LES TRÊSORS DES ABYSSES
aussi dépourvus de tube digestif. Les sables coralliens peuvent aussi abriter de
telles espèces.
'
Dans les grottes souterraines, la chimiosynthèse bactérienne peut être égale—
ment la base d’une chaîne alimentaire originale, comme cela a été mis en évidence
en italie (grottes de Frasassi, situées dans les Marches) et en Roumanie (grotte de
Movilé, dans la région de Dobrogea).
I Des squelettes bien appétissants
_
Comme nous l’avons vu plus haut, les cadavres de grands vertébrés, cétacés
en particulier, attirent une faune très active de nécrophages << de tous poils >>:
requins, myxines et crustacés (amphipodes et copépodes). L’arrivée sur le fond d’un
cadavre de cétacé est une aubaine pour de nombreuses espèces. Elle crée localement un enrichissement massif de l'écosystème profond. Des observations ont été
recueillies, soit expérimentalement en immergeant des cadavres de baleines rejetés
à la côte, et en les visitant périodiquement en submersible, soit par la découverte
fortuite de cadavres de cétacés au cours de plongées de routine. —
Très rapidement, ces équarrisseurs débarrassent le squelette de ses chairs et
"
de ses viscères. Des requins dormeurs (Somniosus pocificds) ont ainsi été obser—
vés mangeant très voracement sur une carcasse de baleine mise en place pour
une expérience au large de la Californie par 1240 mètres de profondeur. Durant
cette phase d’équarrissage, qui peut durer de quelques mois
années
selon la taille du cétacé, les chairs sont consommées à la vitesse d’environ 40 a
60 Kilogrammes par jour à i000 ou 2000 mètres de profondeur. La ronde des
-
ment du milieu. La nature est ainsi faite, les déjections et les mues se multiplient
.
au fur et à mesure de la digestion et de la croissance. Mais cet enrichissement
est localisé principalement à la dizaine de mètres qui entoure
le cadavre, et l’ef—
fet se dissipe rapidement avec l’éloignement: au—delà d’une trentaine de mètres,
il n’est plus observé.
‘
'
Les petits opportunistes succèdent
'
aux grands équarrisseurs
.
=
Les équarrisseurs voraces qui s’attaquent à un cadavre de baleine ou de cachalot
enrichissent par leur déjectionles sédiments (environnants et préparent la carcasse
à l’implantation d'un peuplement d’espècesopportunistes.
,
_
À mesure que le temps passé, des peuplements d’espèces opportunistes s’im—
.
'
plantent sur
le sédiment enrichi mais aussi sur les os, les cartilages et les tendons,
'
'
qUi sont plus lents a être dégradés. Destapis bactériens (voir la photographie
_
'
d’ouverture .du chapitre) se développent sur le sédiment etla carcasse.
154
'
,
_
i
Précédent

- 154/186

Suivant