VIVRE DANS UN HABITAT lNSTABLE ET FRAGMENTÉ D
le temps et l’espace. Ainsi, des datations de sulfures ont pu montrer que l’activité
sur un site pouvait durer pendant plus d’un millénaire, même si le fluxpouvait
avoir subi des variations d’intensité au cours du temps. D’autre part, les sites sont
beaucoup plus distants les uns des autres que sur les dorsale rapides. Une estima—
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tion fondée sur la détection des panaches bydrotbermaux montre que deux, sites
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de la ride medio—atlantique seraient en moyenne éloignés de 175 kilomètres. La
vallée axiale est large de 5 à 10 kilomètres et profonde de 1000 a 2000 mètres;
elle canalise les courants profonds, permettant le transport des larves. Cependant,
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deux facteurs importants peuvent contrecarrer la dispersion: la présence de failles
transformantes très importantes et la variation de profondeur de l’axe de la dor—
sale. En effet, certaines failles, comme celle de l’0céanograpbe a 45°N, Vema à
ii°N ou Romancbe à l’équateur, constituent des décalages de l’axe supérieurs à
i00 kilomètres, et, dans le dernier cas, supérieurs à 900 kilomètres. Il est évi—
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Essaïm de la crevette
dent que de tels decalages ont des consequences directes sur la biogeograpnie
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aveugle Rzmzcarzs,
de la faune hydrothermale en agissant sort comme des barrreres, sort comme des
parois des
cbenaux de dispersion.
cheminées du site TAG
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(ride mêdio—aanüque,
Des essaims aveugles
à3670 mètres).
Les premières plongées réalisées sur les sites profonds de la ride
.
médio—atlantique (TAG et Snake Pit) mettent en évidence une faune
très différente de celle du Pacifique oriental. Aucun ver géant n’est
observé sur les sites et les vers de Pompéi sont absents. À leur place,
des essaims d’une crevettebizarre, Rimicoris exoculato, surnommée
<< la crevette aveugle >>, tapissent les parois des fumeurs, atteignant
des densités qui feraient rêver des pêcheurs à pied: 2500 individus
…
par mètre carré! Ces essaims sont parcourus de mouvements inces—
sants, baignant dans un fluide dilué dont la température est comprise
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entre 10 et 30 °C. Les crevettes gfattent continuellement les parois des
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fumeurs avec leurs pattes et leurs pièces buccales, peut—être pour y
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trouver leur subsistance. Des groupesde juvéniles, au céphalothorax
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très rouge, sont présents en formationsserrées.
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Deux autres espèces de crevettes, appartenant
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à la même famille, sont également
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(Chorocaris choce/ et Mirocaris fortunota)—,- mais
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ne possèdent pas les mêmes adaptations;mor—
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phologiques que la crevette aveugle Rim/cons.
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Les Jeunes md1v1dus de Rzmzcans
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ont des teintes beaucoup plus vives
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que leurs aînées. Ils sont regroupés
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àla-périphérie des essaims d'adultes.
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