Chapitre 1
Généralités
13
Les nutriments déterminent la prolifération des épiphytes des feuilles de P. oceanica,
ce qui a pour conséquence la réduction de la croissance des feuilles, puis la diminution
de la densité des faisceaux de feuilles (Pergent et Pergent-Martini, 1995 ; Pergent-Martini
et al., 1996).
Le mercure est absorbé par le système racinaire et les études réalisées en laboratoire
confirment que la teneur de P. oceanica en mercure est corrélée à sa concentration dans
le sédiment (Cristiani, 1980). L’accumulation du mercure dans les tissus foliaires détermine
de graves désordres physiologiques chez la plante, allant jusqu’à des nécroses cellulaires
et l’arrêt de la croissance des feuilles.
De plus, les différentes formes de mercure rejetées par l’homme dans les eaux littorales
sont transformées par les bactéries anaérobies contenues dans les sédiments
en méthylmercure très stable et fort toxique qui s’accumule dans la posidonie contaminée
pour se retrouver après dans le système nerveux des vertébrés. Ces derniers, en tant que
ressources naturelles vivantes, sont consommés par l’homme ! Mais contaminés, ces fruits de
mer posent un véritable problème de santé. Rappelons la maladie de Minamata,
au Japon, qui a donné la première alerte mondiale contre les résidus à base de mercure
déversés dans les mers : entre 1950 et 1960, de nombreux pêcheurs d’un village de l’île
de Kyushu ont été victimes des sels de mercure concentrés dans le poisson qu’ils ont pêchés
et consommés. Fait qui pourrait facilement se produire dans notre pays (en Algérie)
si aucune étude de surveillance n’est faite et la méconnaissance des écosystèmes marins
persiste.
En plus d’une bonne résistance à la contamination métallique par sa persistance
au voisinage de sources importantes, la capacité de P. oceanica à accumuler des quantités
élevées de métaux lourds, proportionnelles aux teneurs présentes dans le milieu (Augier, 1985
; Capiomont et al., 2000 ; Pergent Martini et Pergent, 2000 ; Baroli et al., 2001),
en particulier dans ses feuilles et ses rhizomes (Baroli et al., 2001), fait de cette espèce
un bioindicateur intéressant (Boudouresque et al., 2006) capable de mémoriser, au sein
de ses tissus, les teneurs anciennes qui alliées aux possibilités de datation offerte
par la lépidochronologie, ouvrent des perspectives uniques dans le suivi au cours du temps de
la pollution (Calmet et al., 1988, 1991 ; Carlotti et al., 1992 ; Pergent-Martini, 1998 ; Pergent
et Pergent et Pergent-Martini, 1999) et permettant ainsi de disposer de véritables archives
biologiques à même de nous renseigner sur l’évolution temporelle d’une pollution.
1.8.2. La turbidité : la diminution de la transparence de l'eau, sous l'effet de la turbidité
ou de l'eutrophisation et du développement du plancton qui en résulte, réduit la quantité
de lumière en profondeur. La limite inférieure de l'herbier remonte alors (Boudouresque,
2003) ;
1.8.3. Les arts traînants : l’utilisation des arts traînants constitue la principale menace
directe sur les herbiers. En effet, bien que la législation algérienne interdise l’utilisation
de ces engins sur les fonds de moins de 50m ou à proximité des côtes, ils n’en restent
pas moins utilisés (Boumaza, 2003) ;
1.8.4. Les aménagements : le recouvrement par les aménagements littoraux
et la modification des flux sédimentaires (exploitation des sables ou aménagement littoral)
sont d’importantes menaces sur l’herbier ;
Généralités
13
Les nutriments déterminent la prolifération des épiphytes des feuilles de P. oceanica,
ce qui a pour conséquence la réduction de la croissance des feuilles, puis la diminution
de la densité des faisceaux de feuilles (Pergent et Pergent-Martini, 1995 ; Pergent-Martini
et al., 1996).
Le mercure est absorbé par le système racinaire et les études réalisées en laboratoire
confirment que la teneur de P. oceanica en mercure est corrélée à sa concentration dans
le sédiment (Cristiani, 1980). L’accumulation du mercure dans les tissus foliaires détermine
de graves désordres physiologiques chez la plante, allant jusqu’à des nécroses cellulaires
et l’arrêt de la croissance des feuilles.
De plus, les différentes formes de mercure rejetées par l’homme dans les eaux littorales
sont transformées par les bactéries anaérobies contenues dans les sédiments
en méthylmercure très stable et fort toxique qui s’accumule dans la posidonie contaminée
pour se retrouver après dans le système nerveux des vertébrés. Ces derniers, en tant que
ressources naturelles vivantes, sont consommés par l’homme ! Mais contaminés, ces fruits de
mer posent un véritable problème de santé. Rappelons la maladie de Minamata,
au Japon, qui a donné la première alerte mondiale contre les résidus à base de mercure
déversés dans les mers : entre 1950 et 1960, de nombreux pêcheurs d’un village de l’île
de Kyushu ont été victimes des sels de mercure concentrés dans le poisson qu’ils ont pêchés
et consommés. Fait qui pourrait facilement se produire dans notre pays (en Algérie)
si aucune étude de surveillance n’est faite et la méconnaissance des écosystèmes marins
persiste.
En plus d’une bonne résistance à la contamination métallique par sa persistance
au voisinage de sources importantes, la capacité de P. oceanica à accumuler des quantités
élevées de métaux lourds, proportionnelles aux teneurs présentes dans le milieu (Augier, 1985
; Capiomont et al., 2000 ; Pergent Martini et Pergent, 2000 ; Baroli et al., 2001),
en particulier dans ses feuilles et ses rhizomes (Baroli et al., 2001), fait de cette espèce
un bioindicateur intéressant (Boudouresque et al., 2006) capable de mémoriser, au sein
de ses tissus, les teneurs anciennes qui alliées aux possibilités de datation offerte
par la lépidochronologie, ouvrent des perspectives uniques dans le suivi au cours du temps de
la pollution (Calmet et al., 1988, 1991 ; Carlotti et al., 1992 ; Pergent-Martini, 1998 ; Pergent
et Pergent et Pergent-Martini, 1999) et permettant ainsi de disposer de véritables archives
biologiques à même de nous renseigner sur l’évolution temporelle d’une pollution.
1.8.2. La turbidité : la diminution de la transparence de l'eau, sous l'effet de la turbidité
ou de l'eutrophisation et du développement du plancton qui en résulte, réduit la quantité
de lumière en profondeur. La limite inférieure de l'herbier remonte alors (Boudouresque,
2003) ;
1.8.3. Les arts traînants : l’utilisation des arts traînants constitue la principale menace
directe sur les herbiers. En effet, bien que la législation algérienne interdise l’utilisation
de ces engins sur les fonds de moins de 50m ou à proximité des côtes, ils n’en restent
pas moins utilisés (Boumaza, 2003) ;
1.8.4. Les aménagements : le recouvrement par les aménagements littoraux
et la modification des flux sédimentaires (exploitation des sables ou aménagement littoral)
sont d’importantes menaces sur l’herbier ;
