Chapitre 1
Généralités
12
En 2006, Lamouti décrit l’herbier à Posidonia oceanica dans la plage de la
thalassothérapie à Sidi-Fredj, au niveau de la baie de Bou-Ismaïl, et réussit à estimer
son occupation à 4275m² tout en apportant de précieuses informations.
À proximité des côtes et en mode calme, la croissance en hauteur de l’herbier conduit à
la formation de récifs barrières, séparé de la côte par un lagon. En Algérie, ce type
de paysage est signalé à El-Kala (vers l’entrée du chenal menant au lac mellah) ; à l’anse
de Kouali à Tipaza (Le Gall, 1996 ; Boumaza, 1995) où il constitue l’un des plus prospères
des récifs barrières des côtes algériennes et en 1953, Molinier et Picard signalent l’existence
de petits récifs entre Bou-Ismaïl et Sidi-Fredj et dans les secteurs de Jijel (banc des kabyles)
et de Bejaia (l’actuel parc national de Gouraya) (Boumaza, 2003).
1.8. Menaces sur l’herbier :
En Algérie, des phénomènes de destruction ou de régression des herbiers sont souvent
rapportés, aux alentours des grands centres urbains, industriels et portuaires :
Alger, Annaba, Oran. En effet, du fait de leur localisation très côtière, les herbiers
de phanérogames marines sont directement soumis aux impacts engendrés par les activités
humaines. Dans la baie d’Alger, les herbiers à Posidonia oceanica ne s’étendent guère
au-delà de 8m de profondeur, ceux qui subsistent sont dans un état de forte dégradation
(Boumaza, 2003).
Les principales causes de régression des herbiers sont:
1.8.1. Les pollutions industrielles et urbaines : La pollution, considérée globalement,
constitue la principale menace : la disparition des herbiers autour des sources de pollution
en témoigne (Boudouresque, 2003). En effet, Depuis de nombreuses années les herbiers
à Posidonia oceanica présentent des régressions massives à proximité des grands centres
urbains et industriels. L'origine de ces régressions a souvent été imputée à l'action
de polluants chimiques (Bellan-Santini et al., 1994 ; Pergent-Martini et al., 1995). Parmi
les contaminants chimiques émis par les rejets terrestres et nocifs pour la Posidonie, citons
les métaux lourds comme le Mercure, les sels nutritifs, les détergents, les HAPs
(Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques), les pesticides, et le TBT (Tributylétain),
ancien composant des peintures antisalissure des coques, qui réduisent la vitalité des herbiers
à Posidonia oceanica (Pérès et Picard, 1975 ; Augier et al., 1987).
L’effet des substances solubles est rapide, mais les substances insolubles peuvent
également avoir un impact très négatif ; en effet, étant relativement stables, elles peuvent
s’accumuler jusqu’à des concentrations toxiques pour la flore et la faune. La présence
d’une concentration élevée de contaminants peut déterminer l’altération de la biosynthèse
des pigments photosynthétiques : le long d’un gradient de pollution croissante, la teneur
des feuilles de P. oceanica en pigments photosynthétiques diminue (Augier et Maudinas,
1979).
Les détergents (tensio-actifs) s’accumulent dans le sédiment, contaminant les racines,
les rhizomes et les feuilles (Pérès et Picard, 1975). Augier et al. (1984) ont montré
que leur présence à de faibles concentrations peut favoriser la photosynthèse mais qu’à
de plus importantes concentrations, une diminution significative du métabolisme
par blocage de la photosynthèse est observée chez la Posidonie ainsi que des altérations
morphologiques et histologiques des tissus foliaires.
Précédent

Contribution à l\'étude de l\'impact de la pollution chimique sur l\'herbier à Posidonie dans la baie de Bou-Ismaîl - 24/129

Suivant