Généralités
6
Au cours de la fraie, de grands bancs de poisson-chat mâles et femelles adultes se
concentrent au même endroit, dans des eaux d’une profondeur souvent moindre que 10 m,
en bordure de lacs ou d’eaux calmes. Le poisson-chat africain fraye sur une grande variété
de substrats, incluant des fibres de sisal, des feuilles de palmier et des pierres.
Durant la parade, qui peut durer plusieurs heures, la femelle du poisson-chat dépose ses
œufs par petits groupes. Le partenaire fertilise en même temps chaque groupe d’œufs en
lâchant un nuage de laitance au-dessus des œufs. En quelques secondes la femelle
disperse les œufs sur une grande surface en les agitant par des coups de queue ; les œufs
adhèrent finalement à la végétation submergée.
Après la fraie, le banc de poisson-chat retourne en eau plus profonde. Il n’y a pas de
protection parentale pour les œufs. Après quelques semaines le poisson-chat produit à
nouveau un groupe d’œufs et se prépare à une nouvelle fraie.
Une seconde fraie sera provoquée par les pluies ou par une nouvelle crue. Plusieurs fraies
peuvent se succéder ainsi la même année. Les œufs éclosent après 24 à 36 heures, suivant
la température de l’eau. Les larves, appelées à ce stade larves vésiculées, se cachent dans
la végétation. Les alevins et les fingerlings de poisson-chat africain sont difficiles à
trouver dans la nature. C’est probablement dû à la forte mortalité des œufs et des larves.
Le pisciculteur préfère élever les œufs et les alevins en écloserie (Lacroix, 2004).
1.4.2. Reproduction en captivité
En captivité, le poisson-chat C. gariepinus ne réalise pas de ponte spontanée (sauf
quelques cas hasardeux) d’où l’utilisation de techniques artificielles de reproduction. Ces
techniques impliquent l’usage ou non d’hormones naturelles ou synthétiques favorisant la
maturation finale (Imorou Toko, 2007).
ƒ Reproduction sans traitement hormonal
La reproduction des poissons-chats peut être obtenue en conditions semi-naturelles avec
des couples isolés dans des bassins de grand volume contenant des îlots de végétaux
aquatiques (Seka in Imorou Toko, 2007). En étang, Viveen et al. (in Imorou Toko,
2007) observent chez les Clariidae, notamment Clarias gariepinus, le processus de frai
en simulant la crue. Dans tous les cas, les résultats paraissent aléatoires et conduisent à
de grandes pertes d’œufs, d’où l’utilisation des méthodes hormonales d’induction de la
maturation ovocytaire finale et de l’ovulation.
Précédent

Expérémentation sur la reproduction artificielle du poisson-chat africain clarias gariepinus (bruchell, 1822) - 12/66

Suivant