Les peuplements ichtyologiques des fonds chalutables du secteur oriental de la côte algérienne
Wahid REFES
75
En Atlantique, Raja (Leucoraja) naevus et Raja (Dipterus) oxyrinchus sont en voie
d’extinction (Casey & Myers, 1998 ; Dulvy et al., 2000). Tandis qu’en Mer du Nord, Raja
clavata a vu son abondance et sa taille moyenne diminuées considérablement (Walker &
Heessen, 1996). Echinorhinus brucus et Squatina squatina sont considérées comme menacées
de disparition sur les côtes françaises de l’Atlantique par Bruslé & Quignard (2004).
On note, que ce phénomène affecte l’ensemble des élasmobranches même les espèces qui ont
une faible importance sur le plan économique, car ils atteignent pour la plupart une grande
taille avec une maturité sexuelle tardive, un cycle de reproduction long et une fécondité peu
élevée. Les stocks se renouvellent difficilement et par là-même sont rapidement épuisés
(Capapé et al., 2000).
Les observations réalisées sur les fonds chalutables du secteur oriental algérien confirment
cette tendance, où la majorité des Chondrichthyes sont considérés comme très rares
(Centrophorus uyato ; Dasyatis centroura ; Echinorhinus brucus ; Gymnura altavela ;
Heptranchias perlo ; Hexanchus griseus ; Mustelus punctulatus ; Oxynotus centrina ;
Pteromylaeus bovinus ; Raja (Rostrorja) alba ; Raja (Leucoraja) fullonica ; Raja montagui ;
Raja radula ; Rhinobatos rhinobatos ; Scyliorhinus stellaris ; Squatina oculata ; Squatina
squatina) par leur fréquence de capture.
Chez les Osteichthyes, on met en évidence la présence de 122 espèces très rares, dont 35
espèces (Acantholabrus palloni ; Anthias anthias ; Apogon imberbis ; Centracanthus cirrus ;
Chromis chromis ; Ctenolabrus rupestris ; Dentex dentex ; Dentex macrophthalmus ;
Diplodus cervinus cervinus ; Diplodus puntazzo ; Diplodus sargus sargus ; Epinephelus
costae ; Epinephelus marginatus ; Eutrigla gurnardus ; Gaidropsarus mediterraneus ;
Gobius paganellus ; Gymnothorax unicolor ; Hippocampus ramulosus ; Labrus bimaculatus ;
Labrus viridis ; Lappanella fasciata ; Muraena helena ; Oblada melanura ; Pagellus bellottii
bellottii ; Pagrus caeruleostictus ; Parablennius gattorugine ; Parablennius sanguinolentus ;
Phycis phycis ; Polyprion americanus ; Pomadasys incisus ; Sarpa salpa ; Scorpaena
porcus ; Serranus scriba ; Symphodus cinereus cinereus ; Symphodus mediterraneus) ont un
habitat rocheux ou des herbiers. D’autres espèces ont plutôt un habitat pélagique
(Argyrosomus regius ; Centrolophus niger ; Cheilopogon heterurus ; Cubiceps gracilis ;
Diaphus metopoclampus ; Electrona rissoi ; Mola mola ; Myctophum punctatum ; Nansenia
oblita ; Scomber japonicus ; Symbolophorus veranyi).
Sur le cortège des espèces très rares recensées, Whitehead et al. (1984-1986) classent,
uniquement, Solea senegalensis comme espèce rare pour la Méditerranée (Quéro et al., 19841986). Les hippocampes (Hippocampus ramulosus) et les mérous (Epinephelus caninus ;
Epinephelus costae ; Epinephelus marginatus ; Polyprion americanus) ont été observés
rarement dans la présente étude, ils sont considérés comme très menacés et sont victimes de la
pêche et de la dégradation de leurs habitats naturels.
