3
Les Serranidae forment une famille importante de poissons appartenant à l'ordre des Perciformes.
Cette famille très diversifiée comprend 450 espèces réparties sur 65 genres (Nelson, 2006). Ils
présentent une grande diversité biologique et une grande importance sur le plan commercial dans
le monde. En Méditerranée, 6 genres et 14 espèces de Serranidae ont été enregistrés (Fischer et al.,
1987) avec des espèces de différentes tailles qui vont de quelques centimètres (serrans, barbierhirondelle et barbier-perroquet) à plus de 2 m ( mérous, badèches et cerniers).
Les serrans, petits Serranidae du genre Serranus, occupent des fonds sableux et rocheux et
des herbiers à posidonie à des profondeurs comprises entre 0 et 100 m, excepté pour S. scriba et
S. hepatus qui peuvent se trouver jusqu’à 200 m (Fischer et al., 1987). En Atlantique S. cabrilla
peut atteindre des profondeurs de l’ordre de 500m (Carpenter et De Angelis, 2016). Quatre espèces
sont signalées en Méditerranée (Fischer et al., 1987) et dans le bassin algérien (Dieuzeide et al.,
1959) : Serranus atricauda, Serranus cabrilla, Serranus hepatus et Serranus scriba. Selon les clés
de détermination seules trois espèces ont été observées dans le présent travail : S. cabrilla, S.
hepatus et S. scriba. Cependant, certaines espèces présentent une variabilité morphologique
importante. Afin de lever le doute sur la présence probable d'une quatrième espèce (S. atricauda),
une étude systématique a été entreprise.
La majorité des données concernant Serranus sont relatives à l'océan Atlantique et à la
Méditerranée orientale. Peu de travaux sur les serrans ont été réalisés en Algérie ; on peut citer :
Rachedi et al. (2018) pour le régime alimentaire et Rachedi et Dahel (2019) pour la croissance
dans le golfe de Annaba.
L'objectif de cette thèse est une approche écosystémique des pêcheries artisanales dans la région
Centre. La pêche artisanale en Algérie (Sahi et Bouaicha, 2003) est exercée par des petites barques
d’une dimension allant de 3 à 9 m avec une puissance variant de 5 à 40 CV et d’un équipage de 2
à 8 pécheurs en fonction des engins à utiliser. Dans tous les cas les marées sont courtes (plusieurs
heures à une journée). Pour ce travail, la pêche artisanale est définie comme étant l’ensemble des
pêches commerciales côtières, dans la région considérée. Cette flotte est répartie dans les ports et
les abris de pêche, rendant difficile le suivi de cette activité.
Les données de la campagne Thalassa (ISTPM, 1982) signalent des fréquences et des abondances
élevées de S. cabrilla et de S. hepatus. Ce constat est toujours d’actualité. Quant à S. scriba, elle
est actuellement capturée en quantités importantes par les petits métiers.
Les données disponibles ont permis de réaliser une étude systémique qui aurait pu entièrement se
prévaloir d'écosystémique avec plus de moyens (données environnementales, trophiques, logiciel
ECOPATH,…..) et de temps.
Le présent travail comporte plusieurs parties : systématique, écologie, dynamique et exploitation
des petits serranidés de la région Centre de la côte algérienne.
Précédent

Approche écosystémique de la pêcherie artisanale de la baie de Bou Ismail : cas des serrans (Osteichthyens, Serranidae) - 21/211

Suivant