Chapitre I
Généralités sur les récifs artificiels
Etat de l’art sur les récifs artificiels
4
rarement été adoptées pour la protection de plage bien que l’observation dans la nature de
récifs naturels, ou de hauts-fonds immergés, montrent qu’ils sont souvent associés à des
salients et que leur présence favorise le maintien du trait de côte.
Il existe donc très peu de recul sur la réponse du rivage à l’installation d’une structure
artificielle immergée. Les récents travaux expérimentaux et numériques de Ranasinghe et
Turner. (2005), et Ranasinghe et al. (2006) ont toutefois permis de mettre en avant les
paramètres fondamentaux qui gouvernent l’hydrodynamique et la morphodynamique autour
d’une structure côtière immergée. Il apparaît selon leurs conclusions que les caractéristiques
et les processus gouvernant la dynamique sédimentaire et l’évolution du trait de côte autour
d’une structure artificielle immergée soient fondamentalement différents de ceux d’une
structure émergée.
I.1. Historique
Utilisés comme outils de gestion du littoral dans de nombreux pays et régions du monde, les
récifs artificiels se seraient développés parallèlement en divers endroits. Il semble que des
récifs aient été utilisés en mer Méditerranée il y a trois mille ans : en effet, les pierres servant
à lester les thonnaires (tonnaria) pour la pêche au thon étaient abandonnées sur place et avec
le temps, s’accumulaient et formaient des structures dont il était reconnu qu’elles attiraient les
poissons (Riggio et al., 2000). Il est probable qu’à la même époque les pêcheries artisanales
utilisaient cette technique partout dans le monde (Simard, 1995).
Dans les années 1600, on utilisait au Japon des récifs constitués de gravats et de roches pour
cultiver le varech, et le concept moderne de «récif artificiel» est apparu dans le Japon du
XVIIIème siècle. Cette technique s’est répandue aux États-Unis dans les années 1830 où les
rondins des cabanes en bois étaient utilisés au large de la côte de la Caroline du Sud pour
améliorer la pêche, puis dans de nombreuses régions différentes du monde (Stone et al.,
1991). Plus récemment, les récifs ont été utilisés pour protéger les ressources marines contre
les activités de pêche illégales (Jensen et al., 2000).
L’utilisation croissante des récifs artificiels dans les zones côtières, et ses conséquences
néfastes possibles – notamment lorsque des déchets, des matériaux recyclés ou inadaptés sont
utilisés – ont fait naître la nécessité d’établir certains principes directeurs concernant leur
construction, leur déploiement et leur aménagement. Les Parties contractantes à la Convention
de Londres (1972) et au Protocole de Londres (1996) se sont inquiétées en particulier du
recours à l’implantation de tels récifs pour légitimer «l’immersion» de déchets ou autres
matières qui est normalement interdite en vertu de la Convention.
L’un des principaux objectifs des présentes Directives est donc de faire en sorte que
l’aménagement des récifs artificiels soit compatible avec l’objet et les dispositions de la
Convention.
Généralités sur les récifs artificiels
Etat de l’art sur les récifs artificiels
4
rarement été adoptées pour la protection de plage bien que l’observation dans la nature de
récifs naturels, ou de hauts-fonds immergés, montrent qu’ils sont souvent associés à des
salients et que leur présence favorise le maintien du trait de côte.
Il existe donc très peu de recul sur la réponse du rivage à l’installation d’une structure
artificielle immergée. Les récents travaux expérimentaux et numériques de Ranasinghe et
Turner. (2005), et Ranasinghe et al. (2006) ont toutefois permis de mettre en avant les
paramètres fondamentaux qui gouvernent l’hydrodynamique et la morphodynamique autour
d’une structure côtière immergée. Il apparaît selon leurs conclusions que les caractéristiques
et les processus gouvernant la dynamique sédimentaire et l’évolution du trait de côte autour
d’une structure artificielle immergée soient fondamentalement différents de ceux d’une
structure émergée.
I.1. Historique
Utilisés comme outils de gestion du littoral dans de nombreux pays et régions du monde, les
récifs artificiels se seraient développés parallèlement en divers endroits. Il semble que des
récifs aient été utilisés en mer Méditerranée il y a trois mille ans : en effet, les pierres servant
à lester les thonnaires (tonnaria) pour la pêche au thon étaient abandonnées sur place et avec
le temps, s’accumulaient et formaient des structures dont il était reconnu qu’elles attiraient les
poissons (Riggio et al., 2000). Il est probable qu’à la même époque les pêcheries artisanales
utilisaient cette technique partout dans le monde (Simard, 1995).
Dans les années 1600, on utilisait au Japon des récifs constitués de gravats et de roches pour
cultiver le varech, et le concept moderne de «récif artificiel» est apparu dans le Japon du
XVIIIème siècle. Cette technique s’est répandue aux États-Unis dans les années 1830 où les
rondins des cabanes en bois étaient utilisés au large de la côte de la Caroline du Sud pour
améliorer la pêche, puis dans de nombreuses régions différentes du monde (Stone et al.,
1991). Plus récemment, les récifs ont été utilisés pour protéger les ressources marines contre
les activités de pêche illégales (Jensen et al., 2000).
L’utilisation croissante des récifs artificiels dans les zones côtières, et ses conséquences
néfastes possibles – notamment lorsque des déchets, des matériaux recyclés ou inadaptés sont
utilisés – ont fait naître la nécessité d’établir certains principes directeurs concernant leur
construction, leur déploiement et leur aménagement. Les Parties contractantes à la Convention
de Londres (1972) et au Protocole de Londres (1996) se sont inquiétées en particulier du
recours à l’implantation de tels récifs pour légitimer «l’immersion» de déchets ou autres
matières qui est normalement interdite en vertu de la Convention.
L’un des principaux objectifs des présentes Directives est donc de faire en sorte que
l’aménagement des récifs artificiels soit compatible avec l’objet et les dispositions de la
Convention.
