LES TRÊSORS DES ABYSSES
entier quant a leur mode de vie et leurs rapports à l’environnement. De plus, ces
engins de prélèvements avaient un comportement erratique sUr le fond, qui les
rendait peu fiables en matière de quantification de la faune.
Comme le remarquait avec malice Théodore Monod: << Imaginez ce que l’on pour—
rait savoir dela faune de France pour ne l’avoir explorée: 7. que d'un ballon; 2. a
travers une couche permanente et épaisse de nuages; 3. au moyen d’un grappin
et d’un panier à salage balancé à l’aveuglette au bout d’une ficelle. Ôu’aurait—on
péché, et encore avec de la chance, au bout de cinquante ans, ou d’un siècle même ?
Pas grand—chose, je le crains: un coq de clocher, quelques branches d’arbres, une
ou deux pommes de pin, une coiffe bretonne, un bébé alsacien, un soutien—gorge,
quelques coquilles d’huî tres [... ] une fort modeste anthologie.
Et a laquelle, faute
d’un verre à liqueur, de billet de banque, de mitraillette et de bulletin de vote, vont
manquer des éléments essentiels de notre civilisation. >>
il a fallu attendre 1932 pour qu’un naturaliste américain William Beebe, adepte
de la plongée en scaphandre à casque, entreprenne d’aller voir lui—même des orga—
nismes abyssaux vivants. Avec Otis Barton, un ingénieur de ses amis, il développa
une sphère de plongée habitable permettant l’observation en grande profondeur à
travers trois hublots de 80 centimètres de
de 7“centimètres d’épais—
seur. Cette nacelle de 1,45 mètre de diamètre et de plus de
était reliée à
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la surface par un câble porteur enroulé sur un treuil à vapeur du navire de sur—
face, un chalandremorqué, le Ready. Le 15 août 1934, Beebe et Barton atteignent
906 mètres de profondeur! << À il h i2, nous sommes immobilisés doucement à
3000 pieds, et je sais que c’est…/e dernier étage car le câble sur le tambour
_
'
treuil est presque complètement déroulé. Il y a» quelques jours a 2500 pieds, l’eau
extérieure nous était apparue plus noire que l’on pouvait l’imaginer, et bien main—
Ÿ
tenant, elle semble plus noire que noire. À partir d'aujourd’hui, je cohsidérerai les
nuits dans le monde d’en haut que comme des variations de crépuscule. Je ne
pourrai jamais plus utiliser le mot NOIR avec la même conviction. >> Cette courte
,
incursion dans les eaux profondes des Bermudes ouvrit l’ère de l’intervention de
l’homme dans les abysses, qui, quelques années après la
Seconde Êuerre mon—
diale, tñ3uva réellement sa voie avec les bathyscaphes, en se libérant de la surface.
Bien que la connaissance des abysses ait progressé depuis cette époque, grâce
en particulier aux déveldppements des technologies d’intervention sous—marine,
l’homme reste et restera toujburs un intrus a ces profondeurs.
n’avons exploré directement que qdelques millièmes de l’étendue des fonds marins,
.
et bien que nods avons tenté demieux-comprendre la vie desorganismes qui s’y
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.
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développent, la plupart des questions scientifiques deumeurent ouvertes. Nous nous
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sentons patailleursencore très désarmés face aux interrogations de la soCiété
.
concernant les ressources potentielles et les capacités que possède cet immense
»
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entier quant a leur mode de vie et leurs rapports à l’environnement. De plus, ces
engins de prélèvements avaient un comportement erratique sUr le fond, qui les
rendait peu fiables en matière de quantification de la faune.
Comme le remarquait avec malice Théodore Monod: << Imaginez ce que l’on pour—
rait savoir dela faune de France pour ne l’avoir explorée: 7. que d'un ballon; 2. a
travers une couche permanente et épaisse de nuages; 3. au moyen d’un grappin
et d’un panier à salage balancé à l’aveuglette au bout d’une ficelle. Ôu’aurait—on
péché, et encore avec de la chance, au bout de cinquante ans, ou d’un siècle même ?
Pas grand—chose, je le crains: un coq de clocher, quelques branches d’arbres, une
ou deux pommes de pin, une coiffe bretonne, un bébé alsacien, un soutien—gorge,
quelques coquilles d’huî tres [... ] une fort modeste anthologie.
Et a laquelle, faute
d’un verre à liqueur, de billet de banque, de mitraillette et de bulletin de vote, vont
manquer des éléments essentiels de notre civilisation. >>
il a fallu attendre 1932 pour qu’un naturaliste américain William Beebe, adepte
de la plongée en scaphandre à casque, entreprenne d’aller voir lui—même des orga—
nismes abyssaux vivants. Avec Otis Barton, un ingénieur de ses amis, il développa
une sphère de plongée habitable permettant l’observation en grande profondeur à
travers trois hublots de 80 centimètres de
de 7“centimètres d’épais—
seur. Cette nacelle de 1,45 mètre de diamètre et de plus de
était reliée à
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la surface par un câble porteur enroulé sur un treuil à vapeur du navire de sur—
face, un chalandremorqué, le Ready. Le 15 août 1934, Beebe et Barton atteignent
906 mètres de profondeur! << À il h i2, nous sommes immobilisés doucement à
3000 pieds, et je sais que c’est…/e dernier étage car le câble sur le tambour
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treuil est presque complètement déroulé. Il y a» quelques jours a 2500 pieds, l’eau
extérieure nous était apparue plus noire que l’on pouvait l’imaginer, et bien main—
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tenant, elle semble plus noire que noire. À partir d'aujourd’hui, je cohsidérerai les
nuits dans le monde d’en haut que comme des variations de crépuscule. Je ne
pourrai jamais plus utiliser le mot NOIR avec la même conviction. >> Cette courte
,
incursion dans les eaux profondes des Bermudes ouvrit l’ère de l’intervention de
l’homme dans les abysses, qui, quelques années après la
Seconde Êuerre mon—
diale, tñ3uva réellement sa voie avec les bathyscaphes, en se libérant de la surface.
Bien que la connaissance des abysses ait progressé depuis cette époque, grâce
en particulier aux déveldppements des technologies d’intervention sous—marine,
l’homme reste et restera toujburs un intrus a ces profondeurs.
n’avons exploré directement que qdelques millièmes de l’étendue des fonds marins,
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et bien que nods avons tenté demieux-comprendre la vie desorganismes qui s’y
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développent, la plupart des questions scientifiques deumeurent ouvertes. Nous nous
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sentons patailleursencore très désarmés face aux interrogations de la soCiété
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concernant les ressources potentielles et les capacités que possède cet immense
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