Raulin-Cerceau (1993) explique que la disparition et la rareté actuelle de certaines espèces ne
sont pas dues uniquement à la surexploitation des ressources par la pêche, mais aussi, à la
dégradation de la qualité des milieux aquatiques. Roberts (1999) énumère une multitude de
facteurs pouvant causer cette modification et altération de la biodiversité ichtyologique :
- des modifications climatiques provoquant des changements faunistiques ;
- l’introduction d’espèces marines ;
- une surexploitation et des pratiques de pêche néfaste ;
Wahid REFES
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En Atlantique, Raja (Leucoraja) naevus et Raja (Dipterus) oxyrinchus sont en voie
d’extinction (Casey & Myers, 1998 ; Dulvy et al., 2000). Tandis qu’en Mer du Nord, Raja
clavata a vu son abondance et sa taille moyenne diminuées considérablement (Walker &
Heessen, 1996). Echinorhinus brucus et Squatina squatina sont considérées comme menacées
de disparition sur les côtes françaises de l’Atlantique par Bruslé & Quignard (2004).
On note, que ce phénomène affecte l’ensemble des élasmobranches même les espèces qui ont
une faible importance sur le plan économique, car ils atteignent pour la plupart une grande
taille avec une maturité sexuelle tardive, un cycle de reproduction long et une fécondité peu
élevée. Les stocks se renouvellent difficilement et par là-même sont rapidement épuisés
(Capapé et al., 2000).
Les observations réalisées sur les fonds chalutables du secteur oriental algérien confirment
cette tendance, où la majorité des Chondrichthyes sont considérés comme très rares
(Centrophorus uyato ; Dasyatis centroura ; Echinorhinus brucus ; Gymnura altavela ;
Heptranchias perlo ; Hexanchus griseus ; Mustelus punctulatus ; Oxynotus centrina ;
Pteromylaeus bovinus ; Raja (Rostrorja) alba ; Raja (Leucoraja) fullonica ; Raja montagui ;
Raja radula ; Rhinobatos rhinobatos ; Scyliorhinus stellaris ; Squatina oculata ; Squatina
squatina) par leur fréquence de capture.
Chez les Osteichthyes, on met en évidence la présence de 122 espèces très rares, dont 35
espèces (Acantholabrus palloni ; Anthias anthias ; Apogon imberbis ; Centracanthus cirrus ;
Chromis chromis ; Ctenolabrus rupestris ; Dentex dentex ; Dentex macrophthalmus ;
Diplodus cervinus cervinus ; Diplodus puntazzo ; Diplodus sargus sargus ; Epinephelus
costae ; Epinephelus marginatus ; Eutrigla gurnardus ; Gaidropsarus mediterraneus ;
Gobius paganellus ; Gymnothorax unicolor ; Hippocampus ramulosus ; Labrus bimaculatus ;
Labrus viridis ; Lappanella fasciata ; Muraena helena ; Oblada melanura ; Pagellus bellottii
bellottii ; Pagrus caeruleostictus ; Parablennius gattorugine ; Parablennius sanguinolentus ;
Phycis phycis ; Polyprion americanus ; Pomadasys incisus ; Sarpa salpa ; Scorpaena
porcus ; Serranus scriba ; Symphodus cinereus cinereus ; Symphodus mediterraneus) ont un
habitat rocheux ou des herbiers. D’autres espèces ont plutôt un habitat pélagique
(Argyrosomus regius ; Centrolophus niger ; Cheilopogon heterurus ; Cubiceps gracilis ;
Diaphus metopoclampus ; Electrona rissoi ; Mola mola ; Myctophum punctatum ; Nansenia
oblita ; Scomber japonicus ; Symbolophorus veranyi).
Sur le cortège des espèces très rares recensées, Whitehead et al. (1984-1986) classent,
uniquement, Solea senegalensis comme espèce rare pour la Méditerranée (Quéro et al., 19841986). Les hippocampes (Hippocampus ramulosus) et les mérous (Epinephelus caninus ;
Epinephelus costae ; Epinephelus marginatus ; Polyprion americanus) ont été observés
rarement dans la présente étude, ils sont considérés comme très menacés et sont victimes de la
pêche et de la dégradation de leurs habitats naturels.
Raulin-Cerceau (1993) explique que la disparition et la rareté actuelle de certaines espèces ne
sont pas dues uniquement à la surexploitation des ressources par la pêche, mais aussi, à la
dégradation de la qualité des milieux aquatiques. Roberts (1999) énumère une multitude de
facteurs pouvant causer cette modification et altération de la biodiversité ichtyologique :
- des modifications climatiques provoquant des changements faunistiques ;
- l’introduction d’espèces marines ;
- une surexploitation et des pratiques de pêche néfaste ;
