variations spatiales des dépôts réels et se valident l'une l'autre (pour trois métaux, le cadmium, le
mercure et le plomb). Le dispositif français « mousses/métaux » a néanmoins l'avantage de permettre de
disposer de données de terrain observées sur un nombre très important de sites. Il contribue également
à l'identification de sources ponctuelles contaminantes, ce que ne permet pas l'approche par modélisation avec le niveau de résolution EMEP.
L‘évolution temporelle des dépôts estimés, en comparant les deux campagnes menées en 1996 et
2000, montre globalement une diminution des niveaux pour le cadmium et le plomb, et une augmenta—
tion pour le mercure et le zinc. Cependant, les tendances temporelles observées à l'échelle nationale ne
sont pas forcément semblables à celles observées à l'échelle régionale. C'est pourquoi l’hétérogénéité
spatiale du territoire est mieux soulignée par les cartes d'évolution temporelle des dépôts présentées
dans cet ouvrage, et dans lesquelles certaines régions sont caractérisées, soit par des zones d'améliora—
tion, de stabilité et/ou d’aggravation des dépôts.
À souligner que seuls les dépôts en mercure restent stables dans la plupart des régions françaises. Par
contre, pour le plomb la tendance générale est plutôt caractérisée par une amélioration et une stabilité
des dépôts, pour le zinc par une stabilité ou une aggravation des dépôts, notamment pour les régions
du grand quart nord-est de la France, et enfin pour le cadmium par un effet contrasté entre améliora—
tion, stabilité et aggravation.
L'observation d’une amélioration globale des niveaux de dépôt peut être le reflet d‘une baisse des
émissions dans l’air, en France comme dans le reste de l’Europe, réalisée notamment par certains secteurs
de l'industrie ou des transports (pour le plomb et le cadmium). Mais dans le cas du mercure, l'évolution
des niveaux de dépôt estimés par analyse de mousses ne semble pas refléter la diminution constatée
pour les émissions dans l’air. Et pour le zinc, l'augmentation des niveaux de dépôts estimés par analyse
de mousses serait probablement la conséquence de fortes émissions pendant la période considérée.
Certaines hypothèses formulées (augmentation du trafic, hausse ponctuelle d'activités industrielles,
apports transfrontières) concernant cette augmentation des niveaux de dépôts peuvent être proposées
mais aucune ne peut être validée, car on manque de données comparatives sur les dépôts en France.
En perspective à ces travaux, une nouvelle campagne de biosurveillance est prévue à l'échelle de
l'Europe en 2005. Les nouvelles données attendues devraient permettre à la France de conforter la
somme d'informations déjà importante sur les niveaux de dépôts métalliques en pollution de fond, sur
les tendances d'évolution, sur les zones préférentiellement exposées aux niveaux les plus élevés, ainsi
que sur l‘origine locale ou transfrontière des sources contaminantes. Enfin, la surveillance des dépôts à
moyen terme permet de suivre les effets des politiques mises en œuvre en matière de réduction des
émissions.
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