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LES TRÉSORS DES ABYSSES
Ces communautés d‘organismes, tirant principalement leur matière de la chimio—
synthése bactérienne, sont réparties sur toutes les marges passives et dans les
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fosses de subduction (celles du Chili et du Japon, par exemple), depuis les plateaux
continentaux jusqu'aux profondeurs hadales. Elles sont probablement omnipré—
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sentes, bien que fragmentées dans l’espace, et de très nombreux indices sont réunis
pour prouver leur généralité sous toutes leS'latitudes et a toutes les profondeurs,
lorsque le méthane est émis à travers la couche sédimentaire. Elles peuvent être
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ou discrètes, mais constituent une voie importante de recyclage du
carbone organique, en particulier du méthane biogénique. Leur composition est
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très variable en fonction de la bathymétrie et de la texture des fonds, de la pré—
sence de sédiment ou de concrétions, ou encore de la stabilité de l'émission de
fluide et de la Couche sédimentaire (œil des volcans de boue, par exemple). Leur
étude ne fait que commencer, et il est certain que les explorations menées par les
compagnies pétrolières à la recherche de pétrole profond et ultra—profond sur les
margesafricaines, sud—américaines et sur celles de l’océan Arctique v‘bnt apporter
rapidement de nouvelles découvertes passionnantes.
Lorsque les fluides sont très chargés en sels, de véritables lacs salés peuvent se constituer en
profondeur, comme ceux qui—ont été repérés en Méditerranée. L’un d’eux, situé par plus de 3 000 mètres
de fond, a une profondeurde 30 à 60 mètres” et sa densité excède 1,23, ce qui freine les échanges,limités
premiers mètres, d’oxygène entre l’eau de mer et la saumure._
Les concentrations en sodium, chlorure
et magnésium sont très élevées ainsi que celles en sulfures et en méthane. L’intérieur même de ces lacs
est anoxiquedepuis au moins 53000 ans. Dans les zones anoxiques Comme celles—ci, seuls‘les virus et
les microbes procaryotes sont—habituellement,trouvés, l'absence permanente d'oxygène interdisant le
développement et le cycle de la Vie animale. Quelle ne fut pas notre surprise quand, récemment, un
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chercheur italien mit en évidencedans la profondeur de ces lacs de saumure une vie animale probable.
Oh, il ne s'agit pas d'espèces de grande taille, mais en particulier de trois espèces de petits loricifères
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d'environ 150 micromè‘tres de longuedr. Les
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des rotifères, sont de petits invertébrés recouverts d'une cui rasse
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formée de plaques
Autre surprise, ces petits animaux
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semblent dépourvus de mitochondries. Les organites cellulaires
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qui permettent la vie en aérobiose sont remplacés par des
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hydrogénosomes, des organelles présentes chez les ciliés vivant
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dans le mondeanoxique. À proximité immédiate de ces organelles
très spéciques à la vie en anaérobiose, se trouvent
des bactéries
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méthanotrophes. Tout cela demande à être afné, mais des animaux
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vivanten anaérobiose continue, cela constitue une grande première!
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Lacs de saumure nches en magnésmm,
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en Méditerranée, par 3 000 mètres de profondeur.
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