REVUE BIBLIOGRAPHIQUE
12
II.4.1.3. Modification de la cible des béta-lactamines
Ce mécanisme de résistance acquis est très largement répandu chez les bactéries à Gram
positif, comme Staphylococcus aureus, Streptococcus pneumoniae, certains Streptococcus
viridans ou Enterococcus faecium (Cavallo et al., 2004), et que l’on retrouve également chez
certaines bactéries à Gram négatif, comme Neisseria meningitidis, Neisseria gonorrhoeae ou
Haemophilus influenzae (Lambert, 2005).
Ces résistances font suite à des mutations dans les gènes chromosomiques qui codent pour les
PLP normales ou à l’acquisition de gènes étrangers codant pour des PLP ayant peu d’affinité
pour les béta-lactamines. On peut ainsi aboutir à des altérations quantitatives et qualitatives
des PLP, avec diminution d’affinité pour les béta-lactamines, ou à une substitution dans leurs
fonctions des PLP cibles par une autre PLP de moindre affinité (Cavallo et al., 2004).
II.4.2. Mécanisme enzymatique
Il constitue le mécanisme de résistance le plus courant chez les bactéries à Gram négatif par
production de béta-lactamases hydrolysant l’antibiotique (Philippon et al.. 1988). Les bétalactamases sont très nombreuses et variées, il existe plus de 400 enzymes identifiées (Li et al.,
2007). Elles ont été à l’origine des premières résistances acquises dès l’apparition des
antibiotiques au début des années 1940 (Cavallo et al., 2004).
II.5. Les béta-lactamases
II.5.1. Définition
Les béta-lactamases forment un groupe hétérogène d’enzymes d’origine bactérienne capables
d’inactiver de manière efficace et irréversible les béta-lactamines par ouverture du cycle bétalactame (Cavallo et al., 2004). Cette dégradation conduit à la production de dérivés inactifs
(acide pénicillanique issu des pénicillines et l’acide céphalosporanique issu des
céphalosporines). A localisation périplasmique, le support génétique des béta-lactamases peut
être chromosomique ou plasmidique avec une expression inductible ou constitutive
(Livermore, 1995; Charlier et al., 1998 ; Matagne et al., 1998).
II.5.2. Mécanismes d’action des béta-lactamases
L’action des béta-lactamases s’exerce par hydrolyse du cycle béta-lactame effectuée par une
réaction d’acylation entre le groupement hydroxyl de la sérine du site actif des bétalactamases et le groupement carboxyle du béta-lactame (Fig.6). La réaction conduit à la
formation d’un complexe acyl-enzyme transitoire qui est rapidement désacylé libérant ainsi la
béta-lactamine inactive et l’enzyme intacte apte à agir sur d’autres molécule béta-lactame
(Frére, 1995 ; Livermore, 1995).
Précédent

Détection de la résistance bactérienne aux antibiotiques dans l\'environnement marin, influence des apports anthropiques - 29/111

Suivant