Les peuplements ichtyologiques des fonds chalutables du secteur oriental de la côte algérienne
Wahid REFES
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fossés d’accumulation. Il en résulte des biotopes assez différents les uns et des autres sans
barrières naturelles difficiles à franchir pour les formes sédentaires, d’où la capture sur les
fonds chalutables de poissons de zones rocheuses et d’herbiers à Posidonies (Posidonia
oceanica).
La comparaison d’anciens travaux (Le Danois, 1924 ; Maurin, 1968 ; ISTPM, 1982) et
d’études plus récentes (Massuti et al., 2003 et 2004 a. ; présente étude) permet de noter
l’absence (Raja fullonica) et une raréfaction (Rhinabatos rhinobatos ; Squatina oculata ;
Squatina squatina) de certaines espèces de Chondrichthyes dans le secteur oriental algérien. Il
est probable que certaines espèces rares soient passées sous un « seuil de détection », qui peut
s’expliquer par une altération de l’habitat.
Raja fullonica a été signalée la première fois dans la baie de Jijel par Le Danois (1924) sur
des fonds vaseux par 65 mètres de profondeur. Dieuzeide et al. (1953) la considère comme
très rare sur la côte algérienne colonisant les grands fonds chalutables au-delà des 500 mètres
de profondeur. Maurin (1970) considère sa présence sur la côte algérienne comme
accidentelle. Par la suite et sur la base des travaux de Hemida et al. (2000) et Refes (2006),
elle n’a jamais plus été signalée sur la côte algérienne. A – t – elle disparue définitivement de
la côte algérienne ? Des investigations poussées sur les fonds chalutables et accidentés
pourront répondre à cette interrogation. Actuellement, cette espèce démersale, des eaux
côtières relativement froides sur des fonds compris entre 30 et 600 mètres avec des
concentrations élevées à 200 mètres, est encore signalée en Atlantique oriental des Iles
Britanniques à Madère et en Méditerranée occidentale (Stehmann & Bürkel, 1984-1986 ;
Bauchot, 1987 c ; Fredj & Maurin, 1987 ; Quéro & Vayne, 1997 ; Mercader et al., 2003).
Par contre, Hemida (2005) signale pour la première fois Raja africana et Raja undulata sur
les côtes algériennes, où il observe respectivement 3 individus de 30 à 40 cm et 2 individus de
41 et 77 cm de longueur totale au niveau de la pêcherie d’Alger. La littérature considère Raja
africana et Raja undulata respectivement comme :
- très rare, elle vit entre 50 et 400 mètres de profondeur (Bouchot, 1987 c.), elle a été
signalée uniquement sur les côtes tunisiennes et les côtes mauritaniennes (Capapé,
1977 a.; Stehmann & Bürkel, 1984-1986 ; Bouchot, 1987 c.) ;
- rare, elle est localisée en Atlantique oriental de l’Irlande à la Mauritanie, ainsi qu’en
Méditerranée, elle fréquente les fonds meubles côtiers ou du large de 10 à 300
mètres de profondeur (Collignon & Aloncle, 1972 ; Stehmann & Bürkel, 19841986 ; Bauchot, 1987 c.).
En Méditerranée, Aldebert (1997) indique que la baisse de l’abondance des élasmobranches
dans le golfe du Lion est liée directement au développement de la pêcherie chalutière ; où on
met en évidence un déclin des indices d’abondance de Raja clavata avec une réduction de son
aire de distribution (Bertrand et al., 1998). Capapé et al. (2000) signalent le même phénomène
sur la côte du Languedoc, où l’ange de mer (Squatina squatina) autrefois relativement
commun semble avoir totalement disparu des débarquements, ils observent dans la même
zone d’étude des espèces communes (Galeus melastomus), assez communes (Etmopterus
spinax ; Mustelus mustelus ; Oxynotus centrina ; Squalus acanthias), rares (Centrophorus
granulosus ; Hexanchus griseus ; Mustelus asterias ; Scyliorhinus stellaris ; Squalus
blainvillei) et très rares (Dalatias licha ; Echinorhinus brucus ; Scyliorhinus canicula ;
Squatina squatina).
