CHAPITRE IV. DISCUSSIONS
168
Le réchauffement des eaux sous l’effet de la dominance des phases positives de l’Oscillation
Nord Atlantique (NAO
+ ) semble favorable au développement de ces organismes gélatineux
(Molinero et al., 2005; 2008; 2009). Des corrélations significatives ont reliées cette
composante climatique aux répartitions quantitatives des populations de A. tetragona, M.
atlantica, M. kochii, L. subtilis et R. velatum.
IV.5. Espèces méroplanctoniques et milieux proche-portuaires
Trois populations pullulantes (Obelia spp., L. blondina et E. brownei) ont été recensées au
niveau des aires proches portuaires de la baie d’Alger (4.1, 3.1 et 5.1). La première population
est commune et les deux dernières sont à apparitions sporadiques. Les abondances de ces
espèces méroplanctoniques y atteignent des niveaux exceptionnels (plus de 10 individus.m
-3 )
durant la saison estivale de l’année 2016. Leurs signalisations est sporadiques. Celles-ci
décrivent un bloom (Bouillon, 1995; Pagès et Orejas, 1999, Palma et al., 2007). Des blooms
similaires ont été signalés au sein de l’océan Atlantique (Genzano et al., 2008) et en
Méditerranée (Daly Yahia et al. 2003; Touzri et al., 2010). A proximité des côtes de la baie de
Tunis, lors de la saison estivale de l’année 1995, une prolifération des populations de Obelia
spp. au niveau de l’embouchure du lac de Tunis (Daly Yahia et al. 2003). Elle a été expliquée
par le caractère eutrophe des eaux (Touzri et al., 2010). Celui-ci pourrait expliquer les blooms
localisés au niveau des stations proches portuaires de la baie d’Alger. Cette dernière est
soumise à une forte pression anthropique et constitue le réceptacle de plusieurs sources de
pollutions organique et chimique (Bakalem, 1979; Samson-Kechacha, 1981; PNUE, 2005;
Rabehi et al., 2019). Ainsi, la pullulation des espèces méroplanctoniques telles que Obelia
spp., L. blondina et E. brownei est une réponse à la détérioration des écosystèmes côtiers
(Purcell et al., 2007; Boero et al., 2008; Pestorić et al., 2012).
Ces trois espèces sont à cycles de développement métagénétique. La production larvaire est
liée à la taille de la colonie et du nombre de gonothecae dans lesquels se forment les Méduses
(Genzano et al., 2008). A ce stade, le développement des hydroïdes est influencé par les
facteurs du milieu (Gili et Hughes, 1995).
Certaines espèces résistent à la mauvaise qualité de l’eau et aux polluants. Ils y stimulent la
croissance des polypes (Castellanos-Iglesias et al., 2018). La relation entre deux espèces de
genre Obelia (O. dicholoma, O. geniculata) et les contaminants organiques a été évoquée
Précédent

Peuplements de medusozoa des cots algeriennes : biodiversite,distribution quantitative et intractions au reseau trophique pelaique - 186/252

Suivant