niveaux de retombées en métaux potentiellement élevés, qui pourraient être comparés aux connaissances sur les risques sanitaires. Les cartes de distribution spatiale des concentrations mesurées dans les
mousses donnent une information relative sur les niveaux de dépôts en France, et permettent de mieux
identifier les sites de contamination, qu'ils soient ponctuels ou regroupés sur des zones plus étendues
(régions). Globalement, certains éléments sont plutôt marqués soit par une origine terrigène, soit par
une origine anthropique de leurs dépôts.
Ainsi parmi les 10 métaux qui ont été plus particulièrement étudiés dans ce document, il est souvent
montré que les résultats en arsenic, chrome, fer, nickel et vanadium ont une origine terrigène non négligeable. Les dépôts « potentiellement élevés » sont généralement rencontrés en zone méditerranéenne
(Provence-Alpes—Côte—d'Azur, Languedoc—Roussillon, Corse), où la contamination peut être d'origine
locale, parla resuspension de poussières du sol en période sèche, ou transfrontière, due aux événements
sahariens fréquents dans cette zone. De fortes valeurs sont aussi trouvées dans des sites isolés, localisés
sur l’ensemble du territoire. La plupart de ces sites ne se trouvent pas à proximité de sources connues de
pollution, et les teneurs importantes résultent donc probablement d'une contamination liée au fond
géochimique du sol. Cependant, pour quelques cas, des sources locales d'origine industrielle sont identifiées, et la contamination est alors supposée issue d'activités anthropiques (des contaminations en
chrome, fer, nickel et vanadium sont observées près de la zone industrielle de l'étang de Berre). Enfin,
les cartes « percentiles » présentant le rapport de ces éléments sur l'aluminium permettent de mieux
mettre en évidence les contaminations d‘origine anthropique. Ainsi pour le chrome et le fer, ces cartes
révèlent plus particulièrement un grand quart nord-est de la France, qui est une partie du territoire bien
connue pour l'implantation des industries de la métallurgie du fer et de l'acier; et pour le nickel et le
vanadium un grand quart nord—ouest de la France, qui est une zone plutôt connue pour ses industries
du secteur de la pétrochimie.
‘
Par contre, les résultats en cadmium, cuivre, mercure, plomb et zinc révèlent plutôt une origine
anthropique des dépôts. Des sources de dépôts « potentiellement élevés » ont pu être identifiées sur
quelques sites, comme à proximité du complexe industriel de l'étang de Berre (Cu), à proximité d'une
usine de valorisation de batteries en Picardie (Cu, Pb, Hg), ou bien à proximité d‘une usine de production de chlore en Rhône-Alpes (Hg). Pour d'autres sites, une contamination d’origine agricole est
suspectée pour le cuivre (en régions Poitou—Charentes et PACA à proximité de vignes), ainsi que pour le
zinc (en régions Pays dela Loire et Limousin : épandage de lisier riche en zinc). Cependant, aucune source
de contamination n'a pu être identifiée précisément pour la majorité des sites isolés et dispersés sur le
territoire. Les régions de l'Île—de-France, le Nord-Pas—de-Calais, Rhône-Alpes, et la Picardie semblent être
les plus soumises à une contamination d’origine anthropique. il est probable que l'urbanisation et l’industrialisation relativement denses caractérisant ces régions à une échelle locale et régionale soient
responsables des niveaux « élevés >> observés pour certains éléments (notamment Cd, Pb et Hg). L'expo—
sition durable de ces régions à de forts niveaux de dépôts est confirmée par les indices de pollution
anthropique (percentile 95) calculés pour les deux campagnes nationales réalisées en 1996 et 2000. Ces
indices ont ainsi permis de mettre en lumière que, d’une campagne à l'autre, ce sont toujours les mêmes
zones du territoire qui sont exposées aux niveaux de dépôts les plus « forts » (dans ce cas, valeurs des
percentiles 80—100).
La méthode « mousse » utilisée dans le dispositif national mis en place depuis 1996, rappelons-le, ne
permet pas d'évaluer les dépôts réels en métaux ni les impacts observés sur les écosystèmes.
il S‘agit
d’une
méthode relative qui permet d'estimer les niveaux de dépôts en métaux sur l'ensemble du terri
torre et donne la possibilité de comparer les niveaux français à ceux observés dans les autres pays
européens. En effet, les « valeurs fortes » ou niveaux de dépôts « potentiellement élevés » trouvés en
France peuvent être nuancés au regard des résultats observés dans les autres pays européens. En géné'
ral, les « valeurs fortes » observées en France restent nettement inférieures aux valeurs maximales d85
autres pays en Europe
ou
peuvent être proches de celles observées dans les pays d’Europe du nord
connus POUf_ lei”
faible niveau global de contamination (As, Pb). Et pour finir sur les comparaisons,
il est
egalement
interessant de rappeler que les méthodes d'estimation des retombées en métaux parla
methode « mousse » ou par la modélisation EMEP sont assez complémentaires pour caractériser i€5
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ça?
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