Wahid REFES
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fossés d’accumulation. Il en résulte des biotopes assez différents les uns et des autres sans
barrières naturelles difficiles à franchir pour les formes sédentaires, d’où la capture sur les
fonds chalutables de poissons de zones rocheuses et d’herbiers à Posidonies (Posidonia
oceanica).
La comparaison d’anciens travaux (Le Danois, 1924 ; Maurin, 1968 ; ISTPM, 1982) et
d’études plus récentes (Massuti et al., 2003 et 2004 a. ; présente étude) permet de noter
l’absence (Raja fullonica) et une raréfaction (Rhinabatos rhinobatos ; Squatina oculata ;
Squatina squatina) de certaines espèces de Chondrichthyes dans le secteur oriental algérien. Il
est probable que certaines espèces rares soient passées sous un « seuil de détection », qui peut
s’expliquer par une altération de l’habitat.
Raja fullonica a été signalée la première fois dans la baie de Jijel par Le Danois (1924) sur
des fonds vaseux par 65 mètres de profondeur. Dieuzeide et al. (1953) la considère comme
très rare sur la côte algérienne colonisant les grands fonds chalutables au-delà des 500 mètres
de profondeur. Maurin (1970) considère sa présence sur la côte algérienne comme
accidentelle. Par la suite et sur la base des travaux de Hemida et al. (2000) et Refes (2006),
elle n’a jamais plus été signalée sur la côte algérienne. A – t – elle disparue définitivement de
la côte algérienne ? Des investigations poussées sur les fonds chalutables et accidentés
pourront répondre à cette interrogation. Actuellement, cette espèce démersale, des eaux
côtières relativement froides sur des fonds compris entre 30 et 600 mètres avec des
concentrations élevées à 200 mètres, est encore signalée en Atlantique oriental des Iles
Britanniques à Madère et en Méditerranée occidentale (Stehmann & Bürkel, 1984-1986 ;
Bauchot, 1987 c ; Fredj & Maurin, 1987 ; Quéro & Vayne, 1997 ; Mercader et al., 2003).
Par contre, Hemida (2005) signale pour la première fois Raja africana et Raja undulata sur
les côtes algériennes, où il observe respectivement 3 individus de 30 à 40 cm et 2 individus de
41 et 77 cm de longueur totale au niveau de la pêcherie d’Alger. La littérature considère Raja
africana et Raja undulata respectivement comme :
- très rare, elle vit entre 50 et 400 mètres de profondeur (Bouchot, 1987 c.), elle a été
signalée uniquement sur les côtes tunisiennes et les côtes mauritaniennes (Capapé,
1977 a.; Stehmann & Bürkel, 1984-1986 ; Bouchot, 1987 c.) ;
- rare, elle est localisée en Atlantique oriental de l’Irlande à la Mauritanie, ainsi qu’en
Méditerranée, elle fréquente les fonds meubles côtiers ou du large de 10 à 300
mètres de profondeur (Collignon & Aloncle, 1972 ; Stehmann & Bürkel, 19841986 ; Bauchot, 1987 c.).
En Méditerranée, Aldebert (1997) indique que la baisse de l’abondance des élasmobranches
dans le golfe du Lion est liée directement au développement de la pêcherie chalutière ; où on
met en évidence un déclin des indices d’abondance de Raja clavata avec une réduction de son
aire de distribution (Bertrand et al., 1998). Capapé et al. (2000) signalent le même phénomène
sur la côte du Languedoc, où l’ange de mer (Squatina squatina) autrefois relativement
commun semble avoir totalement disparu des débarquements, ils observent dans la même
zone d’étude des espèces communes (Galeus melastomus), assez communes (Etmopterus
spinax ; Mustelus mustelus ; Oxynotus centrina ; Squalus acanthias), rares (Centrophorus
granulosus ; Hexanchus griseus ; Mustelus asterias ; Scyliorhinus stellaris ; Squalus
blainvillei) et très rares (Dalatias licha ; Echinorhinus brucus ; Scyliorhinus canicula ;
Squatina squatina).
