CHAPITRE Ⅲ : RÉSULTATS ET DISCUSSION
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Tableau 10 :Variation spatiale des dominances quantitatives (DRi %) des espèces sensibles à la pollution.
DRi %
GÉ
Espèce
Ain TagouraÏt Bou Ismaïl
LRE
Caulerpa racemosa
3,63
Centroceras clavulatum
1,60
PHIT Hypnea musciformis
0,18
20,20
SSB Pterocladiella capillacea
3,93
ISR
Ellisolandia elongate
0,14
RMM2 Ulva compressa Linné, 1753
2,70
En effet, Ulva lactuca a l'intérêt de permettre de déceler une pollution aussi naturelle que
d’origine humaine (BELLAN-SANTINI, 1969). Elle est largement utilisée comme
bioindicateur de la contamination métallique dans plusieurs parties du monde (HO, 1987 ;
BROWN et al., 1999 ; in KABRNE, 2012). Sa prolifération remarquable à Bou Ismaïl à côté
de l’espèce Hypnea musciformis (DRi=20,2%) - espèce préférant les eaux eutrophiques -,
pourrait être un signe d’un milieu perturbé par les émissaires urbains d’eaux usées
(GRAMULIN-BRIDA et al., 1967).
Diverses études ont montré qu’en général, des degrés importants de turbulence du milieu
pourraient réduire la compétition spécifique des communautés pionnières, et les rendre
vulnérables aux phénomènes d’invasions biologiques (BURKE & GRIME, 1996 ; DAVIS et
al., 2000 ; PRIEUR-RICHARD et al., 2000 ; in INCERA et al., 2009). Ce constat est vérifiéà
Bou Ismaïl, où l’algue invasive Caulerpa racemosa (DRi %=3,63) est recensée ; celle-ci semble
tolérer de forts gradients de pollution, puisqu’elle a été signalée au droit d’un émissaire urbain,
au niveau de Ain Benian (plage Ilôt), par KABRANE (2012). La menace potentielle de cette
algue invasive sur le peuplement macrophytique est avéré.
De même, la présence de Dictyopteris polypodioides - espèces préférant les eaux eutrophiques
-, pourrait être un signe d’un milieu perturbé par les effluents urbains (PERES et PICARD,
1964 ; GRAMULIN-BRIDA et al., 1967).
Corallina officinalis présente un pourcentage de recouvrement plus important à Bou Ismaïl
(23%), comparé à celui d’Ain Tagouraït (2%) ; il s’agit d’une espèce inféodée aux milieux
moyennement pollués. La valeur élevée des Corallinaceae, essentiellement en infralittoral,
démontre leur tolérance à la pollution, où elles recouvrent des étendues appréciables
(BELSHER et al., 1975).
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