Chapitre I
Généralités sur les récifs artificiels
Etat de l’art sur les récifs artificiels
3
I. Les récifs artificiels
Les premiers récifs artificiels apparaissent au Japon durant le moyen âge. C'était une
technique qui permettait de créer des lieux de pêche fixes et productifs, on la qualifie
maintenant de méthode d'élevage extensive puisque les japonais l'associent dans certains cas à
l'alevinage. C'est de nos jours pour ce pays un véritable programme d'aménagement du littoral
avec des intérêts et des investissements réellement importants.
En effet, depuis quelques années, le recours à l’installation des récifs artificiels de protection a
connu un grand développement. Outre leur rôle dans l’écologie marine, les récifs artificiels
peuvent faire office d’atténuateurs des vagues destructrices qui peuvent éroder le littoral,
notamment en période de forte agitation. Dans cette contribution, en se basant sur des
références scientifiques, il va falloir établir un état de l’art sur cette technique ainsi que les
différents environnements et études où cette technique a été utilisée.
La prise en compte de l’ensemble des processus qui participent à la modification de la houle
lors de sa propagation permet, outre la connaissance des caractéristiques de la houle au niveau
de la côte, de mettre en place des ouvrages, les dimensionner, étudier leur effet sur la houle
incidente et par conséquent leur impact sur le littoral.
Certains ouvrages récents, comme les récifs artificiels immergés, permettent de réduire de
manière significative la houle en la faisant déferler. En partie inspirés des récifs naturels, ils
tentent de recréer un fond artificiellement tout en limitant les impacts environnementaux. Leur
application est double puisqu’en réduisant la taille des vagues, ils peuvent protéger
directement une zone sensible (ports, promenades, habitations…) particulièrement sujette à
l’action des vagues, et peuvent en même temps contribuer à lutter contre l’érosion côtière.
Les ouvrages de protection conventionnels comme les digues et les épis en enrochements ou
en béton appelés communément « solutions dures », deviennent de plus en plus impopulaires,
principalement à cause de leur impact négatif, notamment en termes de stabilité du trait de
côte et de considérations esthétiques. A l’inverse, les structures immergées de type
«solutions douces» paraissent capables de fournir une protection contre l’érosion côtière sans
les impacts néfastes pour l’environnement. La popularité croissante de ces structures
immergées est aussi due au fait que leur bathymétrie (forme et design) peut être optimisée
afin de permettre d’améliorer les conditions de surf dans la zone (Jarry.N, 2009).
Il apparaît donc qu’une structure de ce type fournissant à la fois les bénéfices d’une
protection de plage et une vague permettant la pratique du surf, sans altérations esthétiques ni
environnementales, soit une solution alternative à considérer pour lutter contre l’érosion
côtière. Le récent récif artificiel de la Gold Coast est d’ailleurs une parfaite illustration du
potentiel de tels designs multifonctionnels (Black and Mead, 2001 ; Jackson et al., 2005).
Pourtant, le recours aux brise-lames émergés pour la protection côtière est très récurrent en
Europe et aux Etats-Unis (Dean et Dalrymple, 2001), et encore plus au Japon où Seiji et
al.(1987) ont reporté la construction de pas moins de 4000 brise-lames émergés depuis le
milieu des années 1980. Hormis en Australie, des structures complètement immergées ont
Précédent

Etat de l\'art sur les recifs artificiels - 13/46

Suivant