de :
1- valider, au moins partiellement, l’obtention du ou des objectifs visés,
2- vérifier l’absence d’éventuels effets négatifs ou non désirés sur le milieu et les
écosystèmes (déstabilisation de l’environnement sédimentaire, déséquilibre des
assemblages de poissons) ou sur les activités qui s’y pratiquent (surpêche, déstructuration
des flottilles),
3- fournir les informations nécessaires à l’évolution et l’amélioration du projet et à
l’optimisation des réalisations futures. Confirmer ou améliorer l’architecture, la
configuration et la disposition des aménagements, optimiser les coûts des projets
ultérieurs,
4- définir d’éventuelles recherches complémentaires, scénarios alternatifs ou de nouvelles
mesures de gestion,
5- valider les scénarios de gestion retenus pour un bénéfice économique (ajustement de la
dimension de l’aménagement au bénéfice attendu) et social (redistribution de la valeur
ajoutée) optimal au regard des objectifs initiaux.
Au-delà des avantages présupposés des récifs artificiels, il convient d’en évaluer
rigoureusement l’effet ou la conséquence objective (i.e. l’apport de substrats durs sur un fond
meuble) mais aussi la perception de ces impacts par les différents acteurs, indépendamment
de toute forme d’usage (marchands ou non-marchands) des espaces et des ressources
concernés.
Si la vocation première de l’aménagement concerne le soutien ou le développement d’une
activité extractive, la question de la réalité de la valeur ajoutée pour la ressource, de son
évaluation et de son partage mérite d’être posée. Elle doit même être au coeur de chacune des
étapes d’un projet d’aménagement.
Les récifs sont susceptibles de contribuer positivement à l’économie d’une région, notamment
en augmentant le produit de la pêche artisanale locale. L’évaluation du succès passe par
l’estimation des débarquements à une échelle spatio-temporelle adaptée. Il convient par
ailleurs de contrôler l’effort de pêche développé autour des aménagements et les captures
associées pour éviter les risques de surpêche, de déséquilibre des assemblages et populations
de poissons exploités ou non. Faute de cette stratégie, les bénéfices économiques peuvent être
dissipés à plus ou moins long terme, l’augmentation des pressions de pêche répondant aux
améliorations des rendements dans les zones aménagées.
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