PARTIE I : Généralités et concepts fondamentaux
16
L'ère moderne de l'évaluation des progrès a commencé à la fin des années 1940, lorsque les
systèmes de comptabilité nationale et le calcul annuel du Produit Intérieur Brut (BIP) ont été mis
en place. Ces mesures ont été conçues pour permettre aux gouvernements nationaux de suivre le
flux des marchandises et des services dans l'économie par le calcul du revenu national.
En 1987, la Commission mondiale sur l'environnement et le développement (Brundtland
Commission) a ajouté sa voix à l'appel en faveur de nouveaux moyens de mesurer les progrès qui
iraient au-delà des aspects économiques et rendraient compte d'un sens plus complet du bien-être
humain et écologique. Depuis, diverses communautés, des gouvernements, des entreprises, des
organismes internationaux et des organisations non gouvernementales se sont investis dans la
définition la mise en place de méthodes de suivi des performances et d'évaluation des progrès
réalisés en matière de développement durable (Hardi et al., 1997).
L'évaluation de la durabilité et les indicateurs de durabilité ont donc vocation à constituer des
outils d'aide à la décision. Mais la nature intrinsèquement holistique et multidimensionnelle du
développement durable, avec ses incertitudes et ses risques, rend son évaluation et sa mesure
complexes (Babcicky, 2013). Ce n'est donc pas un hasard si différents chercheurs parlent de
‘mesurer ce qui est immensurable’ (Bebbington et al., 2007 ; Babcicky, 2013), lorsqu’il est
question de l’évaluation de la durabilité.
Selon (Waas et al., 2014), l'évaluation de la durabilité est processus qui comporte plusieurs
objectifs, notamment :
● Contribuer à une meilleure compréhension de la durabilité et de son interprétation dans
son contexte ;
● Intégrer les questions de durabilité dans la prise de décision en identifiant et en évaluant
les impacts (passés et/ou futurs) sur la durabilité ;
● Promouvoir les objectifs de durabilité.
Les indicateurs de durabilité génèrent des informations pour les décideurs, dans l’objectif que les
décisions soient prises avec la meilleure connaissance disponible de ses impacts sur le ou les
aspects étudiés (Bebbington et al., 2007 ; Bond et al., 2012). Ils permettent aussi de rendre
accessible et palpable une problématique et de mieux sensibiliser les décideurs.
D'autre part, ils opérationnalisent le développement durable en donnant un sens au concept dans
un contexte socio-environnemental donné, notamment en alimentant le débat et la réflexion entre
les différents acteurs concernés (Bebbington et al., 2007). Les indicateurs servent également
d’outils pour organiser et structurer la participation des parties prenantes. Aussi, la mise en place
d’indicateurs est un processus d'apprentissage qui peut conduire à un changement dans les
connaissances, l'attitude et les points de vue des parties prenantes/décideurs concernées en
Précédent

La gestion intégrée de la zone côtière algéroise - 30/209

Suivant