REVUE BIBLIOGRAPHIQUE
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Parmi ces enzymes, les CTX-M sont les plus répandues dans le monde (Poirel et al., 1999).
Les ceftazidimases PER chez P. aeruginosa, GES et VEB chez Klebsiella pneumoniae ont un
haut niveau de résistance à la ceftazidime et parfois à l’aztréonam (Bradford, 2001).
Les CTX-M, principales enzymes des céfotaximases, sont capables d’hydrolyser le
céfotaxime et l’aztréonam avec une sensibilité relativement conservée à la ceftazidime. Elles
sont inhibées par le tazobactam et l’acide clavulanique. Certaines variantes de ces enzymes
(CTX-M-15, 16, 17 ainsi que CTX-M-9) possédant une substitution Gly240Asp et Pro167Ser
respectivement, ont évolué vers un plus haut niveau de résistance à la ceftazidime en
compliquant ainsi leur identification phénotypique (Bonnet, 2004).
Les CTX-M regroupant plus d’une centaine d’enzymes sont classées, selon leur séquence en
acides aminés, en cinq groupes, CTX-M-1, CTX-M-2, CTX-M-8, CTX-M-9 et CTX-M-25
(Bonnet, 2004). Ces gènes plasmidiques ont comme origine des enzymes naturelles
chromosomiques issus de bactéries de l’environnement progéniteurs : Kluyvera ascorbata,
Kluyvera georgiana et Kluyvera cryocresens (Bonnet, 2004). Elles ont été décrites chez
plusieurs souches d’entérobactéries comme E. coli, Salmonella enterica Serovar typhimurium
(Bradford, 2001, Poirel et al., 2002). Les plasmides, de 7kb à 160kb de taille, codant pour
les CTX-M sont souvent conjuguatifs ou mobilisables (Bonnet, 2004).
II.5.4.1.3. Les carbapénèmases
Les principales carbapénèmases sont SME-1 et SME-2, NMC-A, IMI-1 et KPC-1. Leur
support peut être chromosomique comme celles retrouvées chez Serratia marcescens et
Enterobacter cloacae (SME-1, NMC-A, et IMI-1) (Naas et al., 1994), ou plasmidique comme
c’est le cas des carbapénèmases KPC-1 (Klebsiella pneumoniae carbapenemases) identifiées
pour la première fois aux Etats-Unis chez une souche clinique. Ces enzymes ont été
retrouvées par la suite chez d’autres souches d’entérobactéries comme Salmonella et
Klebsiella oxytoca (Babic et al., 2006). Elles hydrolysent en général les céphalosporines de
première et deuxième génération, l’aztréonam et les carbapénèmes et sont inhibées de façon
variables par l’acide clavulanique, mais pas par l’EDTA (Nordmann et Poirel, 2002 ;
Queenan et Bush., 2007).
II.5.4.2. Classe B
Contrairement aux sérine-béta-lactamases, les enzymes de cette classe (IMP, VIM, SPM et
GIM) nécessitent la présence d'un ou deux ions de zinc (Zn
2+
) pour être actives et sont
regroupées sous l’appellation de métallo-béta-lactamases (Cavallo et al., 2004).
Cette classe compte plus d’une vingtaine d’enzymes. Les métallo-béta-lactamases possèdent un
large profil de substrat incluant les pénicillines, les céphalosporines, mais également les
carbapénèmes, qui sont le plus souvent résistants aux sérine-béta-lactamases. Seul l’aztréonam
demeure actif sur ces enzymes. Elles sont insensibles aux inhibiteurs classiques (acide
clavulanique, sulbactame, tazobactam), mais inhibées in vitro en présence de chélateur comme
l’EDTA (Cavallo et al., 2004).
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