V. Interprétation
D’après la figure 52, la baie d’Alger est soumise à diverses sources et formes d’agressions.
Elle est affectée par quatre problèmes environnementaux majeurs : l’urbanisation doublée
d’un caractère anarchique ; la pollution marine sous ses diverses manifestations (chimiques,
physique, organique et microbiologique) ; l’érosion côtière et la disparition des cordons
dunaires ; la déficience du système d’épuration des eaux et la mauvaise gestion des sites
culturels côtiers.
Les conséquences sur le milieu et ses ressources sont nombreuses, et par certains aspects
irréversibles, sinon nécessiteront des efforts soutenus pour restaurer des situations déjà
largement compromises. Parmi les répercussions les plus négatives, il y’a lieu de noter la
dégradation et la dénaturation des écosystèmes en général et des habitats spécifiques et
remarquable en particulier (aires de ponte, zone de pêche , pôles de biodiversité……), la
raréfaction des espèces les plus fragiles et les plus vulnérables, la prolifération d’espèces
résistantes à l’enrichissement du milieu en matière organique au détriment d’espèces pivots
dans le fonctionnement de l’écosystèmes marin côtier algérois , la perte de la productivité et ,
enfin la perturbation des processus biologiques et la chute de certains stocks halieutiques.
Ces effets ne manquent pas d’incidences socio économiques notamment sur les activités de
tourisme balnéaire, la pêche et l’activité aquacole, les loisirs et recréation.
Dans le but d’infléchir ces tendances lourdes vers une situation durable des actions doivent
être envisagées en matière :
• Epuration des eaux usées
Le rejet des eaux usées est un phénomène qui connaît une forte ampleur sur notre littorale, la
pollution de la baie d’Alger résulte en premier lieu aux déversements directs ou indirects des
eaux non traitées, et pour maître fin à ce phénomène l’épuration des eaux usées est une
obligation qui doit être pris en compte.
• Protection des sites naturels sensibles
La conservation et la gestion des aires et sites naturels sensibles nécessitent la mobilisation
des moyens matériels, institutionnels, réglementaires et humains. Dans ce type d’opérations,
la sensibilisation et la participation active des ONG et des citoyens en général sont aussi à
encourager.
• Programme d’habitat
La construction de logements engage plusieurs partenaires : l’État, les institutions
financières, les maîtres d’oeuvre, les entreprises de réalisation, les associations, les citoyens,
etc. Le programme retenu pour l’urbanisation des piémonts et du sahel, ainsi que pour les
villes nouvelles est stratégique pour la durabilité du développement de la zone côtière. Il
nécessite donc la mise en place d’une structure de coordination, de synchronisation et de
suivi, fondé de pouvoir réel de décision.
• Défense et protection de littorale sableux
Le problème de la protection des plages est d’abord une affaire de l’administration centrale à
qui incombe la responsabilité de mettre au point une politique opérationnelle en matière de
protection du littoral sableux (plages et dunes). Le problème essentiel étant l’extraction
abusive de sable, à sa charge de promouvoir une stratégie de substitution à ce matériau. Pour
les plages et les dunes littorales, l’institution d’une « police de l’environnement » est
incontournable (CEESM, 2002).
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