{' LES TRÊSORS DES ABYSSES
I Quelle est l’intensité de la vie,
'
dans les grands fonds ?
En général la vitesse de ren0uvellement de la matière organique est faible en
grande profondeur. L’intensité des processus biologiques, comme la respiration, est
réduite si l’on compare des organismes abyssaux à des organismes côtiers voisins.
Les premières réponses nous vinrent du monde microbien, d’abord en com—
parant des incubations de milieux de culture placés sur le fond par 1830 mètres
'
de profondeur, aux mêmes milieux incubés en surface, en présence d’eau abys—
_
sale à la température de 4 °C. L’activité microbienne mesurée par la dégradation
de différents milieux est de 20 a 125 fois plus lente sur le fond qu’à la pression
atmosphérique!
Lors d‘une de nos campagnes, deux collègues
_
_
.
.
.
,
,
%
américains travaillant sur des microbes provenant
_.
_
'
—
de la plaine de Démérara à 4800 mètres mirent
'
=
:
en évidence une réaction inverse. Dans le cas d’un
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"
__
«
.
‘
faible enrichissement en matière organique, l’acti—
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_!
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vité
microbienne est augmentée par la pression et
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-
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est supérieure à celle constatée sur des cultures
.3
placées à la pression atmosphérique, dans les
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mêmes conditions. il existe donc des peuple—
.
‘
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':
.
-Ï
ments microbiens indigènes, adaptés aux faibles
i
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concentrations en matière organique, qui réagis—
‘
.
sent positivement à la pression hydrostatique.
:
*
:,”
'
-
On a mis aussi en lumière l’importance des peu—
_
V
,
,
plements microbiens qui vivent dans les tubes
'
'
digestifs des animaux profonds. Ces microbes,
‘
'
très diversifiés et beaucoup plus nombreux que
'
_
'
‘
ceux
trouvés dans les sédiments, métabolisent
matière organique qui est ingérée par l’animal (cas des holothuriesbu des équar—
ResPùomèÜe
risseurs, par exemple). Ces microbes se multiplient seulement lorsque" la matière
autonome permettant
_
_
_
_
_
_
de mesurer
organique est disponible, à l’inverse des bactéries du sédiment, qui sont adaptées
les échanges de gaz
à l’exploitation de faibles concentrations de matière organique. Le métabolisme
ÊÎËZÊÎÏïÊËUÏËŒ
global des communautés de fond
est estimé à l’aide de << respiromètres >>.
(: et appareil 01e
Ces appareils mesurent les échanges d’oxygène et de gaz carbonique à l‘interface
quatre votumes d'eau
eau—sédiment. A 1800 mètres de profondeur, ces échanges sont de deux ordres de
â1'înteïface
.
grandeur plus faibles qu’en zone littorale. Plus profondément, des mesures réalisées
sur la plaine abyssale de Démérara montrent que 85% des apports organiques
.
arrivant sur le fond sont consommés par la respiration, moins de 6 % sbnt enfouis
-
d‘une manière permanente dans le sédiment et seulement 9 % seraient utilisés
7 4
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I Quelle est l’intensité de la vie,
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dans les grands fonds ?
En général la vitesse de ren0uvellement de la matière organique est faible en
grande profondeur. L’intensité des processus biologiques, comme la respiration, est
réduite si l’on compare des organismes abyssaux à des organismes côtiers voisins.
Les premières réponses nous vinrent du monde microbien, d’abord en com—
parant des incubations de milieux de culture placés sur le fond par 1830 mètres
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de profondeur, aux mêmes milieux incubés en surface, en présence d’eau abys—
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sale à la température de 4 °C. L’activité microbienne mesurée par la dégradation
de différents milieux est de 20 a 125 fois plus lente sur le fond qu’à la pression
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Lors d‘une de nos campagnes, deux collègues
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à l’exploitation de faibles concentrations de matière organique. Le métabolisme
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est estimé à l’aide de << respiromètres >>.
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Ces appareils mesurent les échanges d’oxygène et de gaz carbonique à l‘interface
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eau—sédiment. A 1800 mètres de profondeur, ces échanges sont de deux ordres de
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sur la plaine abyssale de Démérara montrent que 85% des apports organiques
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