Etude de l'Acidification et de l'Oxygénation de la côte Algéroise : Eté 2014
| Généralités
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ont une forte valeur culturelle pour de nombreuses sociétés humaines et sont très attractives
pour le développement d‘activités récréatives.
Actuellement, environ 60% de la population mondiale de la planète vit à moins de 100 km des
côtes (Vitousek et al., 1997). A titre d’exemple, en Europe, le nombre d’habitants vivant à
moins de 50 km des côtes a été estimé à environ 200 millions (Airoldi, et al., 2007).
Les estimations futures laissent présager que d’ici 2025, 75% de cette population vivra à
proximité des côtes en réponse aux augmentations constantes (1) de la croissance
démographique, (2) du fort taux de migration de la population humaine vers ces zones
côtières plus riches et productives, (3) du développement croissant du tourisme, ainsi que (4)
de l’intensification des activités anthropiques (Crowell, et al., 2007; Airoldi, et al., 2007)).
1.2 Les pressions anthropiques sur les écosystèmes côtiers
De par leur caractère attractif pour les populations humaines, les écosystèmes côtiers ont
ainsi été soumis depuis longtemps à des dégradations d’origine anthropique.
Les principaux effets néfastes actuels de l’anthropisation sur les écosystèmes marins côtiers
incluent ainsi la destruction ou la modification des usages des habitats benthiques, la
dégradation de la qualité des eaux, la surexploitation des ressources marines et l’introduction
d’espèces invasives. Toutefois, il est important de souligner que ces diverses perturbations
varient fortement en fonction du degré d’anthropisation auquel l’écosystème est soumis,
sachant que des perturbations de faible intensité peuvent avoir un effet ‘bénéfique’ pour
l’écosystème.(‘intermediate disturbance hypothesis’, Connell 1978). Dans le cadre de ce
paragraphe, nous insisterons au contraire sur les perturbations de moyennes à fortes intensité.
Bien que peu documentée en zones côtières en comparaison à des connaissances acquises en
domaine continental, la destruction des habitats apparaît tout à fait spectaculaire pour certains
habitats remarquables en zones côtières (Airoldi, et al., 2007). A titre d’exemple, ces mêmes
auteurs citent que plus de 22 000 km
2 d’habitats côtiers européens ont été détruits au cours du
temps alors que les surfaces artificielles ont augmenté d’environ 1 900 km
2 au cours du seul
20ème siècle. En Grande Bretagne, la mise en valeur de terres à des fins agricoles a touché au
moins 85% des estuaires depuis l’époque romaine, ces estuaires ayant perdu entre 25 et plus
de 80% de leurs zones intertidales ; ces milieux estuariens continuent de perdre aujourd’hui
des surfaces à un taux de 0,2 à 0,7% par an, même lorsque ceux-ci font l’objet de mesures de
protection reconnues au niveau international.
La pêche a provoqué de fortes diminutions des stocks pour de nombreuses espèces, voire dans
les cas les plus extrêmes, l’effondrement total de ces espèces à fort intérêt commercial (Worm
et al., 2006) et/ou à fort intérêt fonctionnel et structurel (Tegner et al., 1996). Parallèlement
aux effets directs de la pêche sur les ressources exploitées, cette activité a également engendré
de profonds changements dans la structure et le fonctionnement des réseaux trophiques
pélagiques par l’élimination des prédateurs supérieurs (Pauly et al., 1998, Lynam et al., 2006).
D’autre part, les engins de pêche utilisés, en particulier les engins traînants (ex : la drague, le
chalut à perche) sont également responsables d’importantes dégradations du milieu (i.e.
modification morphosédimentaire), ainsi que des communautés benthiques associées en terme
de structure et de fonctionnalité (Currie & Parry, 1996 ; Callaway, Engelhard, Dann, Cotter,
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